PARTIE III. CnAriTRE II
beaux et plus précieux qu'à rordiuaire. Comme on lui demandait pourquoi il agissait ainsi^ puisque dans sa prison il ne pouvait être vu que par un très-petit nombre de personnes, il répondit : « J'ai toujours eu pour habitude de paraître les jours de dimanches et de fêtes dans un costume plus soigné ; et cela, non pour plaire au monde ou par respect pour ma personne, mais par esprit de vénéa^ation et d'amour pour Dieu » [Idem, p. 382).
d. M. de Cheverus, missionnaire en Afrique, et depuis évèque de Montauban et archevêque de Bordeaux, après avoir visité les cathohques de sa mission, se rendit dans le pays de Penobscot et Passamaquody, où vivaient une multitude de sauvages, errant à travers les bois, sans habitation fixe, et partageant tout leur temps entre la chasse et la pèche. Accompagné d'un guide, il marchait depuis plusieurs jours, au miheu d'une sombre forêt, lorsqu'un matin (c'était le dimanche), un grand nombre de voix chantant avec ensemble et harmonie, se font entendre dans le lointain. M. de Cheverus écoute, s'avance, et, à son grand étonnement, il discerne un chant qui lui est connu, la messe royale de Dumont, dont retentissent nos grandes églises et nos cathédrales de France dans nos belles solennités. Quelle aimable surprise et que de douces émotions son cœur éprouva ! n trouva à la fois dans cette scène Tattendrissant et le sublime; car quoi de plus attendrissant que de voir un peuple sauvage, qui est sans prêtre depuis cinquante ans, et qui n'en est pas moins fidèle à solcnniser le jour du Seigneur; et quoi de plus sublime que ces chants sacrés, présidés par la piété seule, retentissant au loin dans cette immense et majesUicuse furet, eu
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même temps qu'ils étaient portés au ciel par tous les cœurs ! [Guillois].
e. Ce n'est qu'en France qu'on oublie qu'il y a dans la semaine un jour consacré au repos et au culte de la divinité ; c'est une situation qui nous est toute particulière (1), car si quelqu'un s'avisait d'aller s'établir en boutique ou en magasin dans des villes telles q^ae Londres, Amsterdam, Hambourg, Philadelphie et t^utres, et de faire mettre sur son enseigne: Ici on xciid le dimanche; ce magasin est ouvert le dimanche; si une telle envie Tenait à quelque marchand parisien, il verrait de quelle manière sa porte et ses fenêtres seraient maltraitées par les passants, et dans quel état on lui mettrait sa boutique {Le même).
f. Un capitaine anglais, homme d'une grande piété, nommé Antoine Harris, avait pris la ferme résolution de ne jamais voyager sur mer un jour de dimanche, détermination qui lui attira un déluge de railleries et de sarcasmes. Un jour, surtout, sa résolution fut soumise à une forte épreuve, car il arriva que son vaisseau se trouvant prêt à être mis à la voile, le vent se montra, pendant trois semaines, très-défavorable, tandis que ce fut précisément le contraire les jours de dimanche. Les capitaines des autres vaisseaux profitèrent du vent favorable et partirent, pendant qu'Antoine Harris resta sur le port et devint l'objet de la risée de tout le monde. Enfin, le vent ayant changé, il put mettre à
(1) Le scandale donné par la France ne laisse pas d'avoir quelque rctcnlisscmcnt dans les contrées qui l'avoisincnt; mais hAtons-nous de dire qu'il se fait un grand retour vers la sanctificaiion du dimanche. Puisse rinliucnce du bon exemple Ctr« aussi puissante que la clé celle du mauvais.