PARTIE m. CHAPITRE IL
qii'on commente et vénère dans les églises. Elles nous rappellent le souvenir de Dieu, et nous engagent à lui rendre nos adorations. Un tableau qui excitait parmi le peuple d'Hippone une vénération toute particulière était celui du saint martyr Etienne. Voici ce que disait à ce sujet saint Augustin : Le tableau que vous préférez à tout autre est celui qui représente saint Etienne lapidé et Saul gardant les vêtements de ceux qui le lapident.
— Théodoret rapporte que de son temps on avait placé l'image de saint Siméon Stylite dans toutes les entrées des maisons, afin d'obtenir par son intercession la protection et le secours du ciel [PMlotliée, c. xxvi).
L'ancien ermite Jean allumait dans sa grotte une bougie devant Fimage de la sainte Vierge, qui y était représentée avec l'enfant Jésus sur ses bras, et il y priait avec une prédilection toute particulière {Masch. in Prato spirit. c. 180).
2. Controverse au sujet des images. — L'usage des images avait pris un développement prodigieux à partir du commencement du deuxième siècle jusqu'à l'époque de Constantin ; nulle part il n'avait rencontré d'opposition. Ce ne fut que pendant le courant du huitième siècle qu'on vit s'élever la querelle des images. Les Mahométans, qui à cette époque se multipliaient de plus en plus en Orient, étaient les ennemis déclarés du culte des images. Le calife Yezid, excité par un juif, avait fait détruire toutes celles qui se trouvaient dans les églises clu-étiennes des pays dont ils s'emparèrent.
— Léon l'Isaurien, croyant détourner de son royaume la tempête qui le menaçait en éloignant les images, publia en 726, sans consulter les évèques, un décret par lequel il interdisait le culte des images à ses sujets.
iié CATECHISME IIISTOr.IQUE.
et ordonnait d'en dépouiller les églises. En 730 il lança un édit, par lequel il ordonnait, sous peine de mort, de détruire, de brûler et de fouler aux pieds toutes celles qui se trouvaient tant dans les édifices publics que dans les maisons particulières, les qualifiant du nom d'idoles. Le patriarche de Constantinople opposa une énergique mais inutile résistance. — Une insmrection générale éclata à Constantinople, et le peuple assassina un grand nombre de tailleurs de pierres qui avaient été chargés de briser les statues. A Rome aussi, le peuple se souleva d'indignation à la nouvelle des ordres de l'empereur, et il agit à l'égard des images de l'empereur comme luimême avait voulu qu'on traitât à Constantinople celles du Sauveur et de ses saints. Toutes les statues de l'empereur érigées à Rome furent renversées, brisées et traînées dans la boue des places publiques. A cette nouvelle, l'empereur entra dans une violente colère. Son indignation s'appesantit et sur les images et sur ceux qui les honoraient ; il envoya en exil saint Germain, et poursuivit le cours de ses cruautés jusqu'à sa mort, qui survint après un règne de 25 ans.
Son fils et successeur Constantin V (surnommé Copronyme), imita la conduite de son père. Comme lui, il fut un ennemi acharné du culte des images, qu'il appelait une « invention du diable. » En 754, il convoqua un concile général auquel assistèrent 338 évèques. L'empereur leur prescrivit les décrets qu'ils auraient à porter, et qui étaient que désormais on n'appellerait plus les apôtres et b.'S martyrs <hi nom de saints, qu'on ne les invoquerait plus, non plus que Marie, et surtout qu'd ne serait pbis porniis d'en tolérer les images. L'empereur ne pardonnait pas qu'on cuulicdit à ses vues.