‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 27 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE H

' gème obtint son effet, grâce à la crédulité du peuple. Quoiqu'au jour marqué on vit tomber de la pluie au lieu de torrents de flamme, ce peuple superstitieux accourut de tous côtés dans les cinq villes que l'on croyait privilégiées du ciel. Pendant ce temps là, les Hussites s'emparèrent des villes et des villages abandonnés, et purent exercer à leur aise tous les ravages qu'ils méditaient depuis longtemps {/EwasSylv. Hist. Bohem. c. 42).

dd. Les Arabes, dans leur superstition, dissipaient souvent toute leur fortune à faire des combinaisons chimiques. Ils prétendaient faire de l'or en fondant ensemble du plomb, du fer, de Tétain et du cuivre ; ils cherchaient à découvrir un baume qui eût la propriété de tout rajeunir et de conserver la vie dans une fraîcheur perpétuelle; un feu qui ne s'éteindrait jamais, ce qu'ils appelaient la lague à cachet de Salomon, laquelle devait ou^Tir l'entrée du royaume des esprits et les rendre propices aux hommes. Ils cherchaient aussi à découvrir la pierre philosophale et autres merveilles imaginaii'es {StoU. 24 tom.). Telles, ou à peu près semblables, étaient les pratiques des alchimistes du moyen-âge, appelés les magiciens noirs, parce qu'ils invoquaient, disait-on, le secours du démon.

ee. A peine l'empereur Néron eut-il passé sa trentième année, qu'il fit consulter l'oracle de Delphes pour savoir combien de temps il avait encore à vivre. Il lui fut répondu qu'il devait se méfier de sa soixantetreizième année. Interprétant cette réponse en mauvaise part, il se laissa aller aux actes les plus arbitraires, et s'adonna aux excès les plus révoltants ; mais il se vit bientôt abandonné de ses partisans, fut oljli^c de pren-

Cl CATÉCHISME HISTORIQUE.

dre la fuite, et se donna lui-même la mort à l'âge le plus florissant de sa vie {Lohn. Bibl. in, '273).

/*. Un jour, une troupe d'aventuriers s'adressèrent à un gardien de pourceaux et lui dirent qu'ils savaient un moyen pour empêcher que son troupeau ne se dispersait et ne fut dévoré par les bêtes féroces, même sans qu'il fût présent. Ces paroles excitèrent vivement la curiosité du berger, car il eût été heureux de pouvoir prendre quelque relâche. Les étrangers lui montrèrent une image de saint Biaise, lui disant qu'il n'avait qu'à l'attacher à son bâton et le planter à l'endroit où il voudrait que restassent ses pourceaux. Le berger voulut aussitôt faire l'essai. La première et la seconde fois, comme il doutait encore de la valeur de son procédé, il ne s'éloigna qu'à quelque distance de son troupeau, et tout resta dans l'ordre. Encouragé par ce succès apparent, et plein de confiance en la vertu de son image, il alla auprès de ses camarades qui se trouvaient à une demi-lieue de là. Lorsqu'il fut de retour, tous ses pourceaux avaient disparu, et, malgré toutes ses recherches, il lui fut impossible den retrouver un seul. Les aventuriers, comptant sur sa crédulité, s'étaient cachés derrière des buissons et avaient emmené son troupeau (Ihid).

gg. Il y avait à Provins, en 1804, un devin fameux, nonmic Lemoine ; sa femme, spirituelle et bavarde, le secondait admirablement. Ils promettaient, moyennant finances et quelques cérémonies, de faire trouver des trésors. Ou commençait par demander vingt francs à l'adepte, puis on lui remettait un livre mystérieux qui devait être signé de V esprit. Un esprit ne se montre pas sans quelques conditions; la premioro était de paraitro

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pur à ses yenx, de jeûner^ de faire dire des messes du Saint-Esprit ; la seconde était de se procurer une chèvre, de l'immoler avec un couteau d'acier, d'en couper la peau par lanières, d'en entourer un champ, de brûler les restes de la victime, et d'en jeter les cendres au vent, du côté de l'Orient. La troisième était de composer une baguette magique d'un arbre choisi à dessein pendant la nuit, à la lumière de plusieurs cierges faits de la main d'une vierge de Provins. Après ces préparations, on pouvait en toute sûreté se présenter à l'esprit; il devait paraître, signer le livret, et lui communiquer la vertu d'enseigner les trésors. — Un hrax-e homme, nommé Suseau, pauvre d'esprit et d'argent, se laissa prendre aux promesses de Letnoine et de sa femme, il donna 113 francs pour se procm^er la chèvre, le couteau d'acier, les messes, les cierges et la baguette magique, jeûna pendant huit jours, et se présenta, l'estomac vide et la tète pleine des plus belles espérances. On prend joiu*, Suseau ne manque pas au rendez-vous, attend inutilement son devin ; il ne parait pas, et va lo chercher chez lui; le malin était à la campagne. Alors il comprit qu'on s'était moqué de lui, et que Lemoine n'était qu'un fourbe et un escroc. Il rendit plainte ; la police correctionnelle entendit les parties. La dame Lemoine se défendit courageusement, mais son éloquence ne l'empêcha pas d'être condamnée à deux ans de détention ; son mari fut condamné à la même peine avec restitution des 113 francs. — L'histoire de Lemoine et de Suseau est celle de tous les devins, et de tous ceux qui y ont recours; oui, je le répète, nn devin est un fripon, eu celui qui le consulte est un sot {Guill. 2« part.).

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