‹ Catéchisme historiqueChapitre 129 sur 275 · PARTIE I. CHA1ITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHA1ITRE II

sortes de personnes; dans ce nombre, six mille du peuple, hommes., femmes, enfants, qui s'y étaient réfugiés sur la parole d'un faux prophète.

La vue de cet incendie, loin de tirer les Juifs de leur obstination, ne fit que les rendre plus furieux. Titus ayant permis aux soldats de tuer, de saccager, ordonna d'abattre jusque dans les fondements la ville et le ' temple, et ensuite il y fit passer la charrue. Ainsi fut accomplie la prédiction du Sauveur, que de ce vaste édifice il ne resterait pas pierre sur pierre.

Il périt au siège de Jérusalem, d'après le témoignage de Josèphe, onze cent mille Juifs. Il n'y a point, dans toute l'histoire, d'exemple d'un si grand nombre de victimes, ni de morts si tragiques. Mêlant la prédiction des maux qui attendaient Jérusalem à celle des maux qui doivent précéder et accompagner la désolation finale de l'univers, Jésus-Christ avait dit que depuis l'origine du monde, il ne s'était jamais vu, et que jusqu'à la fin il ne se verrait plus d'aussi épouvantable désastre.

De même que dans les livres des prophètes, le plus touchant symbole de la fidélité des saints, c'est la paix, l'abondance de tous les biens, qui, dans les beaux temps du royaume judaïque, inondèrent Jérusalem fidèle et cité choisie de Dieu pour être sa demeure parmi les hommes et le trône de sa gloire; de même aussi Jérusalem réprouvée, abandonnée de Dieu, resserrée par ses ennemis, livrée à la fureur, au désespoir, à la rage de ses propres enfants devenus ses plus cruels tyrans, a été proposée par Jésus-Christ comme le symbole et la figure de l'enfer; la sévérité du jugement que Dieu a exercé sur ses perfides habitants,, comme une vive

iinage de celui qu'il exercera sur l'univers, lorsqu'à la fin des siècles il viendra dans sa majesté juger les vivants et les morts. En effet, quoi de plus capable de nous représenter l'enfer, tel surtout qu'il sera après la résurrection générale, c'est-à-dire cette prison étroite pour tant de millions d'hommes qui y seront renfermés; ces cruels ministres de la vengeance divine qui les tourmenteront, ce feu et cette flamme qui jamais ne s'éteindra, cette faim et cette soif dont ils seront dévorés, ces lugubres images qui épouvanteront leurs esprits, cette rage et cette fureur dont ils seront agités; quoi, dis-je, de plus capable de nous représenter tout cela, qu'une ville, avec trois millions d'hommes au moins dans l'enceinte de ses murs, serrée au dehors par une armée formidable qui l'assiège de toutes parts, déchirée au dedans par les plus cruelles factions, en proie à mille tyrans inhumains qui, foulant aux pieds la justice, les lois, la religion, massacrent les piètres au pied dus autels, violent les vierges, déshonorent le lit des époux, égorgent sans pitié les innocents, arrachent le pain de la bouche à ceux qui meurent de faim, assassinent impunément les habitants dans leurs maisons, se rient des larmes, insultent à ceux qui rendent le dernier soupir, et se montrent non moins altérés de leur sang que de leurs biens ? Une ville où l'on ue voit, et dans les places et dans \e< rues, que des corps ou déjà morts ou à moitié pourris, ou qui luttent contre les derniers assauts de la mort, ou qui, de faiblesse, ne peuvent se soutenir, n'ont plus la force de parler, de remuer la langue, d'ouvrir la bouche desséchée; ou bit n. ramassant le peu qui leur reste encore de souffle, chargent de mille imprécations les auteurs de leurs

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