PARTIE I. CHAPITRE II
maux, et, jetant pour la dernière fois des regards mourants vers le temple, invoquent contre eux la vengeance divine; où enfin un si grand nombre appellent et désirent la mort sans pouvoir l'obtenir. Enfin une ville, défendue jusqu'à l'extrémité du désespoir contre une armée victorieuse, donnée en proie à la licence et à la fureur du soldat, qui enfin périt noyée dans le sang, consumée par les flammes, au milieu des gémissements, au milieu des cris, au milieu des massacres de ses malheureux habitants. Telle fut Jérusalem au temps de son dernier siège; c'est ainsi qu'elle périt, après qu'elle fut devenue, par ses crimes atroce?, la malédiction des hommes, et par la mort du Fils de Dieu, l'objet des malédictions divines (1) Rohrbacher, Ilist. univ. deFEg. C. Y. A. {Letrad.).
2. Au neuvième siècle, saint Méthode, qui excellait dans Fart de la peinture, fut envoyé à la cour du roi des Bulgares. Celui-ci lui ordonna de peindre quelques sujets frappant? dont la représentation contribuât tout à la fois à embellir son palais et à glacer d'eûroi les spectateurs. Le saint résolut de mettre à profit les dispositions du prince; sou pinceau, guidé par la religion, traça une scène terrible dont la vue jeta l'épouvante dans le cœur même de ce roi barbare : c'était le j u ment dernier. On voyait Jésus-Christ environné d'un cortège nombreux d'esprits célestes, siéger sur un trôoêtout resplendissant de gloire avec l'appareil formidable d'un juge irrité. Tous les hommes, pâles de n\ confondus sans distinction, attendaient avec angoisse la sentence fatale qui devait décider de leur
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sort. Chaque partie du tableau avait une force, une énergie, une vivacité d'ex pression qui ajoutait encore à ce que le sujet avait d'effrayant par lui-même. Mais L'eflroi du roi augmenta bien encore quand l'habile peintre vint à expliquer chacune desparticsdu tableau. Il lui montra d'un côté les pécheurs écrasés sous le poids de la vengeance céleste, condamnés à gémir éternellement dans les feux del'enfer; de l'autre, les justes, tout rayonnants de gloire, prenant leur essor vers les demeures éternelles pour vivre à jamais dans le sein de la divinité. Le prince ne put tenir contre ce qu'il voyait et contre les paroles pleines d'onction du saiut apôtre. Touché de la grâce, il voulut connaître les mystères de la religion chrétienne, se fit instruire et reçut le baptême de la main de saint Méthode. Le peuple ne tarda pas à suivre son exemple. Saint Méthode, dont il vient d'être parlé, était frère de saint Cyrille, apôtre des Slaves (1).
3. Comme saint Paul parlait en présence du gouverneur Félix et de son épouse Drusilla, de la justice, de la chasteté et du dernier jugement, Félix en fut effrayé, et lui dit : « C'est assez pour le moment, retirez-vous; quand j'auraile temps, je vous manderai. » Tel est aussi le langage d'un grand nombre de pécheurs; ils ne veulent pas qu'on les réveille du sommeil de leurs péchés.
A. Un ermite auquel on demandait quel était le livre qui faisait sur lui la plus forte impression, répondit: « Le livre qui m'impressionne le plus vivement, n'a que trois feuillets; le premier, de couleur noire,
(1) Vie de $aint Méthode, M fevri» r.