‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 59 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE H. 12'J · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE H. 12'J

nommé Sévère^ boucher de son métier avant la perte de sa vue, et aveugle depuis phisieurs années. Celui-ci ayant entendu le bruit de la joie publique, il se fit transporter auprès des corps saints. Y étant arrivé, il obtint qu'on le laissât approcher pour toucher d'un mouchoir le brancard où ils reposaient. Aussitôt qu'il eut appliqué le mouchoir sur ses yeux, ils furent ouverts, et il revint sans guide. Ce miracle se fit en présence d'une foide nombreuse, et, entre autres, de saint Augustin, qui se trouvait alors à ^lilan, et qui en parle en plusieurs endroits de ses œuvres.

e. \ oici un autre miracle rapporté par saint Augustin lui-même, qui en a été témoin oculaire. Dix enfants, dont sept fils et trois filles, natifs de Césarée, en Cappadoce, ayant été maudits par leur mère pour quelque outrage qu'ils lui firent après la mort de leur père, furent miraculeusement frappés d'un horrible tremblement de membres, de sorte que, ne pouvant soufîî^r la confusion qu'ils en recevaient dans le pays, ils s'en allèrent, chacun de son côté, errer dans tout l'empire romain. 11 en vint deux à Hyppone, un frère et une sœur, Paul et Palladie, déjà fameux par leur disgrâce en beaucoup d'endroits. Ils y arrivèrent quinze jours avant la fête de Pâques, et ils visitaient tous les joiu-s l'église où il y avait des reliques du glorieux saint Etienne, priant Dieu d'apaiser sa colère et de leur rendre leur première santé. Le jour de Pâques venu, et uno grande multitude de peuple se trouvant déjà dans l'église, comme le jeune homme tenait les ballustres du lieu où était la relique du martyr, il tomba tout à coup et demeura par terre comme endormi, sans, toutefois, trembler comme il avait coutume, même ca dor-

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maiit. On allait le relever, mais il le fit de lui-même, sans trembler, car il était guéri. — Toute Téglise retentit de cris de joie, et Ton courut aussitôt auprès de saint Augustin pour le lui annoncer. Le troisième jour de la fête de Pâques, Palladie fut guérie, en présence de saint Augustin, qui avait commencé à prêcher sur le miracle opéré sur son frère. — Saint Augustin, qui écrivait l'année qui suivit ces miracles, rapporte qull avait déjà paru soixante-dix relations touchant les miracles opérés, par Fintercession de saint Etienne, en présence de ses reliques (^S'. Aug, de civit. 1. 22, cap. 8).

d. La ville d'Uzales, non loin d'Utique, en Afrique, a aussi été témoin de plusieurs miracles opérés auprès de quelques reliques de saint Etienne, qu'on y possédait. Un barbier, nommé Goncordius, s'était brisé une jambe, et était obligé de se servir d'une béquille pour marcher. Il recourut à l'intercession de saint Etienne, et vénéra ses reliques avec une grande dévotion. Tout-àcoup, il sentit sa jambe s'étendre, et il put marcher sans le secours de sa béquille. Il alluma aussitôt, comme c'était déjà l'usage à cette époque, un grand nombre de bougies devant les reliques, fit une prière d'actions de grâces, et laissa sa béquille en souvenir. — Sa femme y recouvrit aussi la vue. — Une autre femme, dont le fils était mort sans le baptême, courut, dans sa désolation, auprès des reliques du saint, le prier d'avoir pitié de son enfant, et l'enfant se réveilla du sommeil de la mort, n fut baptisé, reçut la confirmation et la communion, et s'endormit de nouveau d'un sommeil doux et paisible. Il était mort. — La mère déposa son enfant dans le tombeau avec autant de joie que si elle l'eût remis entre les bras de saint Eticmie {Id. et Bcr. Berc. tom. 9).

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