Jeûne des premiers chrctieni
On ne saurait douter que les apôtres, fidèles imitateurs de leur divin Maître qui se prépara à son ministère public pai' un jeûne de quarante jours, n'aient
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eux-mêmes commencé les hautes fonctions qu'ils avaient à remplir sans s'y être disposés par le jeune et la prière. Le Sauveur lui-même n'a-t-il pas dit [Uic, 5, 33) : a n viendra un temps que le pain leur t^era ôté, et alor^ ils jeûneront. » — Parmi les fidèles d'Antioclie, se trouvaient quelques prophètes et docteurs au sujet desquels il est dit [Ad. 13, 2) : « Pendant qu'ils rendaient leur culte au Seigneur et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit : Séparez-moi Saul et Barnabe pour l'œuvre à laquelle je les ai destinés. Alors après avoir jeûné, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent aller. » — Ce que les premiers chrétiens, qui tous n'étaient qxCun cœtir et qu'une âme {Ad. 4, 32), voyaient faire aux apôtres et aux chefs, ils s'empressaient de l'imiter, aussi n'avaient-ils pas besoin d'un commandement particulier concernant le jeûne. Quant à l'espèce et la longueur de ce jeûne, nous ne savons rien de bien précis ; cependant il est très-probable que déjà du temps des apôtres, l'usage de jeûner à Pâques existait comme préparation aux jours de la passion et de la résurrection de Jésus-Christ. Saint Irénée, qui vivait dans la seconde moitié du deuxième siècle, en fait mention, et dit qu'on regardait cette coutume comme une ancienne tradition. Quoi qu'il en soit, on ignore quelle était la longueur de ce jeûne. L'institution du jeûne de quarante jours a été attribuée par plusieurs au pape Telespliorc (137), mais les arguments qu'on apporte à l'appui de ce sentiment ne paraissent pas à l'abri de toute contestation; ce n'est que vers le milieu du troisième qu'il fut imposé par l'Eglise avec l'obUgation de l'observer. — Pendant le carême, les chrétiens ue mangeaient qu'une fois par jour^ à la ueu-
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vième lieure^ c'est-à-dire à trois heures de raprès-midi. On ne mangeait point de viande et on ne buvait point de vin. Les chrétiens les phis fervents ne prenaient ordinairement que du pain et du sel^ et quelques légumes. Le jeûne de la semaine sainte surtout était très-rigoureux ; plusieurs passaient souvent deux ou trois jours sans rien manger. Epiphane va jusqu'à soutenir [Exposit. fîd. n. 22) que quelques-uns jeûnaient durant toute la semaine^ jusqu'au chant du coq du dimanche suivant. — Le vendredi saint, presque tout le monde ne mangeait rien jusqu'au samedi. — n faut remarquer, en outre, que dans une foule de pays c'était l'usage de fixer le jeûne à un ou à plusieurs jours de la semaine. On commençait le jeûne assez à temps pour que, en comptant un à un tous les jours où Ton avait jeûné, on pût atteindre le nombre quarante. C'est pourquoi dans certains endroits, on commençait le quarantième jour, dans d'autres, le cinquantième, ailleurs, le soixantième, plus loin le soixante-dixième jour, d'où sont venus les noms des dimanches appelés : quinquagésime , sexagésime , septuagésime, etc. Plus tard en 511 et 541), les papes et les conciles établirent que le commencement du carême serait fixé à la même époque pour toute la catholicité.
Il existait aussi, dans les premiers siècles, certains jours de jeûne dans toutes les semaines de l'année, c'était le mercredi et le vendredi. D'après Clément d'Alexandrie (Zi^. 7. Strom.), les chrétiens jeûnaient le mercredi et le samedi pour se rappeler qu'ils devaient s'abstenir des œuvres de MfTCure et de Vénus, qui étaient le vol et la luxure. Saint Augustin {Fj^ist,
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ad Casîd.), au contraire^ prétend qu'on jeûnait ces jours-là^ parce que les Juifs avaient comploté, le mercredi, de faire mourir Jésus, et que, le vendredi, ils avaient exécuté leur cruel dessein. L'observation de ces jours de jeûne était autrefois laissée à la libre volonté des fidèles. Ordinairement ceux-là seulsy avaient égard, qui assistaient aux offices qu'on célébrait ces jours-là auprès des tombeaux des martyrs, d'où leur est venu la dénomination àe jeûnes des statio/is. Vers la fin du troisième siècle, on commença aussi en Occident à jeûner le samedi, pour la raison, dit le pape Innocent !««•, qu'en ce jour Jésus-Christ reposait dans le tombeau, et que, dans l'affliction où ils étaient, les apôtres ne manquèrent certainement pas déjeuner euxmêmes {Epist. ad Décent, c. i). En Orient, le samedi ne fut jamais jour de jeûne. — Quant au jeûne des Quatre-Temps, on n'en trouve encore que de rares vestiges au cinquième siècle ; mais il est certain que son institution à Rome date du règne du pape Léon, qui occupa le Saint-Siège depuis 440 jusqu'en 4G1 . Cet usage resta pendant tiuelque temps restreint dans les limites de la ville de Rome, d'où plus tard il se répandit dans quelques villes d'Italie. Le but du jeûne des Quatre- Temps est multiple. D'abord, c'est un jeûne d'actions de grâces pour tous les bienfaits reçus de Dieu pendant le dernier trimestre, selon le sentiment de saint Léon (Serm. 2. d.jejiin. 10 wc?»^.); secondement, il est pour nous un avertissement que nous devons nous réconcilier avec Dieu par une pénitence sincère. Le même saint Léon dit à ce sujet {Serm. 0. d.jejun. 7 mens.): « Ce jeune est fixé aux quatre saisons de l'année, afin que cette aucecssiou continuelle du temps nous rappelle que