PARTIE III. CHAPITKE H
g. Une cruelle maladie, appelée des ardents, ravagea la capitale de la France en 1129, sous le règne de Louis-le-Gros. Un feu intérieur consiunait les entraille? des victimes de ce fléau destructeur ; Fart des médecin était vaincu par la violence du mal. En vain Etienne, évêque de Paris, prélat d'une éminente sainteté, ordonna des jeûnes et des prières. Dieu paraissait inflexible. Enfin, on fit une procession solennelle, où l'on porta la châsse de sainte Geneviève à la cathédrale. Au moment où elle franchit le seuil de TégUse, tous les malades recouvrèrent à Tinstant la santé, à Texceptioa de trois, qui, peut-être, avaient manqué de foi, ou que Dieu, dans ses desseins de miséricorde, voulut sanctifier par une plus rude épreuve. Le pape Innocent II consacra le souvenir de cet événement par une fête que l'Eglise célèbre le 26 novembre, sous le nom de sainte Geneviève des ardents {Vie de sainte Geneviève.),
h. Le carmélite Dominique de Jésus Maria, né en 1559 en Aragon, après avoir soigné les pestiférés pendant une demi- heure, se trouva lui-même atteint de cette contagion. Il lui vint au cou un chancre de la largeur d'un œuf, et un autre près de Toreille. Se croyant sur le point de mourir, il s'y prépara jusqu'à minuit. Après qu'il eut encore, non sans beaucoup de peine, récité matines, il lui vint en pensée qu'il possédait des reliques de sainte Thérèse ; il en toucha les parties malades, et aussitôt il tomba dans une douce extase qui dura une demi-heure. Il lui sembla alors que sainte Thérèse touchait elle-même son cou et lui promettait sa guérison, et efifectivement, lorsqu'il revint à lui, il ge trouva parfaitement guéri { Herlst. Exempelb. ).
ù L'empereur Gharlemagnc portait à son cou des rc-
j3-2 CATÉCHISME HISTORIQUE.
liqiies de saints attachées à une chaîne en or. C'est sur ces rehques que le duc Tassilo fut ohUgé de hii prêter le serment de fidélité.
La petite cassette renfermant des reliques des saints que possédait Wilfried, évèque d'York, étant devenue la propriété de la reine Ermenburga, elle la fit suspendre dans sa chambre à coucher, et il fallait qu'elle Teiit dans sa voiture chaque fois qu'elle sortait (Stolb. R. G. B. 23.).
Robert, roi de France, fit recouvrir d'or, d'argent et de pierres précieuses les reliques de saint Sabinien et de saint Potamien, apôtres de Sens, qui furent découvertes pendant son règne. Il les porta lui-même avec son fils dans l'église au milieu d'une ajQBiuence de peuple considérable {Ber. Berc. Hist. de l'Egl. tom. dO.).
Le roi Clotaire fit porter dans son palais les reliques de saint Médard, évèque de Noyon, qu'il avait fait déposer dans un coffre recouvert d'une riche étoffe et orné de plaques et de pierres précieuses. La reine, les princes et les princesses assistèrent eux-mêmes à la translation, et souvent le prince porta lui-même le cofi're sur ses épaules.
Saint Louis, roi de France, acquit à un prix trêsélevé la couronne d'épines de Jésus-Christ, qui avait ' été donnée en gage aux Vénitiens par les grands de l'empire grec. Lorsqu'il apprit qu'elle était arrivée dans son royaume, il alla à sa rencontre, accompagné de la reine, de ses fils, de ses frères, ainsi que d'un grand nombre d'évèques et de seigneurs. Lacourotuie d'épnies était renfermée dans un vase en or, qui lui-même se trouvait dans un coffre d'argent. Dès qu'on la vit, tout le monde versa des lai-mes, des soupirs s'exJialèreut de