PARTIE III. CHAPITRE II
pensées du cœur humain. Ainsi brille dans tout son éclat la majesté d'un Dieu que l'homme impie s'était efiforcé de rabaisser par les railleries et les sarcasmes de Tirréligion! [Léhensfr. v. Sinai, p. 308).
f. Dans le village d'Edinghausen, non loin de la ville de Bielfeld, un impie et un blasphémateur de la religion s'avisa un jour de tourner en dérision le sacrement de l'Eucharistie, Il s'assied à table avec ses camarades, prend du pain et du vin, et prononce sur eux les paroles de la consécration, après quoi il les distribue à. ses compagnons. Lorsque son tour fut venu de prendre du pain et du vin, il se sentit indisposé, laissa tomber sa tète sur la table, et au bout de quelques secondes il était mort. — n fut enterré le jour des Trois-Rois. — Cette histoire ne saurait être révoquée en doute. Puisse-t-elle être un avertissement sérieux pour ceux qui se plaisent à se moquer des saints mystères et à tourner en ridicule les vérités de la religion ! {Le ntême, p. 289).
g. Lorsque Rupert, électeur palatin, élu empereur en place de Wenzel de Bohème, vint à Speier, un grand nombre de condamnés , comme c'était la coutume lors de l'élection d'un nouvel empereur, se présentèrent à lui pour obtenir leur grâce. L'empereur ayant voulu qu'on prit des informations sur leur conduite passée, il apprit qu'un citoyen de la ville de Speier avait été exilé parce qu'il avait souvent blasphémé Dieu. L'empereur porta alors cette remarquable sentence : a Je ferai grâce à tous , excepté à ce blasphémateur, qui continuera à rester en exil ; car les premiers n'ont failli qu'à l'égard des hommes, tandis que celui-ci a péché contre Dieu même, et a commis le plus grand des crimes de lèse-majeté » (Lohn. Bibl. i, 236).
140 CATÉCmSME HISTORIQUE.
h. Louis IX, roi de France, avait fait une loi qui portait que quiconque serait convaincu de blasphème aurait la langue percée avec un fer rouge. Il sfrriva qu'un citoyen de Paris laissa échapper publiquement un horrible blasphème et fut accusé auprès du roi. Le roi lui fit subir la peine qu'il avait ordonnée, sans qu'il fut possible d'obtenir sa grâce. A ceux qui voulaient intercéder en sa faveur, il leur répondit : « Je lui pardonnerais volontiers s'il se fût rendu coupable envers moi, mais je ne pardonnerai jamais à celui qui insulte publiquement à la majesté de Dieu. Volontiers je me laisserais moi-même percer la langue avec un fer rouge, si par là je pouvais bannir le blasphème de mon royaume. » — Le même roi recommandait à son fils, lorsqu'il serait parvenu au trône, de ne jamais laisser aucun blasphème impuni {Jhïd, 226).
Henri II, roi de France, ordonna que les blasphémateurs fussent punis de mort comme les mcm-triers \Ber. Berc. Hist. de l'Egl. tom. 18).
Louis XIV puljlia aussi en 1666 une loi très-sévèro contre le blasphème. Tous ceux qui étaient convaincus d'avoir blasphémé le nom de Dieu, de la sainte Vierge et des saints, étaient obligés de payer une amende qui chaque fois allait en augmentant. La cinquième fois, on les mettait au pilori depuis huit heures du matin jusqu'à une heure de l'après-midi. A la sixième infraction, on leur brûlait la lèvre supérieure sur l'échafaud, et à la septième la lèvre inférieure. S'ils ne s'amendaient pas, on leur coupait la langue. Ceux-là même étaient mis à l'amende, qui n'accusaient pas la personne qu'ils avaient entendue blasphémer {Le mc7ne, liv. 78],