PARTIE m. CHAPITRE IH
rendit justice à l'innocence du page , et respecta toujours depuis la vertu et la sainteté de la reine. » (Kormann's Sylille der Religion).
k. Le savant ^neas Sylvius, devenu plus tard pape sous le nom de Pie 11^ parle dans ses écrits d'un gentilhomme de llstrie qui fut longtemps tourmenté par de violentes tentations de suicide. Plus d'une fois, il fut sur le point d'exécuter son infernal dessein. Un jour, il lui vint à Tesprit de s'adresser à un savant religieux, pour lui demander conseil. Le serviteur de Dieu le consola de son mieux, lui conseilla de garder un prêtre dans son château et d'assister journellement à la sainte messe. Le gentilhomme reçut le conseil avec reconnaissance, mit tous ses soins à le suivre ponctuellement, et il s'en trouva si bien qu'il fut pendant un an sans éprouver les tentations de suicide qui lavaient autrefois si cruellement tourmenté. Mais il arriva qu'à cette époque son chapelain fut invité à aller célébrer la messe dans une paroisse voisine, invitation à laquelle le gentilhomme donna volontiers son consentement, attendu qu'il avait lui-même l'intention de s'y rendre. Cependant, des occupations pressantes et imprévues 1« retinrent au château. — Vers l'heure de midi, il fut, à son grand effroi, assailh de nouveau par ses anciennes tentations de suicide. Sans réfléchir longtemps sur sa situation désespérée, il monte sur l'un de ses meilleurs chevaux, et aussitôt le voilà qui part à toute bride, craignant de ne pas arriver assez tôt pour pouvoir assister à la messe. Il rencontra sur sa route un paysan, qui, à sa demande, lui répondit que c'était en vain qu'il se hâtait, puisque la messe était terminée. A ces paroles, le gentilhomme commença par maudire son sort et à
s'écrier avec Taccent d'une profonde douleur : « C'en est fait de moi, je suis perdu ! » Le paysan, curieux de savoir ce qui lui causait tant de frayeur, lui en demanda le motif, et fut fort étonné d'apprendre que c'était simplement parce qu'il n'avait pas encore entendu de messe. « Si vous consentez, lui dit-il alors, à me céder votre manteau, je vous céderai en retour tout le mérite que je puis avoir retiré de la messe. » Le noble n'hésita pas, il lui jeta son manteau, et continua néanmoins à se diriger vers une petite église pour y satisfaire sa dévotion particulière. — Mais quel ne fut pas son étonnement, lorsque, s'en retournant, il aperçut le paysan pendu à un arbre, à quelques pas de l'endroit où s'était fait l'échange dont nous avons parlé. Il est probable qu'en punition de sa cupidité et du peu d'estime qu'il avait fait des fruits qu'il avait retirés de la messe, il avait été assailli par les mêmes tentations du suicide qui avaient tourmenté le gentilhomme, et qu'il y avait succombé. Le gentilhomme renouvela la pieuse résolution qu'il avait prise de ne jamais laisser passer un jour sans assister à la messe, et depuis lors, il fut complètement délivré de sa vieille tentation {^îJneas Syh. De Europa, c. 21),
î. Au commencement de ce siècle, vivait dans la paroisse de Roibon, diocèse de Grenoble, un paysan nommé Antoine Ginien, qui édifiait tout le monde par la dévotion ardente qu'on remarquait en lui pendant la messe. Bien qu'éloigné d'une Ueue de l'église, il y était cependant toujours un des premiers. Dans les dernières années de sa vie, les douleurs excessives qu'il éprouvait aux pieds rempèchaient d accomphr ce devoir; mais depuis Pâques jusi^u'à la Toussaint, il se