‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 61 sur 306 · PARTIE III. CIIAlITRi: II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CIIAlITRi: II

toutes les poitrines. On eût dit qu on voyait le Sauveui lui-même couronné d'épines. Le roi voulut porter ce trésor avec son frère ainé^ Robert, comte d'Artois. Tous deux marchaient la tète découverte, nu-pieds et en costume de pénitents. Ils étaient suivis de toute la noblesse, qui marchait également nu-pieds, outre une grande multitude de peuple qui suivait [Ber. Berc. Hist. de TEgl. , tom. 12.).

SENTENCES

a. «Je vénère dans la chair des martyrs les blessures qu'ils ont reçues pour Tamour de Jésus ; j'honore la mémoire d'un héroïsme qui ne meurt jamais; je révère une cendre qui s'est sanctifiée en confessant Jésus- Christ ; j'honore le corps qui me montre comment je dois aimer le Seigneur, et qui m'apprend à ne pas même craindre de soufifrir la mort pour lui {S. Amlr. Serm. 44» deSS. Naz. et Gels.).

h. « On ne doit point repousser ni dédaigner les corps des morts, surtout ceux des justes et des fidèles, car le Saint-Esprit s'en est servi comme d'organes et de vases pour opérer toutes sortes de bonnes œuvres. Un vêtement, une armure, ou tout autre objet qui vient d'un père, sont d'autant plus chers à sa postérité, qu'il était lui-même un personnage comblé de plus d'honneurs. On ne saurait donc en aucune manière mépriser les corps, car ils nous sont bien plus étroitement unis que nos vêtements. Eneff'et, ce que l'on revêt extérieurement ue sert que comme un ornement ou comme un préservatif, tandis que les corps font partie de la naturo même. » {S. Aug,).

c. a Di'ju a partagé les martyrs entre lui et nous. lia

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pris les âmes et nous a laissé les corps, afin que nous les conservions comme des objets destinés à nourrir notre piété et nous faire avancer dans la vertu. Car celui qui contemple les armes ensanglantées d'un guerrier, son bouclier, sa lance et sa cuirasse, fùt-il Tbomme le moins belliqueux, se sent enflammé d'ardeur et vole au milieu des combats. Et nous, qui voyons non pas seulement les armes, mais encore le corps d'un saint guerrier qui a été jugé digne de verser son sang pour confesser Jésus-Christ, comment pourrions-nous ne pas nous sentir excités à Timiter, lorsque cette vue tombe sur notre âme comme une flamme et nous invite à livrer le même combat ? » ( /S. Chrysost. Orat. in Jul. mart. ).

Remarque. Quelque ait été le mépris des protestants et des esprits forts pour le culte des images, ils ont cependant toujours entouré d'une grande vénération les objets qu'ont laissés après leur mort les hommes qu'ils jugeaient dignes de leur vénération; ainsi on a payé des sommes immenses pour les boucles de clieveux de D'Alembert, poiu* la plume de Voltaire, le bâton de Rousseau. — Quelles dépenses énormes n'occasionna pas la translation des restes mortels de Napoléon de Sainte-Hélène à Paris !

Lorsque Martin Luther fut mort, on regarda comme des choses sacrées non-seulement sa Bible, mais encore sa montre, sa table où il écrivait, son lit, sa table, ses verres. Gustave- Adolphe prit sa montre, que le crayon reproduisit à l'infini ; on iit plusieurs fragments de son lit et de sa table, qu'on regardait comme des remèdes contre les maux de dents, ainsi que le rapporte l'historien Arnold.

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