PARTIE m. CHAPITRE II
le nom de « Lorette allemande. » [DeutscJie Loretto), Un autre pèlerinage célèbre, c'est celui de Notre- Dame -des-Ermites, en Suisse. Déjà depuis neuf cents ans, on y voit affluer un nombre presque incalculable de pèlerins de toutes les contrées de TEurope. Les grands jours de fêtes, comme à la Pentecôte, à l'Assomption, le chiffre des pèlerins s'élève souvent de 800 à 10,000, et on estime à 150,000 celui des communions annuelles. Ce pèlerinage doit son origine à saint Meinrad qui, au milieu du neuvième siècle, s'était retiré dans cet endroit couvert alors d'épaisses forêts, et s'était bâti un ermitage et une chapelle où il avait placé rimage de la sainte Vierge que l'on vénère encore aujourd'hui, n y vécut pendant vingt-cinq ans dans la pratique de toutes les vertus, lorsque, en 863, il fut tué par deux brigands. Sa cabane, restée inhabitée pendant plusieurs années, allait tomber en ruines lorsque, environ quarante ans plus tard, plusieurs personnages de distinction, attirés par la réputation de sainteté de saint Meinrad, vinrent fixer leur séjour dans cette soUtude, restaurèrent la chapelle et la cabane du saint, et se construisirent autour de petites habitations où ils vécurent en ermites ; d'où vient le nom de Maria Einsiedeln. Sous saint Eberhard, tous ces hommes qui vivaient ainsi solitaires furent réunis en une seule communauté claustrale et suivirent la règle de saint Benoit, et on éleva sur la cellule de saint ^leiurad une vaste et élégante église, de telle sorte que la celhile se trouva être au milieu même de l'église. Depuis 948, époque à laquelle elle doit avoir été consacrée d'une manière miraculeuse par les anges , les pèlerinages commencèrent et se sont continues jusf]u 'à nos jours.
182 CATÉCmS.VE HISTORIQUE.
— L'église actuelle^ à Feutrée de laquelle on remarque la sainte chapelle, est peut-être la plus belle et la plus grande de toutes les églises de la Suisse.
Un des pèlerinages les plus remarquables de Tltalie, c'est celui de Loretto. La chapelle était la demeure de la sainte Vierge à Nazareth, lorsqu'elle fut saluée par Tarchange Gabriel. D'après la légende, cette habitation fut transportée par un ange, en 1291, en Dalmatie, alors que des bandes innombrables de Sarrasins désolaient la Palestine, et, en particulier, Nazareth. De là, elle fut transférée dans la Marche d'Ancône, en Italie, le 10 du mois de décembre 1294. Ce lieu était une forêt appartenant à une pieuse femme nommée Loretta, d'où est venu le nom de ce pèlerinage. Huit mois après, on le transporta hors de cette forêt, sur une colline où elle est encore maintenant. On y bâtit une église que le pape Sixte-Quint éleva au rang de cathédrale. On y vit arriver en pèlerinage des rois, des empereurs, des princes qui, tous, y laissèrent les plus riches présents. Aussi, les trésors de cette église sont-ils les plus précieux de l'Italie. La savante reine de Suède, Christine, qui, en 1654, se convertit, à Rome, à la religion catholique^ y offrit sa couronne et son sceptre. Albert, archiduc d'Autriche , et son épouse, Claire- Eugénie, firent l'offrande d'un manteau orné de riches broderies en or, enrichi de 20,000 perles et de 2,500 diamants. Il coûtait au-delà de 30,000 ducats. Albert V, duc d'Autriche, envoya à Loretto une grande croix de la plus fine émeraude, et qu'on estimait à 12,000 ducats. Le donateur ne fut connu que plus tard, car il avait tu sou nom. Le duc Guillaume V (mort en 1026) y envoya, outre plusieurs dons de grand prix, un lusti*e eu argent du