PARTIE III. CIIAriTRC I
et ne m*eùt soutenu dans le bien, je serais peut-être tombé plus profondément que tel ou tel malheiu-eux enfant. » — Quand il en voyait se comporter d'une manière pieuse et vertueuse, il se disait à lui-même : c( Dieu a encore, sur la terre, de meilleurs enfants que moi; je veux donc travailler à devenir plus veitueux. » — Lorsque le jour était sur son déclin, voici quelle était la pensée qui l'occupait : « Ma vie périssable sera aussi un jour sur son déclin ; peut-être sera-ce bientôt ; mais, après cette vie. Dieu me fera passer dans une autre préférable à celle-ci, dans la vie éternelle. Je veux donc m'y prendre de bonne heiu'e, et, par une vie pieuse et remplie de bonnes œuvres, me préparer, pour le soir de mon existence terrestre, un lit de mort doux et commode. » — Lorsqu'il se mettait au lit, il s'entretenait de cette pensée : « Dieu a fixé la nuit pour être le temps de notre repos; je remets mon âme entre ses mains. » C'est ainsi que ce pieux enfant s'unissait avec son Dieu avant de s'endormir, et le retrouvait à son réveil {Sa vie.),
f. Saint Ignace de Loyola avait coutume de dire : a Mon plus grand tourment, dans Tenfer, serait d'entendre blasphémer mon aimable Créateur. »
g. Sainte Madeleine de Pazzi ne cessait de s'offrir en sacrifice au Seigneur ; toutes ses pensées, paroles et actions, elle les consacrait à Dieu et s'écriait, en élevant les mains vers le ciel : « Seigneiu-, vous savez que depuis mon enfance jusqu'à ce jour, mon souhait le plus ardent a été de vous plaire » [Silhert's Ilaush.).
h. Saint Louis de Gonzngue était tellement embrasé d'amour de Dieu, que, chaque fois qu'il en entendait
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prononcer le nom, ses joues rayonnaient de joie et d'amour {Lohn. Bibl. i, 245.)-
i. Une pieuse personne avait Thabitude de répondre, quand on lui demandait l'heure qu'il était : « C'est précisément maintenant l'heure d'aimer Dieu w [SUhcrVs Hait st.).
2. Le xéritaUe amour de Dietù ne recule devant OACcun sacrifice.
a. Lorsque saint Ignace, évoque d'Antioche, était sur le point d'être jeté aux bètes féroces, avant d'arriver sur le théâtre où il devait consommer son martjTe, il écrivit une lettre aux Romains, dans laquelle il exprimait le désir ardent qu'il avait de soullrir : « Laissezmoi, mes frères, devenir la pâture des bètes, et par elles arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu : que je sois moulu par les dents des lions, afin d'être trouvé en Jésus-Christ un pain sans tache. Ni les choses visibles ni les invisibles ne me touchent plus, pourvu que j'obtienne Jésus-Christ. L'unique objet de mon amour est celui qui a été crucifié. Je ne veux plus vivre selon les hommes. J'aurai ce bonheur si vous le voulez ; si je souffre, ce sera une marque que vous l'aurez voulu ; sinon que vous m'aurez haï » {Lohn, Bibl. i, 242.).
h. Saint Dominique fut un jour saisi par ses ennemis les hérétiques, qui lui demandèrent ce qu'il ferait si, en ce moment, leur intention était de le tuer et d'éteindre dans son sang la soif de leur vengeance. Il leiur répondit sans s'émouvoir : « Je ne ferais absolument rien que de vous prier instamment de me faire souffrir un long martyre, afin de prolonger mes souffrances et me fournir l'occasion de témoigner par ma patience, mon amour à mou divin Sauveur » (Lo/m. Bibl., i, 242.].
TARTIE III. CHAPITRE I. 41
c. L'anachorèie Apliraste ayant quitté sa solitude et s*étant rendu à Antioclie, l'empereur Valence lui demanda pourquoi il avait si peu estimé le repos de sa retraite, qu'il s'était jeté au milieu de la dissipation du siècle ? — Apliraste lui répondit : a J'ai abandonné ma chère solitude, parce que j'ai vu qu'un grand incendie avait éclaté dans la maison de mon Père (il voulait parler de l'hérésie qui régnait alors), et que je donnerais une preuve du peu d'affection que j'aurais pour Lui, si je n'accourais aussitôt pour l'éteindre. » Il voulait, par sa coopération active, entraver le développement de cette contagion qui, semblable à un feu dévorant, menaçait de couvrir, sous ses décombres, la maison de son Père céleste, c'est-à-dire l'Eglise catholique {Theod. I, 4. Hist. eccl.).
d. Le pape Pie V, quoique vieux et affaissé sons le poids des' ans, se montrait encore in|atigable dans l'accomplissement des pénibles fonctions de sa dignité. Comme les médecins et ses parents lui conseillaient d'épargner davantage sa santé, l'assurant que l'affection qu'ils lui portaient les forçait de le prier qu'il se relâchât de ses occupations incessantes, il leur répondit d'un ton sévère : « Le siège de saint Pierre n'est pas un siège à dormir j mais un siège à soucis. La santé et la prolongation de ses jours est la dernière chose dont un pape doive s'occuper » {Lohn. Bibl. m, 510.).
e. Au commencement du douzième siècle naquit à Palerme sainte Rosalie, de parents illustres qui, euxmêmes se rattachaient à la famille royale par des liens de parenté assez étroits. Elle fut élevé à la cour par sa mère, qui jouissait d'une grande considération auprès du roi. Tou'efois, dans la fleur de sa jeunesse, iiosalie
i^ CATÉCHISME HISTORIQUE.
abandonna la coiir^ et avec elle l'éclat et les plaisirs de ce monde, sans que personne sût où elle était allée fixer sou séjour. Ce ne fut que 470 ans plus tard que Ton trouva dans une grotte affreuse, prati(piée dans des rochers, cette inscription gravée sur une pierre : « Moi, Rosalie, fille de Sinibald, seigneur de Montréal et de Roses, j'ai, par amour pour Jésus mon Sauveur, habité cette grotte. » Dans une caverne d'un aspect encore plus horrible, on trouva les ossements de cette sainte dans la position d'une personne endormie. — Quels sacrifices et quelles privations ne dut pas s'imposer cette sainte, pour témoigner à Dieu l'amour excessif qu'elle éprouvait pour lui ? [D'après les BoUandistes.).
f. Sainte Thècle, après avoir enduré pendant longtemps les souff'rances les plus aff'reuses, s'écriait avec un saint transport : « Quand je devrais, chaque jour, être menacé du feu, des bétes féroces, de la prison et des fers; to^^tes ces douleurs, que je supporterais pour l'amour de Dieu seraient pour moi des jouissances toutes célestes, parce que j 'aurais été trouvée digne de souffrir pour mon maitrc [Lohn. Bibl. i, 242.).
g. Un jour que l'impératrice Eudoxie engageait saint Gu'ysostôme à permettre aux infidèles de faire dans son église ce que lui regardait comme ime injustice, il s'opposa de toutes ses forces à ses sollicitations. L'impératrice, blessée au vif par une telle résistance , le menaça de l'exil et même de la mort, s'il refusait d'optempérer à ses vœux. Mais le saint se contenta de répondre : Allez, et dites à Vlwpératrice que Chnjsostôme ne craint rien que le péché [Silhert's Ilansluch],
h. Saint Jean de la Croix priait le Seigneur de lui envoyer souvent des souffîances et des tribulations^ afin
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de mettre son amour à répreuve. Sa devise favorite était : « Tout mon désir^ Seigneiu*^ c'est de souffrir et d'être couvert de mépris^ par amour pour vous » {Idem)
SEMENCES
a. « La valeur de notre âme est estimée à la mesure de notre amour » [S. Bern. in Gant.).
h. « Aucune âme ne brillera de l'éclat de Téternelle beauté, sans avoir ici-bas passé au creuset de l'amour» (/S'. Greg. i, 18. Mor.).
c. a Notre cœur est un autel de Dieu sur lequel doit brûler un feu éternel, et d'où la flamme de l'amour doit s'élever sans cesse vers le Très-Haut » [Ihid.].
d^ « Comment pouvez -vous dire que vous aimez Dieu, si vous détestez ses lois ? — Celui-là peut-il dire : J'aime l'empereur, qui méprise ses commandements?» (/S'. Aug. in Ep. Joan).
e. Peut-être m'objecterez -vous? Je ne vois point Dieu ; comment pourrais-je aimer c^lui que je ne vois pîis? — Mais, voyez! Vous aimez un ami, et cet ami est déjà peut-être três-avancé en âge. — Dites-moi , qu'aimez-vous dans ce vieillard ? Est-ce par hasard la forme disgracieuse de son corps, sa tète chauve ? son visage sillonné par les rides de la vieillesse, ses joues livides et décharnées? Non, direz- vous; vous l'aimez parce qu'il vous est fidèle, et qu'il vous donne des preuves de sa bienveillance. C'est donc la fidélité et la. honte que vous aimez en lui, bien que ces qualités invisibles échappent aux yeux de votre corps. — Eh bien ! vous pouvez, avec les mêmes yeux de la Foi qui vous font découvrir la fidélité et la bonté d'un ami, apercevoir Dieu et ses magnifiques attributs;
14 CATÉCUISilE niSTOniQUE.
f. « Le véritable amour n*est jamais mclé d'amertume^ car la joie est la sœur de l'amour, de même que l'amertume est celle de la haine » {lùid.).
COMPARAISONS
a. De même que celui qui veut élever un édifice durable doit l'asseoir sur de solides fondements, de même celui qui veut s'affermir dans la vertu doit lui donner pour base un véritable amour.
b. De même que la fleur appelée soleil ou tourne-sol (heliotr opium) se tourne continuellement vers le soleil, même quand le ciel est trouble ; de même nous devons aussi, alors même que nous sommes dans le malheur, ne pas cesser de nous adresser à Dieu.
c. Lorsque le médecin veut s'assurer de l'état sanitaire de notre cœur, il nous tâte le pouls au bras gauche : — Dieu agit de même ; quand il veut sonder les dispositions de notre cœur et connaître combien nous l'aimons, il nous examine du côté gauche, c'est-à-dire dans le malheur.
d. La noblesse d'Angleterre donnait un jour un tournoi. Chacun des combattants avait peint une fleur sur son bouclier. L'un portait une rose, un autre un lis ou une tulipe, etc. Le duc lui-même avait un groupe renfermant toutes les fleurs des autres. Andessous, il avait fait graver cette inscription : Tout en moi! L'amour ressemble à ce bouquet; il renferme toutes les autres vertus et bonnes œuvres [Lohn. Bibl. i. 259.)
e Autrefois vivait un riche seigneur qui avait deux domestiques. Tous deux rivalisaient de dévouement