PARTIE I. CHAPITRE II
8. Il est souvent fait mention du Jourdain dans l'ancien Testament à Foccasion des guerres des Hébreux avec les Maintes, les Ammonites, les Madianites, Les Philistins, et à Fépoque des Machabées. Naaman, couvert de lèpre, vint se baigner dans le Jourdain par ordre d'Elisée, et fut guéri. Mais ce fleuve doit surtout sa célébrité à saint Jean-Baptiste et au baptême de notre ' Sauveur. Toute la Judée y affluait pour entendre les prédications du saint Précurseur: le peuple confessait ses péchés et il était baptisé par lui dans le Jourdain. Jésus vint aussi de la Galilée pour être baptisé. Plus tard des solitaires vinrent en foule habiter ces rivages. Le Jourdain est le seul fleuve de la Palestine. Il a trois sources : le Banias, le Dan et le Nahr Hasbani. Ces trois rivières réunies forment le Jourdain qui se jette dans les eaux du Mêrcm (eaux de la hauteur) selon TEcriture, et entre au bout de six heures dans le lac de Génésareth. Ce lac, appelé aussi mer de Galilée, a une longueur de sept lieues sur deux de largeur. Il est très-profond ; son eau est claire et douce ; il est trèspoissonneux, mais il est souvent agité par les tempêtes. Le pays qui entoure le lac était, du temps de Jésus- Christ, l'un des plus magnifiques. Il y avait autrefois sur ses bords les villes de Tibérias, de Capharnaùm et de Bethsaïda dont aucune n'existe plus maintenant. Les délicieuses prairies au milieu desquelles le Sauveur pu' «liait, sont aujourd'hui stériles à cause de l'état d'abandon dans lequel on les a laissées. Lorsque le Jourdain sort de la mer de Galilée, il parcourt encore, en serpentant, un espace de trente lieues en se dirigeant i le sud, dans un lit, tantôt large de trente, tantôt de quatie-wiiut-dix ou davantage encore sur sept à
douze de profondeur, pour eiiûn se précipiter dans la mer Morte, ainsi nommée parce qu'aucun être vivant ne peut subsister dans son eau. Lorsque le Jourdain y amène un poisson, il meurt à l'instant même. Son eau est plus salée que celle de toutes les autres mers, et les vapeurs qui s'en échappent s'élèvent dans l'air et forment d'épaisses colonnes de fumée qui répandent une odeur si insupportable, que les oiseaux qui voltigent au-dessus ne peuvent la supporter et périssent. A part quelques roseaux qui se dressent sur des monticules sablonneux, du côté de la Judée, on n'y voit pas un seul arbre, pas une plante. Le rivage couvert d'une bordure de sel est blanc et parait calciné ; le sol est couvert de cendre et de sel. Son eau n'est jamais froide, mais souvent chaude ; elle fait enfler les lèvres qui la touchent. L'eau du Jourdain, au contraire, a une couleur jaunâtre, mais elle est très-saine et agréable à boire (D'après Gféramb. — Mislin cité par le trad.).
Le désert de la Qurantaine est situé au nord-ouest de la montagne des Oliviers; il est appelé ainsi parce notre Sauveur y a jeûné quarante jours et quarante nuits. On montre encore aux pèlerins les pierres que le démon lui disait de changer en pains. Toute cette contrée appartient à cette ligne de désert qui touchant aux portes de Jérusalem, s'étend au couchant de la mer Morte, et va se réunir vers le sud à ceux de l'Arabie; c'est une terre brûlée, détruite, bouleversée jusque dans ses entrailles. « Un feu s'est allumé dans ma colère, a dit le Seigneur, et il brûlera jusque dams les entrailles de l'enfer; il dévorera la terre avec ses germes et il consummora les foQdementfl delà montagne, o (DêUt. ::\ 23