‹ Catéchisme historiqueChapitre 104 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II. 2il · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II. 2il

la cinquième; c'est là que Simon aida Jésus à porter sa croix. Huit pas au-delà près de la sixième, est remplacement de la maison de sainte Véronique. On montre encore l'endroit où cette sainte, pénétrant à travers la foule, se jeta aux pieds de Jésus et lui essuya le visage. Après avoir franchi la distance de cent pas, on arrive à la porte du jugement, par laquelle passaient les cri- minels qu'on conduisait sur la montagne du Calvaire pour les mettre à mort. Depuis cette porte jusqu'à l'endroit où Jésus tomba pour la deuxième fois et qui est la septième station, on compte quatre-vingts pas. A environ trente toises plus loin se trouve la huitième : c'est là que Jésus rencontra les femmes qui pleuraient. Le chemin que le Sauveur suivit alors pour arriver au Calvaire, et où se trouve la neuvième station, est aujourd'hui couvert de maisons, Les trois dernières stations sont renfermées dans l'église du Saint-Sépulcre. A droite de l'entrée de cette église, s'élève la montagne du Calvaire. — Lorsqu'il est question delà montagne du Calvaire ou du Golgotha, il ne faut pas se représenter une montagne escarpée et difficile à gravir; ce n'est qu'une continuation de la hauteur sur laquelle le Seigneur monta chargé de sa croix. Aujourd'hui la montagne du Calvaire forme une masse de rochers qui s'élèvent depuis le sol de l'église du Sépulcre, où étaient autrefois les jardins de Joseph d'Arimathie., à une hauteur de dix-huit à vingt pieds. Huit à dix degrés escarpés conduisent depuis l'église du Sépulcre jusqu'au plateau où Jésus mourut sur la croix. Là s'élève une chapelle de douze à quatorze pieds de longueur, sur dix à douze <]<• largeur. Elle est traversée au milieu par un cable massif, de forme polygonale, et

212 CATÉCSHISMB HISTOM0UB.

qui en fait deux petites chapelles ayant .chacune un autel. L'une renferme le lieu où l'Agneau de Dieu fut élevé sur la croix; le pavé en est recouvert de marbre et de mosaïques, où prédomine la couleur du sang; elle appartient aux catholiques et est sans cesse éclairée par un grand nombre de lampes. L'autre contient l'endroit où mourut le Sauveur des hommes; elle appartient aux Grecs. Vingt-six lampes d'argent qui y brûlent nuit et jour, rappellent l'adorable mystère qui s'y est accompli. Son pavé est aussi en marbre; une croix y est gravée pour rappeler le genre de mort que souffrit Jésus-Christ. — Un autel s'élève au-dessus de l'ouverture pratiquée dans les rochers où fut déposé le corps du Sauveur. Si l'on veut visiter de plus près cette ouverture, on est obligé de ramper sur la terre, en passant sous l'autel. Cette caverne arrosée du sang d'un Dieu est toute recouverte d'une plaque en argent jusqu'à une ouverture de la largeur de la main. A une distance de deux pas de cette caverne, derrière un grillage en argent, on voit les fentes des rochers, dont parle saint Matthieu et auquel fait allusion saint Cyrille, évêque de Jérusalem, lorsqu'il dit : « Le Golgotha montre encore aujourd'hui le rocher qui se fendit à ist. » Cette fente de rocher est, dans la partie supérieure, au moins de l'épaisseur d'une main (D'après Qéramb. et les katol. Blaetter, 1845).

5. Le Crucifiement était la peine de mort à la fois la plus infamante et la plus douloui jà, dans la

loi <;' I Dent. 24, -2'.).), il était dit : «Lorsqu'un

'homme aura commis un crime digne de mort, et qu'ayant été condamné â mourir, il aura été pendu à unepolencc, son corps n"y demeurera point attaché,

parce que celui qui est attaché au bois est maudit de Dieu. » Les rabbins disent, au rapport de Stolberg {Hist. Eccl. v. 5.), que, d'après une coutume des Juifs, ceux qui étaient morts par la corde ou la lapidation étaient suspendus à une p#otence, et qu'il était défendu de prier pour l'àme de celui qui avait subi ce supplice. Les Romains condamnaient à ce genre de mort les esclaves qui] s'étaient rendus coupables de quelque crime, les voleurs, les meurtriers, les séditieux, au nombre desquels les ennemis de Jésus-Christ voulaient le placer. — Cicéron lui-même disait déjà (In Verr. v. 64. ), que le crucifiement était le genre de mort lo plus effroyable, et qu'il devait être soustrait aux regards de l'humanité . On peut voir, par les détails suivants, quels affreux tourments enduraient les crucifiés. Premièrement, on enfonçait les clous aux endroits de mains et des pieds où se trouve le plus grand nombre de nerfs. Tout le poids du corps étant supporté par ces clous, les blessures devenaient de plus en plus grandes par le déchirement continuel qu'occasionnaient les moindres mouvements du corps. Deuxièmement, les nombreuses blessures occasionnées par la flagellation ne tardaient pas à s'enflammer au contact de l'air, et cette inflammation ne faisait qu'ajouter aux tourments. Troisièmement, la circulation du sang était subitement interrompue, et comme les bras étaient élevés, le sang se répandait en plus grande abondance dans la poitrine et dans la tête, et produisait une oppression et des tourments que nulle plume ne pourrait décrire. De plus, la perte considérable du sang occasionnait une soif brûlante. Quatrièmement, le crucifié vivait jusqu'au troisième et quelquefois jusqu'au septième jour

214 CATÉCHISA HKTQBTOUB.

au milieu de ces tortures qui ne faisaient que s'aceroîtiv. sans laisser au pain-ut Le plus petit instant de repos. Aussi Pilate s'étonna-t-il que Jésus mourût déjà le premier jour ; il en fit faire un rapport au centenier, et, {Marc, 45, 44. ) pour plus de sûreté, on perça le cœur de Jésus, et il en sortit du sang et de l'eau. — Saint Denys l'Aréopagite fait cette remarque touchant les ténèbres qui couvrirent subitement la terre le vendredi saint : « Je me trouvais à Héliopolis en Egypte, lorsque survint tout -à-coup une obscurité affreuse qu'il était impossible d'expliquer naturellement, puisque c'était au temps de la pleine lune ; je m'écriai alors : Ou le Dieu de la nature souffre, ou le momie se détraque. » Un autre païen, Phlégon, un affranchi de l'empereur Adrien, atteste aussi que, dans l'année de la vingt-deuxième Olympiade, qui était précisément celle de la mort de Jésus-Christ, il y eut une si grande éclipse de soleil qu'on pouvait, en plein midi, voir les étoiles du ciel (Apiïd Euseb. ehron. John, archeol. Mal. ri Calm. Leœic. Hbl.).

* 6. Un autre fait non moins remarquable, c'est celui de Y invention de la croix sur laquelle Jésus a eonmé le sacrifice de notre Rédemption. Pendant Jrois cents ans, on ignora où elle reposait, lorsque l'impératrice Hélène se chargea de la faire reparaître au grand jour. Elle était alors âgée de quatre-vingts vivant depuis plusieurs années dans la piété et les es de charité. Elle alla, nonobstant son grand âge^ visiter les Saints lieux qu'elle^aril soin «l'orner de somptueux la munificence de son fils.

Ile fui arrivée à Jérusalem, elle commença par faire abattre Le temple et l'idole de Vénus qui profa-

Page 1