PARTIE III. CHAPITRE II
i. En Angleterre, il existe une loi d'après laquelle loiite espèce de jurement est puni d'une amende. Un homme chez qui Thabitude de proférer des jurements ■existait à un haut degré, lui donnait un jour libre cours dans une auberge. Le lendemain il fut cité eu justice sans qu'il sût pourquoi. Il vit un homme qui compta devant le juge juscpi'à 487 fèves. Quand il eut fini, il dit : « Je veux prouver par ceci que cet homme a juré hier au soir 487 fois. » Interrogé comment il pouvait le savoir aussi exactement, il répondit ; «J avais hier la poche di-oite de mon habit remplie de fèves, lorsque je me trouvai en compagnie de cet homme. A chaque jurement qu'il proférait, j'en mettais une dans ma poche du côté gauche ; j'en ai compté juscp.rà -487, et ce nombre est au-dessous de la vérité ; mais à défaut de fèves, il m'a été impossible de continuer mon énumération. » L'accusé ne nia pas le fait, mais il paya l'amende, rougit de confusion et se corrigea {Lehemfr, ans. Sinaï, 315).
Ti. D'après l'ancienne discipline ecclésiastique, voici qu'elles étaient les peines que devaient subir ceux qui nlasphémaient contre Dieu, contre la sainte Vierge et les saints : le pénitent devait se tenir debout pendant aept dimanches consécutifs devant la porte de l'église, le dernier dimanche sans manteau et nu-pieds avec une courroie autour du cou. En outre, il était obligé, pendant ces sept semaines, déjeuner tous les vendredis au pain et à l'eau. Pendant tout ce temps, il lui était défendu d'entrer dans aucune église. Chaque dimanche il était obligé d'entretenir un , deux , et jusqu'à trois pauvres, selon que ses moyens le lui pc7^mcttaient. S'il refusait de se soumettre à la pénitence, on lui inicrdi-
sait rentrée de l'église, et après sa mort on lui refusait la sépulture ecclésiastique {Macrh. Hort. past. 503).
2. Citons quelques traits propres à nous donner une idée de l'horreur que doit nous inspirer le blasphème et toute espèce de profanation du nom de Dieu.
a. Lorsque saint Polycarpe fut sommé, par le juge païen de blasphémer le Christ, sous peine de perdre la vie s'il ne le faisait, il répondit avec fermeté : « Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et jamais il ne m'a fait de mal; comment pourrais-je blasphémer mon Roi et mon Sauveur ?» — Tel fut le langage de ce saint vieillard ; il aimait mieux mourir que de blasphémer son Dieu {Euseh. Hist. 1. 4).
i. Saint Ignace de Loyola avait coutume de dire, que, s'il devait être précipité en enfer, son plus grand tourment serait d'y entendre blasphémer Dieu {Lohn, Bibl. I, 232).
c. Saint François-Xavier écrit dans une de ses lettres : « Je suis quelquefois dégoûté de la vie, et je préférerais mourir plutôt que de continuer à vivre dans un monde où l'on blasphème Dieu si souvent, et où son honneur est si indignement méconnu. » (Ibid),
d. Un soldat s'étant confessé d'avoir l'habitude de proférer des jurements et des blasphèmes, et ayant déclaré sincèrement qu'il se convertirait s'il connaissait quelque remède efficace contre ce penchant, son confesseur lui conseilla, chaque fois qu'il retomberait dans cette habitude, de se baisser comme s'il eût voulu baiser l'escabeau des pieds du Seigneur, et de réciter cette prière : « Seigneur, pardonnez-moi ! » Le soldat suivit ce conseil, et fit de grands progrès dans l'œuvre de sa conversion ; mais ayant un jour, dans un com-