PARTIE III. CHAPITRE II
imposée par leurs confesseurs^ et dans le but de satisfaire pour leurs péchés. Seulement^ il fallait qu'on y joignit les prières, les aumônes, avec le ferme désir de devenir meilleur.
Saint Grégoire deNysse [epist. ad Eustach.] déclare que nous ne sommes nullement obligés à fcure des pèlerinages, puisque Jésus-Christ ne nous a rien prescrit de semblable dans son Evangile. Il déplore amèrement que cette espèce de dévotion soit considérée par quelques-uns comme quelque chose d'essentiel, comme si Ton ne pouvait être un vrai chrétien sans avoir été à Jérusalem. Il avertit spécialement les femmes de s'abstenir de périgrinations lointaines, attendu qu'elles ne ^auraient entreprendre ces voyages sans être accompagnées par des hommes pour leur prêter secoiurs et les assister pendant la route. Il signale surtout les dangers que l'on rencontre dans les hôtels, à cause de la débauche qui y règne. Il vaut mieux, ajoute-t-il, voyager en esprit et élever son cœur vers Dieu, que d'aller en Palestine seulement de corps sans aucun profit pour lame.
Saint Boniface, apôtre de l'Allemagne, écrivant à saint Gutbert, archevêque de Canterbury, lui représentait les fréquents voyages qu'on faisait à Rome comme une source de scandale pour toute l'Eglise, attendu que le sexe ainsi qu'une foule de jeunes personnes qui entreprenaient ces longues et périlleuses courses, avaient souvent à déplorer la perte du précieux trésor de leur virginité [Ber. Berc. Hist. de l'Egl.
Saint Jérôme écrivait de son côté [Hom. 1, in epist. ad Philom.) : « Pour obtenir le pardon de ses péchés, 11. ''■ ^
186 CATÉCHISME IIÎSTORTOUE.
il n'est pas nécessaire de dépenser beaucoup d'argent, et de faire de longs voyages. » Et saint Augustin : « Dieu n'a pas dit : Allez en Orient, vous y trouverez la justification ; ou bien encore : Faites voile pour TOccident, afin d'obtenir miséricorde, mais il a dit : Pardonnez à vos ennemis et à ceux qui vous ont fait quelque tort, et il vous sera pardonné. On peut abuser de tout, et c'est ici le cas de dire : Eloignez l'abus et conservez le bon usage. Sans doute, les petits pèlerinages sont préférables aux grands. »
Remarque. Nous trouvons aussi l'usage des pèlerinages chez les païens. Ainsi, ils avaient à Epidaure un temple dédié à Esculape (Dieu de la santé), où ils allaient en pèlerinage pour les infirmes et apportaient des images votives pour obtenir la guérison. A Lybie, se trouvait le temple de Jupiter Àmmon, où Alexandre-le- Grand lui-même, ce puissant triomphateur, entreprit avec son armée un voyage extrêmement pénible à travers les sables brûlants du désert, dans le but de s'attirer, par des offrandes et des prières, les faveurs de cette divinité {Curlius, 1. 4, c. 7).
Les Gaulois organisaient aussi des pèlerinages en l'honneur de leur divinité Tentâtes ou Mercure, qu'ils ornaient des pieds à la tête à' ex voto avec des jambes et des pieds de bois {S. Greg, Tur, de vit. Patr.).
Les Indiens se rendaient souvent et en grand nombre en pèlerinage dans leurs pagodes^ ou temples. Les habitants de la Chine et du Japon allaient de même en pèlerinage dans leurs mias ou temples de leurs divinités {Benterinis Denhw. B. G),