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Tyane qui lui ferma ses portes. Mécontent de se voir ainsi arrêté dans le cours de ses conquêtes, il jura, dans sa colère, qu'il exterminerait tous les chiens qui se trouvaient dans cette ville. Les soldats, animés par l'espoir du pillage, pressèrent le siège avec une activité nouvelle, lorsqu'un riche citoyen de la ville, nommé Héraclamon, voulant échapper au malheur qui menaçait la ville, la trahit. Dès que AuréUen eut pris possession de Tyane, il fit assassiner ce traître. — Comme les soldats rappelaient à Fempereur la promesse qu'il avait faite et le pressaient fortement de les laisser, saccager la ville, il leur répondit : « J'ai seulement juré de ne laisser vivre aucun chien, tuez-les tous, si vous le voulez. » — n épargna la vie, la liberté et la fortune des habitants et laissa les enfants d'Héraclamon jouir en paix de toutes les possessions de leur père. — Aurélien, tout en se réjouissant de la trahison, détestait le traître. Lorsqu'il avait juré dans sa fureur d'exterminer tous les chiens, il avait voulu sans doute désigner les hommes; mais ayant reconnu qu'on n'est pas tenu d'accomplir le mal que l'on avait promis de faire, il permit seulement, pour sauver les apparences, qu'on tuât les chiens {Stolb, R. G. B. 9.).
c. Alboin, roi des Longobards, assiégeait Pavie depuis trois ans. Déconcerté par la résistance opiniâtre des habitants, il jura dans sa colère, qu'il les ferait tous passer au fil de l'épée, sans distinction d'âge ni de sexe. Une afîreuse disette vint au secours des assiégeants, et les assiégés, perdant tout espoir de pouvoir résister plus longtemps, ouvrirent leurs portes à l'ennemi. Redoutant le ressentiment du roi, ils s'étaituit renfermés dans leurs maisons, en attendant la mort ù
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laquelle ils croyaient ne pas pouvoir échapper. Mais Alboin fit publier qu'il pardonnait au peuple, qu'il lui faisait grâce de la vie et de la liberté, que sa seule intention était de fixer sa résidence dans cette ville, ajoutant que pour toute récompense il exigeait d'elle fidélité et obéissance {Idem. B. 20.).
d. Du temps de Grégoire, patriarche d'Antioche, une révolte ayant éclaté parmi les soldats, il accourut aussitôt pour tâcher de les rappeler â leur devoir. Les troupes refusaient de se soumettre à leur général Phihppique, parce que, disaient-elles, elles s'étaient obligées par serment à ne plus jamais le reconnaître pour leur général. « Eh bien ! reprit Grégoire, en ma quahté d'évèque, j'ai reçu le pouvoir de lier et de délier. En vertu de ces pleins pouvoirs, je vous délie de votre serment, dont la prestation est déjà à elle seule une injure faite à Dieu et à votre empereur, et dont l'exécution serait encore un crime et un péché infiniment plus considérable. » Calmés par ces sages paroles, les soldats allèrent trouver Philippique et se jetèrent à ses pieds. Le général leur donna la main en signe de réconciliation [Idem. 20.).
6. Les païens eux-mêmes regardaient le serment comme une chose sacrée,
a. Le fameux biographe des hommes célèbres, Plutarque, disait : « Le serment, pour un homme libre, c'est-â-dire pour un homme aux sentiments nobles, est un martyre. Pourquoi? Parce qu'il est peiné de voir que sa simple parole donne des doutes sur la vérité de ce qu'il afiîrme, et qu'il est en quelque sorte forcé de recourir â un témoin doué d'une science universelle. » — Combien plus le serment ne devrait-il pas être un
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vrai martyre pour le chrétien, lequel ne devrait en user que dans des cas d'une nécessité extrême [Plutarq. in Probl.).
i. Agésilas avait coutume de dire au sujet des barbares, dénomination qu'il donnait à toutes les nations étrangères/ parce qu'eDes méconnaissaient la sainteté du serment : « Qu'il nV avait rien qui attirât tant sur eux le ressentiment des dieux que Thabitude qulls avaient de violer leur serment sous les plus frivoles prétextes » {Ali an. 1. 4. var. hist.).
c. On raconte au sujet de Glinias, philosophe de l'antiquité, qu'il fat un jour puni d'une amende de trois talents. Il aurait pu se soustraire à cette peine, en faisant un serment, mais il aima mieux essuyer ce petit désagrément et payer la somme voulue que de jurer {S. Basil, in hom. leg. lib. gent.).
d. Suidas rapporte que les anciens avaient un tel respect pour leurs dieux, qu'au lieu de jurer, ils disaient : « Je le certifie par les rides de ma peau, par la verdure de cet arbre, par cette épée, par ce sceptre ; je l'atteste par cette flèche » {Suid. apud. Dresl. in Phot. c. 30.).
e. Périclès, orateur célèbre et homme d'état à Athènes, ayant été prié par son ami de manquer à son serment, afin de lui rendre service, il lui répondit qu'il était à la vérité son ami, mais non pas cependant jusqu'à l'autel [Plutarch. in Apopht.).
/. Les habitants de Sagonte, ancienne ville d'Espagne, assiégés par Annibal pendant la seconde guerre punique, voyant qu'ils ne pourraient tenir longtemps contre l'ennemi, élevèrent un grand monceau de bois, rallumèrent, et se précipitèrent eux et les leurs an
milieu des flammes, de crainte qu'ils ne fussent infidèles au serment de fidélité qu'ils avaient prêté aux Romains {Ziv. hist. 1. 12.).
g. M. Atill. Regulus, général romain, ayant été fait prisonnier par les Carthaginois pendant la première guerre punique, fut condamné à passer six années en prison à Carthage, au milieu des plus indignes traitements. La fortune de la guerre ayant changé, ses ennemis se virent obligés d'envoyer une députation à Rome, pour entamer des négociations de paix. Régules fut du nombre de la députation; mais on le força de promettre par serment que s'il ne réussissait pas à rétablir la paix, il retournerait dans sa prison. Arrivé à Rome, Regulus fut vivement sollicité d'assister aux séances du sénat, où au lieu de parler en faveur de la paix et de l'échange des prisonniers, il fut d'avis qu'il fallait continuer la guerre, parce qu'il croyait que cette mesure était à l'avantage du peuple romain. Tout le monde fut étonné d'entendre Regulus, personnellement intéressé dans cette affaire, parler avec autant d'indépendance et d'abnégation pour le salut de la patrie Cependant on chercha à le dissuader de retourner en prison si la guerre devait être continuée ; mais cet homme, noble et consciencieux, ne voulut point entendre parler de parjure : « Je sais bien, dit-il, le martyre qui m'attend à Garthage, mais je ne crains pas tant les cruels supplices du chevalet que l'infamie attachée au parjure, car elle me conduirait au tombeau. Mon devoir veut que je retourne à Gai'thage ; le reste, je le confie aux soins des dieux. » Il ne voulut pas même voir sa femrao et ses enfants, afin de n'être pas ébranlé par leurs larmes. Au miUeu des ^émissemeuts et des larmes de toute