‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 54 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE II. il · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE II. il

les images jusqu^à des crucifix, qu'ils attachaient à la queue des chevaux. Voulant orner leurs maisons de prières, devenus complètement nues par l'enlèvement des images, ils mirent à la place des statues des saints les portraits de Luther et de JMélanchton, parmi lesquels se trouvait aussi celui de Tépouse de Luther, Catherine de Bore (D'après différents historiens).

3. Citons queïq^ies exemples pour prouver commeJit les âmes pieuses et ferventes ont vénéré les saintes images et po^ir montrer quels sont les effets salutaires de cette pratique.

a. Les tableaux ou stations de la passion de Jésus- Christ ont été de tout temps Tobjet d'un culte tout particulier.

aa. Comme on demandait un jour à saint Dominique quel était le livre où il puisait des prédications aussi instructives, il répondit : « Dans le livre de l'amour, qui est le crucifix. J'y vois clairement l'amour de Jésus et l'énormité du péché, et par ce moyen ma langue est débarrassée du frein qui la retenait enchaînée. » {March, îlort. past. 486).

hb. « Entrant un jour dans notre oratoire, raconte sainte Thérèse, j'y remarquai une image toute neuve qui représentait notre Sauveur souffrant. L'aspect de cette image fut comme un glaive qui me perça le cœur ; je me jetai à genoux devant elle, et, répandant des larmes brûlantes, je conjurai le Sauveur de me faire la grâce de ne plus jamais lui faire de blessure par le péché, mais de m'accorder la grâce de partager ses souffrances. Il me semble avoir encore ajouté que je ne me relèverais point qu'il n'eût exaucé ma prière. — Ce qui en effet me fut accordé. — Dci)uis ce moment, je devins plus

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ferme dans le bien et plus patiente dans les souffrances. » {Idem. p. 126).

ce. Albert, fils du comte Falkenberg, s' étant rendu à Paris pour s'y former dans l'art militaire, éprouva un violent désir d'entrer dans un ordre religieux et de s'y consacrer tout entier au service de Dieu. Il entra en effet dans l'ordre des frères prêcheurs. — Dès que son père eu apprit la nouvelle, il vola à Paris pour tenter de décourager son fils, mais il eut la douleur d'être forcé de s'en retourner sans avoir rien obtenu. Albert avait encore un cousin qui lui était étroitement attaché et qui fit aussi tout son possible pour le dissuader, lui disant entre autres choses, que par son opiniâtreté il ne manquerait pas de causer la mort à sa mère. Pendant ce discours, Albert n'avait point détourné ses regards du crucifix qui était à côté de lui. Dès qu'il eut fini, il se leva et prenant son ami par la main : « Insensé que vous êtes, lui dit-il, considérez le Sauveur ; malgré les souffrances que la vue de son supplice occasionnaient à Marie et à saint Jean, il ne descendit pas cependant de la croix. J'agirai de même; je n'abandonnerai pas, à la vue des larmes de ma mère, la croix du couvent que j'ai embrassée, dùt-elle en perdre la vie ; car celui qui aime mieux son père, sa mère, ou ses amis que le Crucifié ne saurait être son disciple. C'est pom^quoi je vous exhorte, vous aussi, à quitter les daugers de ce monde et à monter avec moi sur la croix. » — Ces paroles firent une telle impression sur Théodoric, qu'au bout de quelque temps il abandonna le monde et entra dans le même couvent {Ibid. p. 138).

dd. Lorsque Rodolphe de ïlabsburg eut été élu empereur des Uomains, il se rendit à Aix, où étaient

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