‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 33 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE H

prompte que sa miséricorde, et il regarde les pécheurs dans sa colère. »

Le cruel roi Antiochus avait été, pour les Juifs, une cause continuelle de maux et de souffrances, mais il ne songeajamaisà se corriger et à réparer le mal qu'il avait fait. Cloué enfin sur un lit de douleurs, il s'écria (1. Machab. 6, 12) : « Je me souviens maintenant des maux que j'ai faits dans Jérusalem, etc.

Le Sauveiu? poussa un cri effroyable de menaces sur les villes de Corozaïn et de Betlisaïda, en voyant que malgré les miracles et les preuves nombreuses qu'il leur donnait de sa mission, elles ne voulaient pas se convertir {Matth. 11, 20). Quelles plaintes lamentables le même Sauveur ne poussa-t-il pas à la vue de l'endiu*cissemeut de Jérusalem, dont il voulait protéger les habitants, comme une poule rassemble et protège ses petits! (3/ftj!^/^. 23, 37).

h. Nous trouvons dans la vie du célèbre chancelier d'Angleterre, Thomas Morus, un exemple qni nous fait voir combien se trompent ceux qui, par une confiance exagérée en la miséricorde divine, diffèrent leur conversion. Il est raconté dans sa vie que le généreux Thomas et autres personnes bien pensantes, qui exhortaient un pécheur à faire pénitence, ne recevaient de lui d'autre réponse que celle-ci : a J'ai trois mots que je prononcerai au moment du danger, pour obtenir mon pardon. » Comme on lui demandait quels ils étaient , il répondit : Seigneur ^ pardonnez-moi. — On Tavertit de ne ]}as trop mettre sa confiance dans reffîcacité de ces paroles, mais ce fut en vain ; les plus sages observations, il les couvrait de railleries. Un jour, dans ime partie de plaisir, il passait au galop siu* un II. 5

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pont^ lorsque, tout à coup, son cheval effrayé franchit le parapet, et homme et cheval de rouler dans les flots. Peut-être prononça4-il les trois mots merveilleux? On se trompe. Ses dernières paroles furent : « Que le diable ! ... » et il disparut sous les vagues ( Lohn, Bibl. u, 877).

c. Pendant que Archias, roi de Tlièbes, donnait un brillant festin à ses amis, on lui apporta une lettre qui, lui dit-on, traitait d'affaires très-importantes; mais il se contenta de dire, en la mettant de côté sans l'ouvrir : A demain les a f aires importantes. La même nuit, il succomba sous le glaive d^assassins. C'était précisément de quoi le prévenait la lettre que lui envoyait un de ses amis. — Combien de pécheurs qui ressemblent à ce roi, et qui, plongés dans les voluptés du siècle, n'ont que des sarcasmes à opposer à ceux qui les sollicitent de ne pas renvoyer au lendemain l'affaire de leur salut! {Ibid. 87^2).

d. La légende suivante, tirée de la vie de saint Bernard, sert à nous faire comprendre quelle est la folie de ceux qui se reposant uniquement sur la miséricorde divine, entassent péché sur péché. Arsène vit en songe un bûcheron qui liait ensemble le bois qu'il avait fendu pour le porter à la maison. Mais il arriva que le fardeau =c trouva trop lourd. Au lieu de diminuer sa charge, il y ajouta encore de l'autre bois, et, naturellement , il ne fit qu^augmenter le fardeau. A cette vue, Arsène, ne sachant s'il devait rire ou prendre pitié de la folie de cet homme , entendit une voix qui lui cria : a Voyez, Arsène, ceux-là ressemblent à ce bûcheron, qui, au Heu d'alléger le fardeau de leurs péchés, ne fout que l'accroitro eu y ajoutant toujours de nou-

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