‹ Catéchisme historiqueChapitre 131 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

me rappelle la mort; le second, qui est blanc, me fait penser au bonheur éternel que goûtent les bienheureux; le troisième, qui est rouge, me fait ressouvenir des flammes de l'enfer auxquelles le souverain Juge vouera, au dernier jugement, les âmes des damnés. » [Lohn. Bibl. il. 104).

5. Sainte Elisabeth, que les dames de la cour voulaient dissuader de visiter les hôpitaux, de soigner les pauvres et les infirmes, sous prétexte que ces actes de vertu étaient trop au-dessus de sa haute condition, leur répondit ces nobles et remarquables paroles : « Je me prépare pour le jour du jugement, afin que je puisse répondre au souverain Juge, lorsqu'il me demandera compte des actions de ma vie : Voyez, Seigneur, je vous ai donné à manger tant de fois quand vous aviez faim, tant de fois à boire quand vous aviez soif. Je vous ai vêtu quand vous étiez sans vêtements,, visité et soigné dans vos maladies ! Je vous en conjure, montrezvous facile et indulgent dans la sentence que vous allez porter sur moi ! » (Ibid).

6. Saint Ephrem, illustre docteur de l'Eglise, au quatrième siècle, était souvent obligé d'interrompre, à cause de ses larmes, les discours qu'il adressait aux fidèles. Il s'établissait alors entre lui et ses auditeurs un dialogue dont voici un exemple bien frappant. Le sujet de l'instruction était le jugement général; le saint parla en ces termes : « Prêtez une oreille attentive à ce «pie je vais vous dire sur l'avènement du Seigneur. Qui peut rapporter ces redoutables choses? Où trouver une langue capable de les exprimer? Le Roi des rois, élevé sur un trône de gloire, descendra du ciel, et fera comparaître devant lui tous les habitants de la terre.

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A cette seule pensée, mes yeux se remplissent de larmes, ma voix chancelle, ma langue balbutie, la crainte m'empêche de parler. Enfin, le grand Roi en ayant donné l'ordre, la terre et la mer troublées rendront les morts qu'ils possédaient; tous seront rassemblés autour de son -tribunal. Le Seigneur déroule le livre fatal; quelles larmes! s'écrie l'orateur! » — Ses soupirs et ses sanglots lui ayant coupé la voix, il ne put en dire davantage. — « Apprenez-nous donc, s'écria l'auditoire, les choses effrayantes qui arriveront ensuite. — Bien-aimés de Jésus-Christ, dit le saint, on cherchera dans tous les chrétiens le sceau du baptême et le dépôt de la foi, on leur demandera cette renonciation qu'ils firent, en présence de témoins, à Satan et à ses œuvres, non à une, à deux, à cinq, mais à toutes en général. Heureux celui qui aura gardé fidèlement ce qu'il avait promis. Alors les hommes seront séparés pour toujours les uns des autres; les époux de leurs épouses, les enfants de leurs parents, les amis de leurs amis. La séparation faite, les princes, les philosophes, les sages du monde crieront aux élus avec larmes : Aô*ieu, pour toujours, saints et serviteurs de Dieu; adieu, prophètes, apôtres, martyrs; adieu Vierge sainte, mère du Sauveur : vous priâtes pour notre salut, mais nous ne voulûmes pas nous sauver ; adieu, croix vivifiante, adieu, paradis de délices, royaume éternel, Jérusalem céleste; adieu, vous tous, nous nu vous reverrons plus; nous voilà plongés dans un abîme de tourments qui ne finiront jamais! »(Griiill. p. GOO. 5e édit).

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SENTENCES

a. Nous craindrions d'autant moins, un jour, l'arrivée du Juge suprême, que nous l'aurons craint davantage sur la terre (S. Greg. Hom. in Etang).

b. Représentez-vous en esprit, ô homme, que vous êtes assis vous-même au tribunal du souverain Juge ; soyez à vous-même votre juge, et dites à Dieu : g Seigneur, je confesse et avoue mes crimes » (S. Aug. in Psahn. 49).

c. J'accepte volontiers pour juge celui qui a été mon Sauveur. Je désire que l'agneau qui s'est immolé pour moi, devienne mon juge. Ce juge, je le désire, je soupire de tout mon cœur après lui (S. Thom. Vill. Cône. dom. 1. Adtent).

d. Le Christ lui-même est notre juge! Quelle ne doit pas être la sécurité des justes ici-bas! Nul ennemi ne saurait corrompre un tel juge ; nul avocat ne peut le supplanter, nulle langue le tourner en dérision, aucune puissance ne saurait l'ébranler. Mais autant les bons doivent se réjouir de posséder un tel juge, autant les méchants ont sujet d'en être effrayés (S. Aug. lia. de orib).

e. Au jour du dernier jugement le Sauveur siégera en qualité de juge, après avoir comparu lui-même devanl un juge; il condamnera ceux qui sont vraiment coupables, lui qui, sur cette terre, a été, quoique innocent, accusé et condamné {Idem. serm. 127).

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COMPARAISONS

a. Lorsque les Généraux de l'antiquité voulaient Célébrer leurs victoires par une marche triomphal.', il-; se faisaient escorter par les prisonniers qu'ils avaient faits sur l'ennemi, afin que ceux-ci contribuassent à l'éclat de cette ovation; puis ils les faisaient jeter en prison ou traîner à l'éehafaud. De môme au jour du jugement, les ennemis de Jésus-Christ serviront au triomphe du Sauveur et de ses partisans, et seront ensuite précipités dans les cachots de la mort éternelle.

h. De même que personne ne saurait blâmer celui qui sépare le bon grain de l'ivraie, pour conserver l'un et jeter l'autre aux vents, ainsi nous ne saurions non plus blâmer le souverain Juge, s'il fait la séparation des bons d'avec les méchants, s'il reçoit les uns dans les demeures éternelles, et précipite les autres dans les abîmes infernaux.

c. Philippe II, roi d'Espagne, s'étant un jour aperçu que deux de ses courtisans s'étaient conduits, à l'église, d'une manière fort indécente, leur dit, lorsqu'il fut de retour dans ses appartements : « Voua êtes tous deux bannis à jamais de ma présence; à l'instant même je vous chasse de ma cour » Ces parole-, pronom ces avec l'accent d'une vive indignation, firent une telle impression sur eux, que l'un fut frappé d'apoplexie et l'autre resta privé de sa raison pendant toute sa vie. Combien [.lus effroyables seront les eifejts que produiront ces paroles du Roi éternel : Eloignez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel! {Lohn. Bibt. u. V

d. Lorsque Joseph dit à ses frères : « Je suis Joseph,

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votre frère, que vous avez vendu à des Egyptiens. » ils ne proférèrent aucune parole, tant fut grande leur stupéfaction. Quels ne seront pas la frayeur et le saisissement des pécheurs, lorsqu'au jugement dernier, le divin Juge leur adressera ces paroles : Je suis votre frère que vous avez persécuté et crucifié, que vous avez si souvent vendu pour le prix de quelques jouissances sensuelles et passagères? »

e. Les criminels regardent comme une des peines les plus infamantes, celle d'être conduits à réchafaud, ou attachés au pilori, publiquement et en présence de leurs semblables, ou condamnés à porter sur leur poitrine un écriteau désignant les forfaits qu'ils ont commis. Souvent on a vu des condamnés se donner la mort plutôt que d'être l'objet d'un pareil spectacle. — Combien, au dernier jugement, devra être terrible, pour les méchants, de monter en quelque sorte sur l'échafaud en face de tout l'univers, alors que leurs crimes, même les plus secrets, seront dévoilés au grand jour? Couverts de honte et de confusion, ils ne manqueront pas de s'écrier : « Montagnes, tombez sur nous, et vous collines, venez nous engloutir. »

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