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CG ^ GATÉCrnSME HTSTORTQUE.
hh. Dans un villac^e du Tyrol, un paysan avait plusieurs pièces de bélail qui étaient tombées malades, ce qui, selon les déclarations du valet d'écurie, provenait de ce que ces animaux étaient ensorcelés. A la demande du paysan, s'il ne connaissait point de remède contre cette maladie, le valet répondit d'un air mystérieux qu'il en connaissait bien un, mais qu'il coûterait la vie à une vache, et qu'on devait l'employer secrètement. Il faut, continua-t-il, creuser une fosse profonde devant la porte de l'écurie, y jeter liée la plus mauvaise de vos vaches, la recouvrir de terre, et l'enterrer ainsi toute vivante. Le paysan consentit à employer ce moyen; mais le curé du village en ayant eu connaissance, eu informa la justice de l'endroit. Après une enquête du médecin, il fut constaté que la maladie du bétail provenait uniquement delà négligence du valet qui, ayant rôdé toute la nuit, avait négligé de le soigner. Le paysa.i et le valet furent punis comme ils le méritaient, et depuis cet événement la croyance aux sorciers baissa singulièrement [De la bouche d'un curé).
La croyance aux sorciers a été la source d'une foule innombrable d'erreurs et de cruautés. Le nom de sorcier, chez les Allemands, s'appliquait originairement aux femmes qui s'adonnaient à la divination; ou les nommait aussi Alrunen. Plus tard, on donna ce nom à toutes celles qui étaient en réputation de sortilège. On leur attribuait les grêles, les maladies des hommes et des animaux, la mauvaise issue d'une entreprise, et mille autres accidents qui se rencontrent d'ordinaire dans la vie humaine. Dans le moyen âge, on intentait des [irocès aux personnes qu'on accusait de sorcelb^ie ou de ii.n'Av. Pour leur arracher l'aveu de ce qu'où
PARITE III. CHAPITRE H. 67
soiiliaitait, on se servait de la torture; et^ à force de tourments, on les forçait de répondre affirmativement à tout ce qu'on voulait leur faire dire. On leur faisait ensuite leur jugement, qui portait ordinairement la peine du feu. On avait aussi recours, pour s'assurer de la culpabilité d'une personne accusée de sorcellerie, à ce qu'on nommait le jugement de Dieu ou le bain des sorciers. La prévenue était liée toute nue en forme de croix, et plongée dans une cuve d'eau. Si elle surnageait, elle était condamnée à mort; s'il était bien visible qu'elle restait au fond de l'eau, ou la déclarait innocente, et elle était retii'ée de l'eau. "Une autre épreuve à laquelle on les soumettait, était la ialancô des sorcières. On pesait l'accusée sur une balance particulière, et si elle était trouvée trop légère, on la jugeait coupable, et la malheureuse était condamnée au feu. Nous trouvons encore un exemple d'une semblable condamnation en 1728, à Szegedin, en Hongrie, et dans le canton de Glaris, en 1782.
A la mort d'un des fils de Frédégonde, reine des Francs, on brûla toutes vives une foule immense de femmes qu'on accusait d'avoir ensorcelé ce prince.
Odilo Schreger raconte qu'à Munich, six personnes que l'on avait reconnues coupables de sorcellerie furent condamnées au supplice du feu en i60O. Parmi les accusés, se trouvaient deux nobles avec deux de leurs fils. Ils avouèrent (sans doute après qu'on les eut soumis à d'effroyables épreuves) qu'ils avaient ensorcelé et mis à mort 400 enfants, rendu paralytiques ou boiteuses 58 personnes, sans parler d'actes de cruauté innombrables. — Les fils furent tourmentés six fois avec des tenailles brillantes, puis ou rapprocha leurs bras à l'aide
d'une roue. Ensuite on les attacha à un poteau et on les fît mourir par le feu. Le père fut attaché à une pique rougie au feu, et la mère assise sur un siège enflammé. Le plus jeune des enfants, qu'on crut être innocent des crimes qu'on reprochait à ses parents, dut néanmoins être témoin de cette scène déchirante, afin qu'il se mît en garde pour Tavenir. — 0 cruautés de la superstition !
c. Tout homme raisonnable déteste la superstition, et travaille de toutes ses forces à la détruire.
aa. Quelqu'un ayant demandé au romain Caton ce qu'il fallait conclure de ce que les souris lui avaient rongé les souliers, il lui fit cette judicieuse réponse : (( Que les souris vous aient rongé vos souliers, il n'y a rien d'extraordinaire; ce qui le serait infiniment plus, ce serait que vos souliers eussent rongé les souris. » {Loin. Bibl. m, 273).
bh. Les devins et les aruspices ayant dissuadé le général romain César de faire voile pour l'Afrique avant l'hiver, il se moqua de leurs prophéties, s'embarqua néanmoins et remporta une éclatante victoire (Jlid).
ce. Tibère, empereur romain, détestait souverainement toute espèce de superstition. Convaincu des suites funestes qui en étaient le résultat, il fit bannir du pays tous les devins et les astrologues {Ihid.).
dd. Lorsque, par les prédications de saint Paul, une grande partie des habitants d'Ephèse eurent été convertis au christianisme, et qu'ils se furent formé des idées plus raisonnables sur la toute-puissance et la bonté de Dieu, plusieurs d'entre eux, qui s'étaient adonnés à la magie, lui apportèrent leurs livres et les brùlèrcTit
TARTIE TU. CHATÎTJIE ÎT. C9
en présence de tous les assistants. On en estimait la valeur à 50^ 000 drachmes {Act. 10).
ee. Saint Bernard, encore enfant, souffrant unjoiu* d'un violent mal de tète, et obligé de garder le lit, une f.jmme superstitieuse ,vint le trouver pour le guérir de ses douleurs par certaines paroles empruntées à la magie; mais ce jeune homme, qui était instruit et chrétien par-dessus tout, s'y refusa et la bannit avec indignation de sa chambre {Siirius, 20 août).
^. Un jour, on vint annoncer à Philippe, roi de France, qu'on avait donné, par certaines formules magiques, à une statue de cire la vertu de lui conserver la vie intacte aussi longtemps que cette statue elle-même se conserverait. Aussitôt le roi se la fit apporter et la jeta au feu en disant : « Nous verrons si la magie sera plus puissante à m'enlever la vie parce que j'ai détruit cette statue, que Dieu ne le sera pour me la conserver. » (Fah. conc. 3. in Epiph.).
gg. Une femme superstitieuse, tourmentée par une maladie d'yeux, pria un étudiant de lui écrire siu* un billet quelques paroles latines tirées de la magie. L'étudiant, sans se faire prier longtemps, lui traça à la hâte quelques mots latins sur un billet. Pleine de confiance en leur vertu, cette femme attacha le biUet autour de son cou, et au bout de quelque temps, il arriva effectivement qu'elle se trouva mieux disposée. Au comble de la joie, elle montra le billet au curé de l'endroit qui avait souvent prêché contre ce genre de superstition^ et lui raconta les eOets surprenants qu'avaient opérés sur elle les paroles qu'il renfermait, le priant de vouloir l)icn lui en donner l'explication. Le prêtre ouvrit le bi'.let et tra'hv.'^it ainsi. « Que le diable farraclie le$
deux yeux, et en remplisse les cavités de fumier. » Confuse, la superstitieuse ne sut que répondre et s'éloigna sur le champ {lUd. conc. 5).
hh. Une paysanne superstitieuse vint un jour trouver son curé et le pria de vouloir bien lui indiquer le moyen qu'elle devait employer pour guérir sa vache , qui ne donnait plus de lait le matin, sans doute parce qu'elle était ensorcelée. Le curé, qui avait plus à cœur de la guérir de sa superstition que de s'occuper de la prétendue indisposition de sa vache, lui donna un papier solidement cacheté, lui enjoignant en outre de se lever toutes les nuits à dix heures et d'aller toucher avec son papier chacune des portes de l'écurie. La femme obéit exactement. La nuit suivante, comme elle faisait sa ronde accoutumée, elle trouva la jjorte de Tétable ouverte, mais elle pensa que la servante avait oublié par mégarde de la fermer. Curieuse de voir l'effet qu'avait produit son remède, elle alla traire le lendemain, et, ô prodige! la vache lui donna de nouveau du lait comme précédemment. La nuit suivante, elle répéta sa course, et cette fois-ci encore la vache lui donna du lait en abondance. La troisième nuit, elle trouva la porte fermée, mais, à sa grande surprise, elle vit caché dans un coin le frère de la servante ; elle eut l'explication de tout ce qui s'était passé. Le lendemain, elle voulut chasser sa servante, mais celle-ci n'avait pas attendu le sort qu'on lui réservait, car elle avait déjà pris la fuite. Hiuniliée et toute honteuse de cet événement, la paysanne alla raconter le fait à son curé qui lui dit qu'il esp*'rait qu'elle serait entièrement guérie de sa superstition. 11 ouvrit le papier en sa présence et lut les paroles suivantes ;