PARTIE III. CIIAIITRE II
d. De même que des soldats^ lorsqu'ils voient que quelques-uns de leurs camarades ont escaladé les murs d'une ville assiégée, et se disposent à y arborer leurs étendards, sont encouragés à les imiter; ainsi la vue de ceux qui ont déjà pénétré dans la céleste Jérusalem, et qui se sont déjà rendus maîtres du royaume qui souffre violence^ doit nous animer à suivre leur exemple.
e. Si Dieu se montra disposé, à la prière d'Abraliam, à épargner Sodome, combien ne nous sera-t-il pas facile, aidé du secours de tant de saints, d'obtenir que sa miséricorde divine nous épargne^?
2a Du culte de Marie en particulier.
i. On a toujours rendu à Marie un culte tout spécial. Déjà les premiers chrétiens reconnaissaient que le culte de Marie, que le Père a choisie pour sa fille, le Fils pour sa mère et le Saint-Esprit pour son épouse, devait être très-agréable à Dieu. — L'archange Gabriel, chargé auprès d'elle du divin message, la salua avec respect, et nous, hommes, nous n'entourerions pas de toute notre vénération celle que l'ange vint saluer de la part de Dieu, celle qu'il a daigné choisir poiu* mère? Marie, animée du souffle de l'inspiration ne prédit-elle pas sa gloire future, lorsqu'elle s'écria : Désormais toutes les nations me proclameront heureuse. Déjà de son vivant, un grand nombre de chrétiens accouraient àEphèse où elle se tenait avec l'apôtre saint Jean, pour apprendre à connaître et pour vénérer celle qui avait été destinée à devenir la Mère du Sauveur. — C'est à quoi fait allusion la lettre de saint Ignace d'Antioche
à Tapôtre saint Jean, lorsqu'il dit : « Où est le vrai chrétien, qui aime et chérisse notre sainte foi, qui, entendant parler de la sainte vierge, ne désire pas la voir*et la saluer, elle qui a été jugée digne de porter dans son sein le vrai Dieu ?» — Saint Irénée la salue déjà {Contra hœres. V. 19) du nom de seconde Eve, qui par son obéissance s*est élevée en face d'Eve désobéissante, et il l'appelle du nom de Vierge admirable, beauté des beautés, épouse du Saint-Esprit, océan des grâces, etc. {Epist. ad S. Joan.). — On vit, à la vérité, apparaître un hérétique nommé Nestorius, qui osa soutenir que la sainte Vierge n'était que la mère d'un homme ; mais l'Eglise s'étant réunie en concile à Ephèse, proclama solennellement avec les saints Pères et la tradition que Marie était la mère de Dieu. Le peuple qui attendait l'issue des débats, poussa des cris de joie à cette nouvelle et accompagna pendant leur retour chez eux les évèques avec des flambeaux. — Le pape Calixte raconte que déjà, en 224, il existait à Rome une chapelle en l'honneur de la sainte Vierge. — Saint Grégoire de Nazianze atteste que sainte Justine, qui souffrit le martyre au troisième siècle, invoquait au milieu de ses tourments l'assistance de la sainte Vierge. Mais c'est surtout depuis le concile d'Ephèse que Ton a commencé à composer des hymnes en son honneur, à lui consacrer des jours de fêtes et à lui ériger des temples et des autels. h. L'impératrice sainte Pulchérie, qui vivait au commencement du cinquième siècle, était animée d'un amour ardent et d'un vif respect envers la Mère de Dieu. Elle lui dédia deux églises qu'elle fit construire, et fixa certains jours de l'année pour honorer par de pieux exercices cette divine Mère. Jamais elle ne manquait