PARTIE III. CHAPITRE II
la ville^ il monta gaîment sur le vaisseau avec les ambassadeurs de ses ennemis, et alla ainsi au-devant du cruel destin qui le menaçait. Lorsque les Carthaginois apprirent que c'était précisément lui qui s'était le plus opposé à la conclusion de la paix qu'ils désiraient si ardemment, ils lui coupèrent les paupières et l'exposèrent en cet état aux rayons brûlants du soleil. Après lui avoir fait souffrir encore mille autres tourments, ils le déposèrent dans un coffre en bois, hérissé intérieurement de pointes aiguës, et le laissèrent ainsi moiu'ir d'ime mort lente et au milieu d'indicibles tourments. — Combien l'exemple de ce païen ne devrait-il pas faire rougir tant de chrétiens paijures ( Valer. Maxim, 1. 9.) !
Remarque. Il y a eu et il y a encore chez différentes nations différentes manières de prêter serment. Ainsi les Arabes, qui descendaient d'Abraham par Ismaël, faisaient affluer le sang dans les doigts, lem^ faisaient une incision et léchaient le sang ou en frottaient sept pierres {Tacit. Ann. 1. 12. c. 47. et Hérodot, 1. 3. c. 8.).
Dans le Curland, ceux qui voulaient prêter serment devaient tenir le pied droit sur un caillou et avoir l'autre genou en terre, tenant à la main gauche un bâton blanc, tandis qu'on leur mettait sur la tête une poignée de gazon vert. Ils élevaient ensuite les deux grands doigts de la main droite et prononçaient ces paroles: a Si je jure faussement, puissé-je devenir aussi dur que cette pierre et aussi raide que ce bâton ! si, au contraire, je jure conformément à la vérité, puissé-je verdir comme ce gazon ! » — Les Perses ne juraient jamais par Dieu, mais pai' la te te du roi. —
iGG CATÉCHTSiTE mSTORIQTJE.
Les Chinois jurent par le sabre et par le hibou qn*ib rejxardent comme sacrés {Schreger's Zeilanwend. S. 546.).
SENTENCES
a. Ce n*cst pas dans les premiers 5ges du monde, mais dans des temps plus récents, quand le mal se fut propagé au loin et eut infecté toute la terre, après que les hommes eurent donné dans les absiu*des pratiques de ridolâtrie, et probablement après un long espace de temps, que le serment est devenu une habitude pour les hommes. Il a fallu qu'ils parvinssent à un profond degré de corruption, pour que leur caractère et leurs mœurs n'inspirassent plus de confiance à personne, et qu'il fallût prendre Dieu lui-même pour témoin ( S. Chrys. Hom. 26, ad popul. Antioch.).
h. De même qu'il n'est pas avantageux pour le corps de prendre des médecins qui ne sont pas nécessaires, mais que l'usage fréquent qu'on en fait nuit plutôt à la sauté ; de même il n'est pas non plus salutaire de faire usage du serment, lorsqu'on n'y est pas forcé pour des raisons justes et sérieuses {S, Aug. in Serm. Dom. in monte 1. i, c. 3).
c. Jurer en colère et en proférant des imprécations est la plus grande profanation du serment ( Id. in Psalm. 7).
d. Celui qui fait peu de cas du serment fait aussi peu d'estime de celui au nom duquel il jure, et du témoignage auquel la partie adverse donne sa confiance (/S'. Tlieron. in Ezech. 1. 5, c. 17).
c. Vous devez craindre le serment et coml)attre cette