‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 86 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II. i · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II. i

poids de 80 livres^ à quatre branches ; et^ lors du pèlerinage qu'il y fît en personne, il fît présent à la chapelle d'un magnifique petit livre en or , qu'on estimait à 8,000 florins d'or ( d'après Herbst's Exempelbuch. II, 477, etc.).

c. Faites tos pèlerinages en esprit de pénitence. Dans le moyen âge, on avait coutume d'imposer les pèlerinages en guise d'œuvres satisfactoires, comme pour des meurtres, des crimes de sodomie, et pour la simonie. Ces pénitents-là faisaient ce qu'on nommait alors la « profonde pénitence. » Ils allaient souvent les pieds et les mains chargés de chaînes et de cordes, la tète découverte, et marchant nu-pieds. Ils ne prenaient aucune nourriture chaude, ne pouvaient point prendre de bains, ne passaient jamais la nuit dans un lit, mais dormaient la plupart du temps en plein air, jusqu'à ce que le temps de leur pénitence fût accompli [S. Theo^ dur. Cantuar. lib. pœn. tit. 3).

Lorsque, en 1099, les croisés se furent emparés de Jérusalem , le pieux Godefroi, qui s'était abstenu du carnage après la victoire, quitta ses compagnons, et, suivi de ses serviteurs, se rendit sans armes et les pieds nus à l'église du Saint-Sépulcre. Bientôt la nouvelle de cet acte de dévotion se répand dans l'armée chrétienne ; aussitôt toutes les vengeances s'apaisent ; les croisés se dépouillent de leurs habits sanglants, font retentir Jérusalem de leurs sanglots, et conduits par le clergé, marchent ensemble, les pieds nus, la tète découverte, vers l'église de la Résurrection

Le duc Charles de Blois, fils de Louis de Chàtillon, outre ses jeunes fréquents et rigoureux, portait sans cesse sur son corps les instruments de la mortification

la plus recherchée. Sous la pourpre et sous la cuh*asse, à la cour et dans les camps, il était couvert sur la peau d'un rude cilice. Dans la dernière bataille où il perdit la vie, on le trouva revêtu de cette armure spirituelle, qu'il n'était plus en état de dissimuler, comme auparavant.

Quoiqu'on ne soit pas obligé de reproduire ces exemples dans toute leur austérité, ils nous avertissent cependant que nous devons toujours faire nos pèlerinages en esprit de pénitence, et non pas seulement par pure récréation ou par curiosité.

d. Abus dans les pèlerinages.

Un concile tenu à Ghàlons, en 8i 3, fait mention de toute espèce d'abus qui déjà à cette époque s'étaient introduits dans les pèlerinages. Beaucoup parmi ceux qui allaient en pèlerinage .s'imaginaient par là avoir suffisamment satisfait à toutes les obligations de leur état. D'autres croyaient, par ce moyen, obtenir le pardon de tous les péchés qu'ils avaient commis et qu'ils commettraient à l'avenir, sans être pour cela obligés de faire pénitence. Les grands et les princes se servaient souvent des pèlerinages comme d'un prétexte pour imposer à leurs sujets de nouveaux impôts et pour opprimer les pauvres. Enfin, on vit souvent les indigents n'entreprendre des pèlerinages que parce qu'on leur accordait des lettres de tranchises qui leur permettaient de mendier et de recueillir partout de riches aumônes, vivant ainsi commodément et sans souci aux dépens de personnes riches, sans s'inquiéter nidlement de leur existence. Au reste, les évùques ont toujours fait un grand éloge des pèlerinages de ceux qui ne les entreprenaient que pour remplir l'obligation qui leur était

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