PARTIE I. CHAPITRE II
frances du Sauveur, qu'il se les fût pour ainsi dire identifiées, pour écrire : Qu'il ne savait rien autre chose que Jésus Crucifié (1. Cor. 2). Le même apôtre nous dit ailleurs : Courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte, jetant les yeux sur Jésus, fauteur et le consommateur de la foi, qui dans la vue de la joie qui lui était proposée, a souffert la croix, en méprisant la honte, et est 'maintenant assis à la droite de Dieu; et saint Pierre : Jésus-Christ a souffert pour nous, en tous laissant ainsi un exemple afin que vous marchiez sur ses pas (1. Pierre, 2, 21).
I. Hippolyte Galleatin, de Florence, prêtre distingué par sa piété, fit peindre la tète de Jésus souffrant, couronnée d'épines et couverte de blessures, et la fit suspendre dans sa chambre près de la fenêtre. Prosterné devant cette image, il méditait sur l'amour ineffable d'un Dieu qui avait été en butte à tant de souffrances, et cette méditation était pour lui une source inépuisable de pensées consolantes, de sages résolutions. Dans la maison voisine vivait une personne mondaine, qui, en le voyant, s'imagina qu'il se regardait dans une glace. Elle alla jusqu'à le prier de lui montrer le miroir dans lequel il aimait si souvent à se contempler. Le prêtre y consentit et lui porta l'image en question. Mais quel ne fut pas l'étonnement de cette curieuse, lorsqu'elle aperçut, au lieu d'un brillant miroir, YFcce homo du Sauveur souffrant. Profitant de l'émotion que lui avait causée cette surprise, le prêtre lui adressa ces paroles : « Yuus voyez là le miroir dans lequel vous devriez, vous aussi, vous contempler journellement. Voyez ce Sauveur qui, par amour pour nous et en vue d'expier nos crimes, a souffert de si cruels tourments; voulez-
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vous ressembler au peuple juif, auquel Pilate représenta en vain l'innocence de Jésus, n'aurez-vous pitié de lui? Voyez l'état affreux desa figure, elle est l'image de votre àme; c'est l'ouvrage de vos péchés comme l'état de ses blessures est celui de ses bourreaux. Purifiez votre âme par les larmes d'une sincère pénitence, et au lieu de cette face défigurée, vous verrez un jour le Sauveur rayonnant de gloire et de beauté, dans le séjour des élus. » Ces paroles attendrirent le cœur de cette pécberesse, et dès-lors elle commença à mener une vie pénitente [Lohn, Bibl. I. loi).
c. Sainte Elisabeth, fille d'un roi de Hongrie et comtesse de Thuringe, allant à l'église avec une couronne étincelante de diamants et entourée de toute la pompe et la magnificence d'une reine de la terre, aperçut le crucifix. La vue des tourments et des souffrances qu'avait endurés le Sauveur, réveilla en elle un salutaire dégoût pour toutes les vanités du siècle. Elle ôte sa couronne et dit à ceux qui lui demandaient le motif pour lequel elle agissait ainsi : « A Dieu ne plaise qui moi, pauvre créature, je paraisse devant mon Sauveur avec une splendide couronne, tandis que lui, le Souverain du ciel et de la terre, a été couronné d'épines et voulu mourir sur un bois infâme. » Ce fut dès ce moment qu'elle commença à se consacrer plus par lièrement â Dieu par les œuvres de piété et de sa] fication qui i'élevèrcut au .leur.- de sainteté où elle est parvenue {Sur in Vit, F lis.).
d. Sainte Marguerite, reine d'Ecosse, â l'âge seulement de quatre ans, demandai! à si sœur, en voyant le crucifix, ce que signifiait cette représentation. Sa sœur lui répondit qu'un la nommait crucifix, que c'était