‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 259 sur 306 · PARTIE m. CHAPITIIE IH · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITIIE IH

elle vint me trouver pour la confesser elle et toute sa famille. Je leur administrai aussi le sacrement de confirmation. — Le sermon que je fis alope n'était nullement dirigé contre les hérétiques; cependant il opéra contre eux, car le Seigneur me donna en ce moment Tesprit de force qui guérit les âmes. Depuis lors je n'ai cessé de répéter : Celui qui prêche avec charité, prêche contre toute espèce d'hérésies, bien qu'aucune de ses paroles ne tende directement à les combattre. » {Moral inBeisp. S. 338).

g. Saint Louis Bertrand, religieux dominicain, allant im jour se promener avec un de ses confrères, s'entretenait avec lui de matières ayant rapport à la religion, lorsqu'un jeune homme tenant une arme meurtrière cachée sous son vêtement vint à passer à côté d'eux; attiré par la conversation vive et animée des deux religieux, il ne put s'empêcher de s'arrêter et de prêter l'oreille à leur conversation. Au bout de quelques instants, il s'avance, se jette aux pieds du saint, et jetant loin de lui l'arme qu'il tenait cachée, il s'écrie en soupirant : a Ah! mon père. Dieu veuille vous récompenser un jour de ce que vous avez fait pour moi! J'étais en route pour aller tirer une éclatante vengeance de mon ennemi, mais les paroles sorties de votre bouche ont ébranlé mon cœur; le ressentiment que j'éprouvais a disparu, et me voici à vos genoux pénitent contrit et repentant. » Le saint remercia le Seigneur qui avait bien voulu se servir de lui pour ramener dans le bercail une brebis égarée, et fit tout ce qui dépendait de lui pour achever l'œuvre de sa conversion (Lohn., Bibl. 111,4, 1,5).

h. A Tarse, en Cilicie^ vivait im comédien nommé

Babylasqiii meiiait une vie très-scandaleuse avec deux femmes, Cometa et Nicosa de nom. Venant un jour à passer devant une assemblée de chrétiens, la curiosité le prit d'y entrer et d'écouter le sermon qui s'y faisait. On prêchait sur ce texte : Faites pénitence, car le royaume de Dieu est proche ! {Math. 4, 17). Les paroles du prêtre allèrent au cœur de Babylas, il fut touché, et résolut dès-lors de faire pénitence. Arrivé chez lui, il dit à ses deux complices qu'il rompait désormais toutes liaisons actuelles pour ne plus s'occuper que du salut de son âme. Il leur laissa sa fortune pour se la partager entre elles. — A son grand étonnement, les deux pécheresses semirentà pleurer amèrement et à lui adresser ces paroles : a Vous nous avez servi de guide pour nous conduire à notre perte, mais maintenant que vous voulez aller à la me, vous voulez nous laisser seules en proie à notre infortune. Mais il n'en sera pas ainsi, nous vous avons imité dans votre vie criminelle, nous vous suivrons aussi dans la voie de pénitence que vous embrassez! » Et, en effet, elles firent comme elles avaient résolu. Tandis que Babylas alla habiter une demeure solitaire sur une des tours des remparts de la ville, elles se retirèrent dans une misérable grotte où elles passèrent le reste de leurs jours dans la retraite et dans les exercices d'une vie pénitente et austère {Lebensfr. v, Sin. S. 72).

i. Joseph Mansi nous raconte dans ses ouvrages cette particularité intéressante de sa vie : « J'étais notaire, lorsqu'un jour mes afl'aires m'obligeant de sortir, je passai devant une église où j entendis prêcher. L'orateur, parlant de réternité des peines de l'enfer, répétait souvent ces paroles ; « 0 éternité, qui n'aura jamais do

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