PARTIE III. CHAPrrftE II
confiance et devient soupçonneux vis-à-vis de Dieu, Ce soupçon ou ce manque de confiance est, le plus souvent, le résultat de Timpatience et du défaut de soumission à la volonté de Dieu et à la Providence. De là vient que souvent l'on entend dire, après qu'on croit avoir en vain demandé à Dieu la délivrance de certains maux temporels : a Je n'ai plus le courage de prier; cela ne me sert à rien, Dieu m'a oublié. »
a. Les Israélites dans le désert péchèrent souvent par défaut de confiance en la Providence divine, en murmurant à la moindre disgrâce qui lem* arrivait et en commençant à désespérer de son secours. Moïse luimême, dont Dieu s'était servi pour opérer des prodiges si extraordinaires, commença à douter de la toutepuissance de Dieu, quand il lui ordonna de frapper le rocher avec sa baguette. Aussi en fut-il puni, et Dieu ne lui permit point d'entrer dans la terre promise
La femme de Job, qui était en butte à tous les genres de douleurs et de privations, cherchait à le faire désespérer de la bonté de Dieu, en lui criant au milieu de ses soufi^rances : « Jusques à quand serez-vous assez insensé pour mettre votre confiance en votre Dieu ; renoncez plutôt à lui et mourez, » (c'est-à-dire donnezvous la mort [Jol, 2, 9). — Sara fut aussi coupable pour avoir douté des promesses du Seigneur, qui lui avait assuré qu'il lui enverrait un fils dans sa vieillesse. Elle reçut un reproche pour en avoir ri secrètement {Gènes. 18, 12). — Les parents du vertueux Tobie tâchaient de lui inspirer des doutes sur la divine Providence, en le raillant dans son malheiu-, et en tournant en ridicule Tespérance qu'il avait au Seigneur [Toh. 2). — A cause
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de la défiance avec laquelle Zacharie apprit la nouvelle dont Dieu lui fit part par le ministère d'un ange, qu'il lui naitrait un fils, il fut condamné à rester sourd pendant toute sa vie. — Lorsque les disciples se trouvaient sur la mer avec le Sauveur, et que, une tempête s'étant élevée, ils éveillèrent le Seigneur qui dormait, il leur en fit un reproche en leur disant : a Pourquoi êtes- vous si timides, hommes de peu de foi? » [Natth. 8). Pourquoi Jésus leur reprocha-t-il leur crainte ? Ils devaient cependant s'y connaître, eux qui étaient pécheurs. Pourquoi? Parce que cette crainte trahissait leur défiance en sa bonté et en sa toute-puissance qui, différente de la sagesse humaine, ne sommeille jamais.
b. Un jardinier qui vivait péniblement du travail de se- mains, avait coutume de donner tout son superflu a iX pauvres. Tout à coup, il lui vint des inquiétudes : « Que ferai-je dans ma vieillesse, se dit-il, si, maintenant que je suis jeune, je n'épargne absolument rien ? » Ces pensées ne cessèrent de l'occuper, et il finit par fermer son cœur aux pauvres. Il ne tarda pas à s'en repentir, car, un jour qu'il travaillait, il se fit, avec sa hache, une blessiu-e au pied, qui engloutit en un instant toutes ses sommes amassées avec beaucoup de peine, et qui même furent impuissantes à lui obtenir sa guérison, le mé<lccin ayant déclaré qu'il ne restait plus d'autre ressource que l'amputation. Ces paroles pénétrèrent comme un poignard dans le cœur de ce malheureux, et lui suggérèrent de salutaires réflexions. « Que m*a servi mon trésor, se disait-il en lui même, la nuit qui précédait ce terrible moment ? Où est tout cet argent pt-niblement amassé? Ah! Seigneur, s'écriat-il, pai»lomiez-moi mou manque de coniiancc, je veux