PARTIE m. CHAPITRE H
Tous les évêqiies qui ue voulurent pas souscrire ces décrets furent déposés et chassés. Inutile de remarquer que ces décrets ne furent pas reconnus par l'Eglise universelle. L'empereiu' éprouva surtout de la résistance de la part des communautés religieuses de Constantinople, qui se refusèrent à reconnaître le concile, dirigé uniquement par l'influence de ce prince. Cette conduite énergique aigrit l'empereur. Il fit chasser violemment les religieux de leurs couvents, qui furent convertis en casernes. — Près de Nicomédie vivait le saint abbé Etienne ; l'empereur le fit venir à Constantinople pour tâcher de le persuader par son éloquence à rejeter les images, afin de gagner le peuple par son exemple. « Insensé que vous êtes, lui dit l'empereur, de ne pouvoir pas comprendre qu'il soit foc-t indiff'érent de fouler aux pieds l'image de Jésus sans déshonorer Jésus Christ lui-même. L'image n'est pas Jésus-Christ. Qu'y a-t-il de commun entre le respect dû au Sauveur et un morceau de bois ou de pierre? » — A ces paroles de l'empereur, le saint homme tira une monnaie frai> pée à l'efligie de l'empereur, et lui dit : « Seigneur, de qui est cette inscription ? — ^ Celle de l'empereur, répondit Constantin. — Eh bien, reprit Etienne, puisque Thonneur du prince ne dépend nullement de celui qu'on rend à son image, je puis aussi sans crainte la fouler aux pieds, » et aussitôt il jeta à terre la pièce de monnaie et marcha dessus; mais au même instant les gens de l'empereur se ruèrent sur lui et le couvrirent de coups; l'empereur alla même jusqu'à l'accuser de lèse-majesté. « 0 aveugles que vous êtes, s'écria alors le saint abbé, si celui qui déshonore l'image d'un roi de la terre vous parait digne de châtiment, pourquoi
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celui-là serait-il exempt de péché, ou plutôt, comme vous le soutenez, comment serait-il agréable à Dieu, en vouant aux flammes Timage du Roi du ciel? » Cette réponse, au lieu de convaincre Tempereiu', ne fit qu'accroitre son indignation; il fit jeter Etienne en prison et peu après exécuter. Dix-neuf officiers qui l'avaient assisté dans sa prison furent tourmentés, et deux décapités, pour avoir admiré la mort héroïque qu'il souffrit. L'empereur déclara que quiconque parmi ses sujets honorerait les images, serait privé de la vue et livré à la mort. On brisait des images peintes sur bois sur la tète des coupables. Aux moines, qui avaient surtout témoigné la plus grande résistance, on leiu* frotta la barbe de poix et on y mit le feu. A la fin Constantin voiûut être lui-même spectateur de ces cruautés. Il fit placer son triJmual sur la place pubUque avec ordre d'y amener les catholiques qu'on martyrisa et mit ainsi à mort sous ses yeux. Phis le tourment était afî'reux, plus il éprouvait de satisfaction. Ce barbare régna pendant 34 ans, et tout son règne ne fut rempli que par ses persécutions contre les images. Il mourut de la fièvre en 775, et eut pour successeur son fils Léon III, qui suivit son exemple. Les choses continuèrent ainsi jusqu'à l'avènement de l'impératrice Irène, qui abolit les lois sévères de ses prédécesseurs. En 787, un concile réuni à Nicée déclara que le culte des images est utile et salutaire. — Jusqu'au neuvième siècle, nous trouvons encore ça et là quelques empereurs grecs qui ont persécuté les partisans du culte des images, jusqu'à ce qu'enfin ce scandale disparut entièrement. — A l'époque de la réformation protestante, les prétendus réformateurs qualifiant le culte des images d idolâtrie, brisèrent