PARTIE ITT. CHAPITRE II. "/O
me corriger. » Sur le matin il s'endormit, et, lorsque le médecin arriva, il trouva son pied dans un tel état d'amélioration, qu'il ne put en contenir son étonnement. L'amputation fut ajournée. Peu de jours s'étaient écoulés, et déjà le jardinier était parfaitement guéri. 11 reprit son travail, et, fidèle à sa promesse, il sut, dorénavant, allier la parcimonie avec la charité (îhiétienne (Nach Leh. friitce ans Sinaï. S. 129).
c. Dans le couvent de Scopuli, en Palestine, le père Théodose avait fait, en mourant, une disposition d'après laquelle, tous les jeudis et vendredis saints, on devait distribuer, aux pauvres du voisinage, de la farine de blé, des biscuits, du vin et du miel. Comme une cherté excessive régnait dans le pays, les frères dirent à leur abbé qu'il leur serait difficile de faire la distribution ordinaire, attendu qu'ils auraient à peine assez de provisions pour eux-mêmes. Mais l'abbé leur répondit : « Cette circonstance ne change en rien les dispositions de mon prédécesseur; en agissant ainsi, nous nous priverions de son intercession et de la bénédiction de Dieu. — C'est ce que nous ne comprenons pas, reprirent les frères; car ne sommes-nous pas à nous-mêmes notre prochain? Si nous avons à peine pour nous, comment pourrons-nous faire l'aumône? — Libre à vous de me désobéir, reprit l'abbé indigné ; mais craignez le courroux du ciel. » Cependant les frères, sans tenir compte de ces avertissements, laissèrent les pauvres s'en retourner les mains vides. — Quelque temps après, l'économe ayant ouvert le grenier, s'aperçut avec effroi que toute la provision de blé était pourrie, a Vous voyez, s'écria alors l'abbé, à quoi vous a servi votre lésine. A cause des faibles dons que vous avez reiuûcs aux pau-
^G CATÉCUISME niSTORIQUE.
vres au nom de notre père, Dieu^ dans sa justice, a fait que toute la masse s'est corrompue. C'est ainsi qu'il punit ceux qui se méfient de sa providence et ne s'occu- , peut que de leurs propres intérêts. Que cet exemple nous ! soit un avertissement salutaire^ et gardons-nous de voir dans la famine qui sévit actuellement, autre chose qu'un châtiment que le ciel nous envoie. » (Ibid.).