PARTIE III. CHATITRE II
la sainte V^ierge. Aussitôt elle se mit à genoux, en présence de cette image, et elle adressa ces paroles à son enfant : « Vois-tu, celle-ci est aussi ta mère, je te remets entre ses mains. Aime-la de tout ton cœur et respecte-la comme une mère royale.» — Le petit enfant n'oublia jamais ces paroles, et eut toujours pour cette mère un amour tout filial. Le 19 mai 1750, comme il était siîr le point de rendre le dernier soupir, entre autres prières, il adressa celle-ci à sa divine mère : « Très-puissante Mère du Seigneur, vous qui êtes digne de toute notre vénération, soyez mon avocate et ma protectrice, soyez mon refuge et ma consolation ; n'abandonnez pas votre enfant à sa dernière heure. » (D'après Qasser ; Exenaples pour les enfants.).
'i. Sainte Catherine de Sienne avait déjà coutume à Tàge de cinq ans, chaque fois qu'elle montait un escalier, de dire un Ave à chaque degré. — Saint François d'Assise était enflammé d'un amour ardent envers la sainte Vierge, principalement pour deux motifs : le premier parce que c'est par eUe que J.-G. est devenu notre frère, le second, parce que par son intermédiaire nous obtenons plus facilement miséricorde auprès de son fils. — Le jour de sa conversion, saint Ignace de Loyola choisit la mère de Dieu pour sa patronne. Il passait souvent des nuits entières à genoux devant son image. Saint Louis de Gonzague, encore enfant, avait déjà coutume, comme sainte Catherine de Sienne, de dire un Axe Maria à chaque marche d'escalier. Phis tard, il jeûna tous les samedis en Thonneur de Marie. Il visitait de préférence les éghses construites en son honneur et récitait journellement son office. — Saint Stanislas, depuis sa plus tendre enfance, porta toujours
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sur lui son rosaire, et, après l'Ecriture sainte, les livres de lecture qu'il préférait étaient ceux qui traitaient de la sainte Vierge {Lohn. Bibl. 1, 995).
Le roi de France, Louis XIII, s'était consacré lui et son royaume , par une déclaration solennelle, rédigée le 40 février 4638, à la sainte Vierge. Au surplus, les églises, les chapelles et les oratoires innombrables érigés en son honneur, ainsi que les livres qui traitent de la dévotion à JNlarie attestent suffisamment le développement prodigieux de son culte. Mais Tune des pratiques les plus remarquables de la dévotion envers la Mère de Dieu, c'est celle du
11. Mois de Marie. — Il n'y a pas longtemps qu'en Italie une pieuse personne exprima pour la première fois le désir de consacrer un mois tout entier à la gloire de la divine Mère. Cette pensée fut accueillie avec bonheur par un grand nombre de personnes, et Ton choisit poiu" cela le plus beau mois de l'année , le mois de mai, appelé aussi mois de Marie. Cette dévotion s'établit d'abord à Rome sous les yeux du souverain Pontife, et se répandit bientôt dans d'autres villes d'Italie, surtout à Naples et en Sicile. Vers la fin du dix-huitième siècle, elle pénétra en France, où elle fut également saluée avec enthousiasme par toutes les classes de la société. Le pape Pie VII l'a approuvée solennellement par une bulle du 24 mars 4815 , et la enrichie de nombreuses indulgences dans le but d'encourager la piété des fidèles. Il accorde une indulgence de trois cents jours pour chaque jour de ce mois, où ils feront, soit en public, soit en particulier, quelques prières ou pratiques de dévotion en l'honneur de Marie, outre une indulgence plénière le jour où ils recevront les sacre-