‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 69 sur 306 · Ne jurez jamais sans motif sérieux ou sans ni^ cessité · texte numérisé non relu

Ne jurez jamais sans motif sérieux ou sans ni^ cessité

a. Esaù jura sans motif sérieux et sans nécessité, lorsqu'il promit à son frère de lui céder, pour un mets, son droit d'ainesse [Gen. 25). — Jephté jura aussi sans réflexion, en disant qu'il offrirait en holocauste le premier des siens qui se présenterait à lui, en retournant chez lui, lors du retour d'une expédition victorieuse, et voilà que la première personne qu'il rencontra fut sa tille bien-aimée {Juges, ii). — De même Saiil fit jurer inconsidérément, lorsque, devant combattre contre les Phihstins, il fit promettre avec serment, et sous peine de mort, que personne ne mangerait avant le soir, jusqu'à ce qu'on se fût vengé des ennemis. Cette imprudence fut cause de la mort de son fils Jonathas. (1. Rois, 14). — Plus frivole encore fut le serment d'Hérode, qui promit à une jeune fille qui dansait de lui accorder tout ce qu'elle demanderait, fut-ce même la moitié de son royaume. On en connaît les suites malheureuses! {Matth. 14). — En général, l'habitude de jurer à tout propos et pour des motifs peu sérieux, avait une vogue extraordinaire du temps de Jésus- Clu'ist; on s'imaginait faussement que, quand on jurait par le ciel, par la terre, par la ville de Jérusalem ou au prix de sa tète, un tel serment n'avait pas grande signification, et qu'on pouvait, sans un grand péché, y être infidèle. C'est contre cette erreur que le Sauveur s'éleva, ainsi que l'apôtre saint Jacques (5, 12). Cette erreur donna naissance à une foule de parjures qui, plus tard, furent encore confirmés par biS docteurs de u. 9

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la nation Juive. Ainsi Maimonides prétend {in Schebast, cap. 12) que, si quelqu'un jure par le ciel, par la terre ou par le soleil, supposé même qu'il ait eu l'intention de jurer au nom du Créateur de toutes choses, son serment n est pas un serment; et dans le Talmud,, chap. 4, il est dit ; « Si quelqu'un m'oblige par serment envers un autre au nom du ciel et de la terre, il n'est pas lié, mais libre. » — Dans l'Elleschemoth Rabba, 4* partie, on lit ces paroles : « De même que le ciel et la terre passeront, ainsi passe le serment fait en leur nom. » {Voy. Buxtorf. Lex Talmud. p. 2314-2441).

1). Saint Augustin dit en parlant de lui-même : « Autrefois, j'avais coutume de jurer tous les jours ; mais, depuis que j'ai lu la parole de la vie et que j'ai commencé à craindre le Seigneur, je lutte contre cette frivole et criminelle habitude, et le Seigneur, m^aidant de son secours, fait que j'y résiste victorieusement. Maintenant, rien ne m'est plus facile que de ne pas jiurer; c'est pourquoi je vous avertis, mes amis, de ne pas dire : Qui pourrait s'empêcher de proférer des jurements ? Oh ! quand on a vraiment la crainte de Dieu, la langue est paralysée, la vérité aimée, et le jurement banni. » (/S'. Aug. Serm. 10. de Sanct.),

c. Saint Grégoire de iNazianze, voulant se précautionner contre la légèreté ou la fausseté du serment, avait fait vœu de ne jaiflais jurer, promesse qu'il tint avec une constance admirable [Lohn. Bibl. ii, 123).

d. Le noble comte Eléazar d'Arianum avait coutume, non-seulement de ne pas jurer lui-même , mais il l'avait aussi défondu sévèrement à toute sa domesticité [Idïd),

e. Léontius écrit dans la vie de saint Jean Taumô-

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