PARTIE III. CHATITRE II
moi j'avais toujours raison ; ma colère et mon obstination ont été la cause de scènes nombreuses et terribles^ dont je rougis encore en y pensant. Maintenant, nous vivons avec plus de concorde ; la charité et la paix régnent au milieu de nous ; nos enfants,, n'ayant plus tant de mauvais exemples sous les yeux sont aussi devenus meilleurs.» — Profondément ému en entendant ces paroles, le marchand tira sa bourse, et offrit deux ducats au cordonnier, en lui disant : « Acceptez ceci comme un souvenir de mon affection. Gomme je n'ai pu prévoir, qu'en suivant mon conseil, vous n'éprouveriez aucun dommage, depuis le joiu* de notre accord j'ai mis tous les mois quelqu'argent de côté, afin de pouvoir remplir ma promesse ; acceptez ce souvenir comme une marque de la satisfaction que j'ai de voir mon conseil réalisé. — Vous avez expérimenté par Yous-méme que, quand nous faisons notre possible. Dieu, de son côté, ne manque jamais de venir à notre aide » {Réflexions morales, t. 3, p. 25).
i. Le bienheureux Georges Gasteiner nous donne un bel exemple du zèle qu'il faut avoir pour la sanctification du dimanche. Il était né en 1561 dans une pauvre habitation de paysan, non loin du célèbre pèlerinage d'Altœtting.De bonne heiu?e, ses pieux parents s'étaient efforcés d'implanter dans son cœur encore jeune et impressionnable les semences de la vertu. Bientôt le petit put prendre part à tous les exercices rehgicux qu'on avait coutume de faire dans la maison. Avec l'âge son zèle pour le servi^ce s'accrut encore. Les dimanches et fêtes, nonobstant les temps les plus rigoureux, il se rendait de bonne heure à l'église, et lorsqu'il voyait qu'il ne poiurait revenir à la maison avant
le dilier, sans manquer Toffice du soir, il prenait un morceau de pain dans sa poche, le mangeait à l'heure du diner, puis retournait à l'église. Le reste du temps il le passait au heu saint, occupé à de pieuses lectures, dont il racontait le contenu à ses parents, comme il le faisait pour le sermon et les instructions religieuses. Lorsque, après la mort de ses parents, il se vit chargé du soin de gouverner la maison, il s'occupa avant tout à y faire briller les vertus chrétiennes dans toute leur pureté, et s'apphqua avec un soin tout particulier à faire sanctifier le dimanche. Dans l'état du mariage, il eut une fîHe qui fut initiée de bonne heure aux enseignements de la religion ; elle entra dans un ordre religieux. Quant à lui, il vécut encore trente ans après la mort de sa femme et parvint à une grande vieillesse. Sa faiblesse ne lui permettant plus alors d'aller à l'église, et étant en outre devenu aveugle, il méditait sur la vie de Jésus-Christ et de sa sainte Mère. Il mourut en 1659. Encore deux ans de plus, et il eût atteint sa centième année. — « Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur, dès maintenant, dit l'Esprit, ils se reposeront de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. » {Apocalyp. 14. 13). — Nach Domaiiikd' s Lehre, S. G-i3).
li. Il est raconté au sujet de sainte Nothburg, morte à Rottenbourg, en 1313, que, lors de son entrée au service d'un paysan, il fut convenu entre eux que, dès que la cloche du soir sonnerait le samedi, elle pourrait cesser son travail et se préparer à la solennité du dimanche. Mais il arriva qu'un jour son maître ne vouhit point la laisser jouir de ce droit et se mit à se railler de sa trop grande délicatesse. Eprise d'un saint