‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 51 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE îl. U · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE îl. U

Bible. Ainsi Tertullien rapporte que le Sauveur fat représenté sur un calice. Il figurait le bon pasteur avec une brebis sur ses épaules et le Saint-Essprit sous la forme d'ime colombe. Dans des temps plus reculés, nous trouvons aussi des croix sur les tombeaux des martyrs. Une preuve que l'honneiu- que l'on rend à la croLx est très-ancien^ se trouve dans Tertullien et Minucius Félix obligés de défendre les chi-étiens contre le reproche qu'on leur fai.-ait d'adorer la croix. L'historien Eusèbe raconte avoir vu {Hist. eccl. 1. 1, c. 14', dans la ville de Caesarea Philippin, nommée autrefois Panœa, la maison d'une femme qui avait été guérie par le Sauveur d'une hémorrhagie, et qu'il s'y trouvait deux statues en bronze, représentant l'une la femme, l'autre le Sauveur. La première était représentée dans l'attitude de la prière, et sur l'autre on voyait le divin Sauveur lui tendre ime main compatissante. Aux pieds du Sauveur croissait une plante étrangère et inconnue qui, lorsqu'elle avait atteint le bord de la robe de bronze, avait la vertu de *)guérir de toute espèce de maladies. Cette statue existe encore aujourd'hui, ajoute Eusèbe ; je l'ai vue de mes propres yeux. Nous avons vu aussi les saints apôtres Pierre et Paul, ainsi que Jésus-Christ, représentés sur des tableaux peints de dififéreutes couleurs.

Depuis l'époque de Constantin, qui mit fin aux persécutions des chrétiens, les images devinrent plus généralement répandues. — Le pape Damase raconte que l'empereur lui-même fit construire plusieurs basiUques, entre autres celle de Rome, qui porte le nom de Coustaiitiniennc. Voici les présents qu'il fit à cette dernière : il y fit placer un piédestal trè5-élcv('', tout eu argent, sur lequel était représenté le Sauveur assis sur II. 7

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un siège; il avait cinq pieds d'élévation et pesait cent vingt livres. On y voyait aussi les douze apôtreâ, ayant chacun une élévation de cinq pieds et un poids de quatre-vingt-dix livres, outre quatre anges tout en argent également hauts de cinq pieds et d'un poids de cinq cents livres. — Près du baptistère était encore un agneau fait de For le plus pur, qui avait à son côté droit une statue du Sauveur et à sa gauche une autre de saint Jean-Baptiste également en argent. Ce dernier portait à la main cette inscription : Voici TAgneau de Dieu qui efface, etc. — Enfin le même empereur fit placer une croix de l'or le plus fin sur les reliques de saint Pierre. Au quatrième siècle, les Pères de l'Eglise, tels que saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, font souvent mention des images qui se trouvaient dans les églises, et parlent même de celles qui existaient du temps de Constantin. Remarquables sont surtout les paroles de saint Grégoirele-Grand à Sérénus, évéque de Marseille, au sujet des images: « Dites-moi, mon frère, lui écrit-il, a-t-on :jamais vu qu'un évéque en ait agi comme vous avez fait. — Autre chose est d'adorer la peintiu-e , autre chose d'apprendre parla peintiu-e ce qu'on doit adorer; car ce que l'Ecriture est pour ceux qui lisent, la peinture l'est pour les ignorants qui regardent. » {Fpist. lib. 9, ép. 9). — Et ailleurs, parlant encore de la peinture, il dit : « Nous exposons des tableaux dans les églises, afin que ceux qui ne savent pas lire les premiers éléments des lettres puissent lire sur les murailles ce qu'ils ne peuvent apprendre dans les livres. » Déjà précédemment, écrivant à Léontius, il lui disait : Les images ne sont pas des dieux, mais des livres ouverts

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