‹ Catéchisme historiqueChapitre 100 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II. 20o · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II. 20o

Machabées; ils formaient ce qu'on nommait les anciens austères croyants. Ils étaient en grande vénération parmi le peuple et jouissaient d'une influence considérable. Mais ce furent précisément ces marques de respect et de vénération qui les rendirent suffisants, orgueilleux et hypocrites. Dans l'observation de la loi mosaïque, ils s'en tenaient surtout à la partie cérémo- * nielle qu'ils observaient beaucoup • mieux que celle qui regardait les mœurs, qu'ils expliquaient et commentaient au gré de leur fantaisie. Ainsi, lorsqu'il était question de l'amour du prochain, dont le premier commandement nous fait une obligation, ils ne comprenaient sous cette dénomination que leurs amis, disant qu'il était permis de haïr ses ennemis. La colère et les pensées d'impureté, ils ne les considéraient que comme des fautes légères, tandis qu'ils prescrivaient vingt-six observances dans la manière de se laver les mains le matin. Selon leurs prescriptions, chaque Israélite devait, avant de manger un petit morceau de pain, tenir la main-levée avant de commencer, et l'abaisser ensuite lorsqu'il avait fini. Les mains, on ne les lavait que jusqu'aux jointures. Celui qui n'observait pas ces usages ponctuellement, était regardé comme un infidèle et un pécheur; ils allaient même jusqu'à qualifier du nom de meurtrier celui qui omettait de laver ses mains après avoir mangé. Celui qui sortait d'une maison devait se baigner, ou au moins plonger ses mains dans l'eau, en écartant les doigts. Ils avaient soin de passer l'eau qu'ils buvaient de peur d'avaler un moucheron, ce qui était déclaré impur par la loi et les eût euxmêmes souillés (Matth. 23, 2i). Os jeûnaient deux fois la semaine, le jeudi, jour où Moïse devait être monté

20G CATÉCTTTSM13 HTSTOMQUB.

sur le Sinaï, et le lundi en mémoire de sa descente. îls aimaient à exercer en public toutes leurs cérémonies religieuses et leurs pratiques pieuses, telles que l'aumône, etc., afin de s'attirer les louanges du peuple. Plus ils étaient avides de louanges, plus ils étaient froisséset humiliés des reproches que leur faisait publiquement le Sauveur. Cependant il y avait aussi parmi eux des hommes vraiment pieux et craignant Dieu; tels étaient Nicodème, Joseph d'Arimathie, Gamaliel, etc.

Quant aux Saducéens, c'étaient les libres penseurs de cette époque. Niant l'immortalité de l'àme, l'existence des Anges, ils prétendaient qu'il ne fallait servir Dieu qu'en vue des récompenses temporelles, et que le but suprême de l'homme était la satisfaction de ses penchants. Le Seigneur était aussi pour eux une épine dans l'œil, puisqu'il condamnait leurs principes et leur genre de vie, et prêchait le renoncement à soi-même.

Les docteurs de la loi appartenaient soit aux Pharisiens, soit aux Saducéens, quoique la plupart se trouvassent parmi les premiers, dans les intérêts desquels ils travaillaient. Ils s'occupaient aussi à calmer les dissensions qui s'élevaient parmi le peuple.

La dignité de grand-prêtre était devenue, du temps de Jésus-Christ, une place vénale. Dans les commencements, le grand-prêtre était toujours choisi parmi les descendants de la famille d'Aaron, et élu librement par le suprême conseil après avoir imploré l'assistance du Saint-Esprit. Hérode fut le premier qui commença à l'accorder arbitrairement au plus offrant; les gouvernements de Rome suivirent son exemple. C'est pourquoi les grands-prêtres perdirent peu à peu toute considération dans l'esprit du peuple juif qui ne les appela

Page 1