‹ Catéchisme historiqueChapitre 127 sur 275 · PARTIE I. CHÀHTRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHÀHTRE II

vous verrez les armées entourer Jérusalem, sachez que la désolation est proche ; alors que ceux qui sont dans la Judée se retirent sur les montagnes» (1). Ces signes étaient arrivés. L'armée romaine entourait Jérusalem. Les chrétiens se souvenaient encore de cette prédiction récente de saint Pierre et de saint Paul : « Dans peu de temps, Dieu élèvera à l'empire un prince qui subjuguera les Juifs, rasera leurs villes et les assiégera dans Jérusalem. Là, leurs femmes seront réduites, par une cruelle famine, à se nourrir de la chair de leurs propres enfants, et eux, poussés par les chefs des diverses sectes, à faire les uns des autres un affreux carnage. Lorsque leur ville tombera au pouvoir de l'ennemi, ils verront, sous leurs yeux, leurs femmes traitées indignement, leurs filles violées et prostituées, leurs jeunes hommes mis en pièces, leurs petits enfants écrasés, enfin tout mis à feu et à sang, eux-mêmes trainés en esclavage et bannis à jamais de leur pays. » Cependant Titus s'approchait de Jérusalem déchirée sans cesse par les plus cruelles dissensions. Outre ses fortifications naturelles, la ville était encore défendue par trois enceintes de murailles. Déjà Titus, malgré les efforts incroyables des assiégés, s'était emparé des deux premières. Voulant couper toute communication avec l'extérieur, il entoura toute la ville d'un mur de circonvallation flanqué de hautes tours. Précédemment, la famine était extrême dans Jérusalem ; elle devint horrible. Une multitude immense y était rassemblée, tant à cause de la fête, que parce qu'elle ne trouvait plus où habiter dans les villes en ruine. Elle eut bientôt

(1) Maah.,M, \ïel 1G; — Marc, 13, 14;- Luc, Si, 20.

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immé ce qu'il y avait de vivres et Jérusalem devint une véritable image de l'enfer. La guerre, la famine, la peste y régnaient à la fois. Les factieux enlevaient au peuple le peu qui lui restait; ils forçaient les maisons ; s'ils trouvaient quelque chose, ils frappaient pour l'avoir caché; s'ils n'y trouvaient rien, ils tourmentaient encore plus cruellement pour l'avoir caché trop bien. Entre parents même il n'y avait plus de compassion. La femme arrachait le pain à la bouche de son mari, la fille à celle de son père, et, ce qui est plus affreux, la mère à son enfant qui défaillait dans ses bra^. Le désespoir en poussa plusieurs à sortir en aimes et à se jeter en frénétiques sur les Romain-. Titus, soit par colère, soit pour inspirer aux assi plus d'épouvante et d'horreur, commanda de mettre en croix tous ceux qu'on viendrait à prendre. On en supplicia ainsi cinq cents par jour, quelquefois davantage Le nombre des crucifiés devint en peu de temps si considérable, qu'il n'y avait plus de place pour les croix ni de croix pour le supplice.

Dans la ville, les vivants ne suffisant plus pour ensevelir les morts, les places, les maisons et les rues étaient pleines de cadavres sans sépulture. Cependant, depuis le quatorze avril, époque à laquelle avait commencé le siège, jusqu'au premier juillet, c'est-à-dire dans l'espace de deux mois et demi, on avait enterré, aux dépens «lu public, six cent mille pauvres, dont cent quinze mille huit cent quatre-vingts furent enlevés par u;n.' seule porte de la irille. Fatign - de tendre ces

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