PARTIE T. CHAPITRE I
osassent les en empêcher ( Annegarn's Weltgesch , B. VI).
c. Lorsque l'exécrable Henri VIII, roi d'Angleterre, séparé de FEglise catholique par ressentiment contre le pape qui n'avait pas voulu approuver son infâme conduite, exigea que les catholiques de son royaume le reconnussent, lui le plus dissolu et le plus débauché des rois, pour chef de l'Eglise anglicane, et qui réclamait d'eux la prestation d'un serment, il se rencontra seulement deux grands hommes du royaume, Thomas Morus, son chancelier, et l'évèque Fisher, qui lui résistèrent. Fisher avait toujours servi fidèlement son Dieu et son roi; mais lorsqu'il refusa de reconnaître par serment son roi pour chef de l'Eglise, convaincu qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, le roi le fit jeter en prison, où il laissa même soufirir de la faim ce généreux vieillard. Après quinze mois d'emprisonnement, il fut condamné à mort et trainé à l'échafaud ; car à peine pouvait-il encore marcher. Ses pieds chancelaient; ses cheveux blancs étaient couverts de boue et d'ordures; des lambeaux de vêtements pourris recouvraient l'évèque. Mais le vieillard, calme et résigné, posa tranquillement sa tète sur le billot, et reçut tranquillement le coup de la mort.
Thomas Morus, homme aussi distingué par les qualités de son esprit que par sa vertu était déjà en prison lorsque Fisher fut exécuté. Lorsqu'il en apprit la nouvelle, il se jeta à genoux et conjura le Seigneur de pouvoir donner sa vie pour son église. Sa prière fut exaucée; le roi lo condamna aussi à porter sa tète sur l'échafaud. On fit plusieurs tentatives pour ébranler sa constance; on permit même à sa mère et à ses enfants de pénétrer
jusqu'à lui. Ceux-ci le conjurèrent de ne pas les rendre malheureux par ce qu'ils appelaient son opiniâtreté. » Combien de temps vivrai-je donc encore, si j'accomplis la volonté du roi, demande Morus à sa femme?» Peut-être encore vingt années, répondit-elle : Eh ! poursuivit Morus, pour prolonger ma vie de vingt années, il me faudrait commettre un péché mortel, et préférer ces quelques instants à l'éternité? C'est ainsi qu'il congédia sa famille, le cœur oppressé sans doute par de cruelles angoisses, mais ferme dans la résolution qu'il avait prise de mourir pour la foi catholique. — Il fut exécuté quinze jours après Fisher ( Id., B. VI. ).
d. Nous rapporterons seulement quelques faits qui se passèrent en France à l'époque de la terreur, alors que l'on exigeait que les prêtres prêtassent un serment que repoussait leur conscience, et qu'ils rejetèrent avec un courage vraiment héroïque.
aa. Le curé du petit séminaire de Clermont était retenu prisonnier par la populace; le maire, qui voulait le sauver, lui conseilla non plus de prêter serment, mais de permettre seulement qu'on répandit dans le peuple le bruit qu'il l'avait prêté. « Je ne le souffrirai pas, répondit ce prêtre consciencieux, sinon je vous accuserai auprès du peuple de l'avoir trompé; il ne m'est pas permis de racheter ma vie par un mensonge. Le mémo Dieu qui me défend de jurer, me défend aussi de faire croire au peuple que j'ai prêté le serinent. » Le maire se tut étonné d'une délicatesse de conscience aussi grande, et le prêtre mourut martyr.
bb. Quatre prêtres du diocèse de Sens et du Mans, conformément au décret de bannissement lancé contre les ecclésiastiques qui refusaient de prêter le serment,