‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 56 sur 306 · PARTIE III. CEAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CEAPITRE II

fille, dit-il en terminant, yos péchés sont aussi la cause des douleurs amères qu'il a souffertes ; pouvez-vous bien, maintenant, continuer à l'offenser encore? Ne voulez-vous pas lui faire un plaisir et vous corriger ? » — Le père eut la consolation de voir sa fille verser des larmes d'attendrissement. Il profita de cette circonstance pour toucher son cœur. Vivement émue de ce qu'elle venait d'entendre, la jeune fiUe saisit le crucifix avec ses deux mains, et pria son père de le lui donner ; ce qu'il fit volontiers. Elle alla ensuite l'enfermer dans une petite armoire, passa presque toute la journée à méditer sur le Sauveur crucifié, arrosa ses joues des larmes d'une sincère pénitence, et dès ce moment elle changea entièrement de genre de vie. — Un jour, ayant été frappée avec violence de la part d'un homme qui la prit pour une autre, au lieu de s'emporter comme c'était sa coutume, elle accepta ces mauvais traitements sans se plaindre et sans en parler à son père. Seulement elle se mit à genoux devant son crucifix et récita cette prière : « Je lui pardonne, ô Jésus, comme vous avez vous-même pardonné à vos ennemis. Pardonnez-lui vous aussi, car il ne savait pas ce qu'il faisait. » Huit jours plus tard, ayant appris que celui qui l'avait frappée était gravement malade, aussitôt eUe demanda quelque nourriture à son père, qu'elle alla lui porter : a Ne croyez-pas, lui dit-elle avec douceur, que je vous conserve quelque ressentiment. Que cette offre de peu de valeur vous soit une preuve de ma charité chrétienne, et sachez que j'ai intercédé pour vous auprès de mon Sauveur. » — Cette conduite toucha si vivement le malade, qu'il lui demanda sincèrement pardon, et devint, dès lors, un homme tout nouveau. — Un jour

Hi CATÉCHTSME HISTORIQUE.

que sa voisine se plaio^nait amèrement de la conduite dissolue de son mari , elle lui adressa ces paroles : « Vous avez sûrement, ma bonne voisine, un crucifix dans votre maison ? — Hé ! sans doute. — Eh bien ! reprit Mélanie, allez-y chercher des consolations, apprenez là à devenir patiente, et tout ira bientôt pour le mieux. » — La voisine suivit ce conseil. La méditation de la passion du Sauveur la rendit patiente, et, par sa condescendance et ses manières affables, elle finit par gagner le cœur de son mari {Xach HerlsVs Exemp.).

a. Le protestant Sohubart raconte, qu'entrant un jour dans le jardin d'un couvent de Franciscains, il y vit un prêtre de cet ordre à genoux devant une magnifique peinture à fresque représentant Jésus-Christ, qui par suite des tourments de la flagellation, semblait encore dégoutter de sang. — Le religieux, voyant arriver cet étranger, se leva, mais son visage paraissait encore tout rayonnant des flammes d'une sainte dévotion. — Vous avez là un superbe tableau, lui dit le protestant en lui adressant la parole. — L'original lui est en.-ore bien supérieur, répondit le religieux en souriant. — Et pourquoi, dans vos prières, ne vous adressez-vous pas plutôt à l'original. — A cette question, le moine lui fit cette judicieuse réponse : « Vous paraissez être protestant et ne pas tenir au culte des images. — Mais je dois vous faire observer que cette image ne fait que venir en aide à mon imagination, afin que je puisse plus facilement me représenter la passion de mon Sauveur ; mon esprit ne s'arrête pas à ce Ghri^t représenté sur ce tableau, mais au véritable. Fouvez-vous prier sans avoir quclf^ue image (levant votre esprit^ c'est-à-dire sau3

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