PARTIE III. CHAPITRE II
de s'y rendre, accompagnée de ses suivantes et en costume simple, le visage recouvert d'un voile et portant à la main une petite lampe; elle y allait même pendant la nuit, toujours à pied, malgré la rigueur de la saison (StoU, tome 17).
c. L'empereur grec, Jean Gomnène, après avoir remporté une victoire sur les Perses, en 1143, entra en triomphe à Constantinople; mais au lieu de monter lui-même sur le char de triomphe, il y plaça une statue de la sainte Vierge, à laquelle il attribuait le succès de ses armes, et précéda son armée, marchant à pied et tenant une croix à la main (Ber, Berc. Hist. de l'Egl.,t.2). ^
d. Saint Etienne, élevé sur le trône de Hongrie l'an 1000, était un zélé partisan du culte de Marie. Convaincu de sa puissance auprès de Dieu, il se mit lui et son royaume, par un vœu spécial, sous sa maternelle protection, et lui fit construire une église à Stuhlweisenburg [Idem., t. 10).
e. Saint Bernardin, né à Sienne en 1380, ayant de bonne heure perdu ses parents, fut remis pour être élevé entre les mains de sa tante qui lui inspira une vénération toute particulière pour la sainte Vierge. Encore enfant, il prit la résolution de jeûner tous les samedis en son honneur, devoir auquel il resta fidèle toute sa vie. Pendant sa jeunesse, il avait coutume de se rendre tous les matins de l'autre côté <ie la porte de la ville. Interrogé sur ce qu'il avait à y faire de si bon matin, il répondit en souriant qu'il allait souhaiter le bonjour à une amie. Comme on avait quelque doute eur la signification de sa réponse, on Je suivit secrètement, et on le vit s'aj^enouillcr dévotement devant une
image de la Vierge. Son biographe écrit que, prêcliant l'année 14-27, sur la nativité de Marie, il dit entre autrest choses : a J'ai toujours été dévoué de tout mon cœur à la ^lère de Dieu, car c'est le jour de sa naissance que je suis né, que j'ai été baptisé, que j'ai pris l'habit de mon ordre, que j'ai fait profession, que j'ai célébré ma première messe; je désire mourir ce jour-là. » Il mourut la veille de l'Ascension de Notre-Seigneur, l'année \UÏ {Mardi. Hort. past. p. 384).
/. Il est raconté au sujet de saint Edmond, que déjà, lorsqu'il était enfant, il avait choisi la sainte Vierge pour son épouse, et avait suspendu au bras d'une statue de Marie, devant laquelle il avait coutume de prier, un anneau comme gage de sa fidélité. Nous lisons encore touchant le même saint que, lorsqu'il étudiait à Paris, il avait toujours devant lui cette statue, sur laquelle il jetait souvent ses regards ; car il accomplissait tous ses devoirs par amour pour sa céleste épouse {Ihid.).
g. Saint Charles Borromée récitait journellement le petit office de Marie à genoux et avec une dévotion ardente, n avait choisi la sainte Vierge pour sa protectrice spéciale. Tous les soirs qui précédaient ses fêtes, il jeûnait au pain et à l'eau ; et lorsqu'on sonnait l' Angélus, il se mettait à genoux, n'importe en quel lieu il se fût trouvé. Il fit aussi en sorte que l'image de Marie fût placée sur toutes les tours , afin que ceux qui entraient dans l'église se rappelassent que de même que le Fi!s de Dieu nous est venu par Marie , nous devons de mi'me arriver à lui par Marie {Parât, apert.. c. 3).
h. Le bienheureux Grispin de Viterbe était à peu près âgé de cinq ans, lorsque se trouvant un jour à la campagne avec sa mère, ceUe-ci remarqua une image de