PARTIE III. CHAPITRE H
pain et à Teaii. — Celui qui avait parlé pendant l'office divin ou qui l'avait troublé en quelque manière, jeûnait dix jours au pain et à Teau. En 305, le concile d'Elvire statua que le fidèle qui habitait une ville où se trouvait une église, et passait trois dimanches de suite sans y paraître, devrait en être exclu pendant un temps égal à celui qu'avait duré son infraction {.Stolh. tom. 9. Hist. de J.-C).
En Hongrie, il parut en 1016 une loi civile qui ordonnait qu on raserait la tète à tous ceux qui, par insouciance ou légèreté, négligeraient d'assister à la messe et au sermon, afin que chacun put facilement les reconnaître. — Combien de tètes chauves ne verrions-nous pas de nos joints, si cette loi était encore en vigueur ! {Biiiterim's De/ihcardigTieiten. 5. B. S. 140).
Rudolphe, évèque de Bourges, défend aussi les travaux domestiques auxquels les personnes du sexe ont coutume de se livrer. « Les femmes, dit-il, ne doivent ni filer, ni tricoter, ni faire des habits, ni laver, ni repasser, ni carder la laine, ni tondre les moutons, afin de ne point troubler le repos du dimanche » {Le même, p. 150).
4. Du zèle qu'il faut avoir pour la sanctification du dimanche.
. a. Après une mission en Crète, saint Nicon se retira dans le Péloponèse, où le Seigneur le rendit vénérable aux grands et au peuple par le don de prophétie et par celui des miracles. Un dimanche , pendant les vêpres, le gouverneur, nommé Grégoire, jouait à la paume auprès de l'église ; Nicon^ ofïensé du tumulto
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qui troublait Toffice, sortit du lieu saint^ et reprit les joueurs avec beaucoup de liberté. Grégoire, qui perdait, s'emporta contre le saint et le fit chasser de la ville. Voulant ensuite continuer son jeu, il fut tout à coup frappé de paralysie, et se sentit par tout le corps de cruelles douleurs. Tous les remèdes dont il essaya furent inutiles. Il rappela saint Nicon, par le conseil de l'évèque, et lui demanda pardon. — Le saint, sans lui faire aucun reproche, le guérit et en fit un de ses plus zélés défenseurs contre l8s ennemis de la vertu {Bcr. Berc. t. 10).
b. Saint Ambroise, archevêque de Milan, ayant remarqué, un jour de dimanche, une dame qui allait à Téglise avec un costume d'un luxe excessif, il s'avança près d'elle et lui dit d'un ton sévère : « Où allez-vous ? — A Féglise, répondit l'élégante dame. — On croirait bien plutôt, reprit le saint homme, que vous allez à la danse ou à la comédie, car la parure recherchée que je remarque en vous sied à merveille pour ces sortes de cieux ! Retirez- vous d'ici, et aUez pleurer dans la retraite le désordre de votre conduite : gardez -vous de venir à l'église insulter par votre vanité et votre luxe à la majesté de Dieu, et d'attirer sur vos vêtements les yeux des fidèles et les détourner de l'autel où réside le Tout-Puissant. » — Que la présence d'un saint Ambroise serait nécessaire dans nos églises pour en chasser tous ceux qui n'y entrent que pour y étaler leur vanité et leur orgueil {Moral in Beîspieîen. S. 37-4).
c. Pendant tout le temps que Thomas Morus, chancelier d'Angleterre et héros de la foi, fut en prison par suite de son attachement inviolable à la doctrine catholique, il ne cessa de se rendre à l'église en habits plus