‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 70 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

nier : et Une de ses meilleures et de ses plus haute qualités était que jamais on ne l'entendait jurer, se conformant, en cela, à ces paroles du Seigneur : Contentez-vous de dire : cela est, ou, cela n'est pas. » {Ibid.)

f. Quand il échappait un jurement inutile de la bouche de Tun des ecclésiastiques qui étaient sous la siu*veillance de Saint Augustin, il en était aussitôt puni, et on lui retranchait, à table, une partie de sa portion ordinaire de vin [Stoll. R. G. B. 14).

g. Louis IX, roi de France, ayant été vaincu dans plusieiu?s combats par les Sarrasins, fut fait prisonnier, et dut aussi passer par Técole des plus rudes épreuves. Outre la reddition de Damiette, le sultan exigea un million de besants d'or pour le rachat du roi et des autres prisonniers. Mais Louis IX répondit : « Je paierai volontiers un million de besants d'or pour ma gent, et donnerai Damiette pour la déUvrance de mon corps; car, je ne suis pas tel que je dusse me rédimer par aucune finance de deniers, o Le sultan, étonné de la grandeur d'âme du roi qui se soumettait sans difficulté à payer une somme si considérable pour sa délivrance, lui fit grâce de 200,000 besants. Mais le sultan étant mort peu de jours après, Louis éprouva de nouvelles difficultés. Les émirs voulurent que le roi confirmât, par un serment, le traité qui avait été conclu ; condition que le roi ne voulut pas admettre, soit par respect pour la religion, soit qu'il jugeât la chose inutile, ou bien encore qu'il pensât que la parole d'un roi était suffisante. Les émirs, irrités de cette résistance, tirèrent leurs sabres, et s'écrièrent, prêts à fondre sur lui : a Comment toi qui es notre prisonnier, tu voudrais nous traiter comme si nous étions tes esclaves! Choisi*

OU la mort ou le serment. » Cependant, sans s'émouvoir le roi se contenta de répondre : a Vous ètes^ à la vérité, les maîtres de mon corps ; mais mon âme est entre les mains de Dieu. Vous n'avez aucun pouvoir sur elle. » — Les Sarrasins admirèrent le courage et la délicatesse de conscience du roi, et cessèrent leurs instances.— Combien le serment devait être, pour ce souverain, une chose sainte et sacrée ! ( Beisp. des Guten,, S. 178).

h. Deux lépreux étant allés trouver le saint abbé Maxence pour implorer son secours, il leur tint ce langage : « Savez-vous bien pourquoi le Seigneur vous a punis par une maladie aussi hideuse ? C'est parce que vous avez l'habitude de jurer pour les plus légers motifs, et que vous profanez le saint nom de Dieu. Reconnaissez donc votre faute, déplorez-la, et prenez la ferme résolution de vous corriger. » — Touchés de ces sages conseils, les deux infirmes tombèrent aux pieds du saint et demandèrent humblement pardon à Dieu, sur quoi saint Maxence les frotta avec de l'huile bénite, et ils furent délivrés miraculeusement de leur maladie {Lohn» Bibl. II, 124).

3. Ne jurez pas contre la vérité. — Jurer contre la vérité, c'est assurer, par serment, une chose fausse ou douteuse, ou promettre ce qu'on n'a pas Vintention d'accomplir.

a. Pendant la guerre que les Machabées livraient à leurs ennemis, l'impie Alcime, qui avait obtenu du roi Démétrius la dignité de grand-prètre, avait reçu une armée de la part des ennemis, dans le but de faire la\ guerre à ses propres concitoyens. Il s'efforça, par des; truites de paix, de gagner les Juifs, et adressa des pa-

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rôles amicales à ceux qui lui avaient donné leur confiance; il alla même jusqu'à se servir du serment^ lorsqu'il leur dit : « Nous ne cherchons ni votre malheur, ni celui de vos amis. » Ils le crurent^ et lui livrèrent soixante hommes, qui furent tous tués le même jour. — A cette vue, l'épouvante et la crainte s'emparèrent du peuple, et ils se disaient les uns aux autres : « Il n'y a ni vérité ni justice parmi eux, car ils ont violé la parole qu'ils avaient donnée et le serment qu'ils avaient fait. » (1. Mac7i.l,iD.).

Andronique, gouverneur du royaume sous le roi Antiochus, s'était laissé corrompre par Ménélaûs, grand prêtre intrus, qui, par le moyen de vases d'or qu'il avait dérobés dans le temple, lui persuada de tuer Onias qui l'en avait accusé et s'était enfui dans un lieu sur près de Daphné. Andronique alla trouver Onias, et lui ayant persuadé, par sa parole qu'il lui donna avec serment, de sortir de l'asile où il était , il le tua aussitôt sans avoir égard à la parole donnée.

Pierre, en reniant par trois fois le Sauveur, fit un faux serment [Matth. 26. ).

b. Godwin, comte de Kent, fit assassiner le princo Alfred, lorsque, après la mort de Canut, il vint en Angleterre pour se charger du gouvernement de ce pays, et en 1044 il parvint à persuader aux Anglais de reconnaître pour roi le frère d' Alfred, le bon prince Edouard III, auquel il avait donné sa fille pour épouse. Un jour que le roi avait à sa table un grand nombre de seigneurs, parmi lesquels se trouvait Godwin, le page qui présentait à boire au prince fit un faux pas, sans cependant rien renverser. Pour dire qu'un de ses pieda avait affermi l'autre, le jeune homme usa de la sentence

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des livres saints, où il est dit que le frère soutenu par le frère est inébranlable. « Il est vrai, dit le roi, que si j'avais mon frère, nous nous servirions mutuellement d'un grand appui. » En proférant ces paroles, il jeta un coup d'œil sévère sur le comte, qui se flatta de dissuader ce prince religieux par un serment, a Que ce morceau, dit Godwin, en portant du pain à sa boucbe, soit le dernier que je mangerai de ma vie, si j'ai rien à me reprocher par rapport au meurtre du prince Alfred. » Le pain s'arrêta dans sa gorge, et l'étoufî'a, laissant aux convives à juger si cet accident était une punition divine ou un efî'et naturel du trouble qui agitait le coupable [Ber. Berc. t. 10.).

c. Il y a quelques années, une personne étant parvenue à engager trois hommes à assurer avec serment qu'elle avait payé comptant le cheval qu'elle retenait injustement et dont elle se disait la propriétaire, ces trois faux témoins moururent tous cette même semaine de mort subite. — Peu de temps après, le séducteur commit un meurtre et lut exécuté. — Cette histoire est d'une vérité incontestable, ajoute le véridique Overberg {Moral. hiBeisp, p. 381.),

d. Un prêtre fut appelé auprès d'un impie qui se mourait. Pour avoir fait un faux serment. Dieu lavait rendu sujet aux attaques d'apoplexie et privé du don de la parole. Quoiqu'il n'eût pas perdu la raison, aucune parole de consolation n'était capable de faire disparaître les marques de désespoir qu'on remarquait en lui. Comme on lui demandait quelle était la cause de son désespoir, il répondit en montrant sa langue et en levant les trois doigts de la main droite vers le ciel, comme on a coutume de faire quand on prête im scr-

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