PARTIE m. CHAriTRE II
les hommes et les femmes avaient une entrée et une place particulière à Téglise. Une paroi séparait les deux sexes; les hommes occupaient le côté droit et les femmes le côté gauche, ou bien encore là où se trouvaient des chœurs, les femmes étaient placées en haut et les hommes en bas. Dans les grandes églises, les filles et les veuves étaient séparées des femmes mariées {Cotisé. apost.l. 2, c. 57). A l'extrémité delà place occupée par les femmes, était placée une diaconesse, et à celle des hommes, un ecclésiastique, afin que, comme dit saint Chrysostôme, il ne se passât rien d'indécent (Hom. in Maith. 74).
a. Lorsque saint Arsène allait à l'église, il se plaçait toujours derrière un pilier, afin de n'être vu de personne et de ne voir lui-même personne. Par ce moyen, il tâchait d'éviter, dans la prière, tout ce qui pourrait être, et pour lui et pour les autres, un sujet de distraction {Ber. Berc. Hist. de l'Egl., tom. 4).
f. Saint Giégoire de Nazianze raconte au sujet de sa mère sainte Nonna, qu'elle ne tournait jamais le dos à l'autel même en sortant de l'église, et qu'elle ne cracha jamais sur le pavé de l'égUse, tant la maison du Seigneur lui inspirait de respect [S, Greg, Orat. 19. in fun. patris).
g. Les ermites de la Haute-Egypte observaient le plus profond silence pendant le long trajet qu'ils avaient à faire pour se rendi^e à l'église. Ils faisaient même tout leur possible pour ne pas tousser ni éternuer ; pendant la prière, ils ne poussaient point de soupirs pour ne point distraire les autres. On n'entendait que la voix du prêtre récitant les prières et ofirant le saint sacrifice de la uicssc {Caas. Institut., 1. H, c lUj.
208 CATÉCHISME HTSTOTITOÏÏÉ.
//. Saint Jean Cliraaqnc disait {Iliinmelsl. Stuf.) : « Lorsqne nons priions à Téglisc et que notre abbé s'apercevait que quelques-uns causaient, il leur imposait pour pénitence de rester pendant toute la semaine debout devant la porte de l'église durant la sainte Messe, et de demander pardon à tous ceux qui entraient du scandale qu'ils avaient donné. »
i. Saint Jean rAumônier ne pouvait supporter que Ton parlât à l'église. Tous ceux qui s'y rendaient coupables de cette irrévérence, il les en chassait en présence de tout le monde, en leur disant : « Si vous êtes venus ici pour prier, vous ne devez vous servir de votre langue et de votre esprit pour rien autre. Si, au contraire, vous y êtes venus pour vous occuper de choses inutiles, écoutez ce que le Seigneur vous dit dans son évangile : « Ma maison est une maison de prière et vous en faites une caverne de voleurs a (Lect. in ej, vit. c. 42).
A. Dioclétien, empereur païen, avait, sous peine de mort, défendu aux chrétiens d'assister les dimanches aux offices divins. Toutefois saint Saturnin, sainte Victoire et plusieurs autres saints de l'Afrique ne se laissèrent pas ébranler par ces menaces. Lorsqu'on se fut emparé de leur personne, on les mit à la torture, on les déchira avec des ongles, mais au milieu de tous ces supplices ils déclarèrent avec fermeté que l'assistance aux offices du dimanche était pour eux un devoir indispensable, et que celui qui le négligeait se rendait coupable d'un crime énorme. « Pour nous, nous faisons notre possible pour le remplir. Jamais nous ne manquons d'assister aux assemblées religieuses. Nous sommes fidèles au précepte divin^ dût notre fidélité nous