PARTIE III. CHAPITRE I
toute autre créatiu'e ue pourra jamais nous séparer «le l'amour de Dieu^ qui est eu Jésus-Christ notre S''.igueurî »
Jésus disait de Madeleine pénitente : « Beaucoup do péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé » {Jaic, 7.).
h. Un jeune homme cj[ui assistait à Paris aux leçons de théologie, ayant entendu ce passage de l'Ecriture : a Vous aimerez le Seignem" de tout votre coeiu? )) etc., se leva subitement et partit. Saisis d'étonnement, les maîtres et les disciples lui en ayant demandé le motif, il leiu" fit cette remarquable réponse : « Avant de continuer à écouter, je veux m'efforcer de mettre en pratique ce que je viens d'entendre. » Et dès ce moment il renonça entièrement au monde, et entra dans un ordre sévère {Joan, Jun. Dominicard.).
c. Saint François cVAssise passait des heures entières à méditer ces paroles : a Mon Dieu et mon tout ! o Enflammé de zèle pour la gloire de Dieu et pénétré du plus vif désir de se sacrifier tout entier au Seigneur, il partit trois fois pour aller convertir les païens. Il y travaillait avec tant de fervem^ que, malgré son épuisement, ses jeûnes et les exercices d'une vie austère, il surpassait en zèle et en dévouement son compagnon qui était robuste et plein de vigueur.
Le même saint, visité un jour par d'horribles souffrances, s'écriait : « Seigneur mon Dieu, je vous remercie pour toutes les souffrances que vous m'envoyez. Faitesmoi souffrir encore cent fois autant, si telle est votre volonté. Je serai très-heureux, s'il vous plait de ne point m'épargner ici-bas, pourvu toutes fois que vous le vouliez; car l'accompUssement de votre volonté est pour moi
une èoiirce surabondante de consolations d {S. Bonav. in ejus. vit.).
d. Saint Pambon voyant un jour qu'une comédienne cbercbait à s'attirer les applaudissements et les bonnes grâces des spectaleurs par des gestes très-indécents^ se mit à pleurer amèrement, et répondit à ceux qui lui en demandaient le motif: « Je pleure d'abord à cause de la grande corruption que je vois en cette femme ; mais ce qui m'attriste encore bien davantage, c'est de voir que cette personne éhontée met incomparablement plus de soin et d'aiiplication à plaire à la foule désœuvrée des badauds, que je n'en mets moi-même il^laire à mon Dieu » [S ocrât. Hist. eccl.). i-
e. Saint Cbarles Borromée, encore enfant; était déjà épris d\m grand amour pour Dieu. Le matin, tout en s'éveillant^ sa première pensée était : a Puisse Dieu, dans sa miséricorde, a bien voulu me conserver encore pendant cette nuit, je veux aujourd'hui lui consacrer toutes mes pensées et toutes mes actions. » Lorsqu'il déjeimait, il se disait en lui-même : a Dieu me donne mon pain de chaque jour, et moi je veux lui donner mon cœur. » Avant de se mettre à l'étude il s'écriait: « La volonté de Dieu est que je m'applique et que je travaille afin qu'un jour je devienne un homme raisonnable et vertueux. » A son diner, on l'entendait répéter : « Tout ce qui nous arrive de bon nous vient du ciel, du meilleur des pères ; j'userai donc de ses bienfaits avec reconnaissance et modération, et j'admettrai aussi volontiers les pauvres à ma table, car ils sont tous les enfants de Dieu. » — Lorsqu'il voyait des enfiints commettre le mal, il en devenait très-affligé et disait : a Hélas ! si Dieu ne m'avait préserve du péché