‹ Catéchisme historiqueChapitre 139 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

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précieuses. Lorsque le Seigneur fit venir près de lui Ananie, il ajouta : a Car voyez, il prie. » Ce fut seulement après que Saul eut prouvé sa coopération à la % grâce efficace par des jeûnes et des prières qu'il reçut la grâce sanctifiante. « Qu'attendez-vous, lui dit enfiu Ananie, levez-vous, recevez le baptême et lavez vos péchés en invoquant le nom du Seigneur. » (Act. 22).

2. La touchante conversion de saint Augustin nous fournit un exemple frappant de la manière dont la grâce de Dieu prévient le pécheur, en même temps qu'elle nous prouve combien sa vertu et son efficacité s'accroissent et se fortifient lorsqu'il ne lui oppose pas une résistance opiniâtre, mais qu'il la laisse opérer en lui. Depuis longtemps sa pieuse mère ne cessait de prier et de verser des larmes amères pour obtenir sa conversion. Enfin sa prière fut exaucée. Augustin venait de quitter Rome, où il s'était fait remarquer par les brillantes qualités de son esprit, mais aussi par sa conduite licencieuse, et s'était rendu à Milan pour assister aux sermons de saint Ambroise. Augustin écoutait assidûment ses prédications, seulement pour la beauté du style et pour s'assurer si son éloquence répondait à sa réputation. Il était charmé de la suavité de son langage, cependant il ne faisait aucune attention aux choses saintes que disait saint Ambroise; mais, sans qu'il y prit garde, la doctrine pénétrait insensiblement dans son esprit avec les paroles : la grâce allait bientôt triompher entièrement de sa résistance.

Frappé d'étonnement à la vue de tant de générpux chrétiens qui avaient foulé aux pieds les voluptés terrestres pour se vouer tout entiers au service de Jésus- Christ, il rougit de ses désordres et de sa làchuté, et

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f a dressant à un de ses ami?, Alype, il lui dit avec émotion : « Quoi! des ignorants viennent ravir Le câel, «■I nous, avec notre science,, nous restons plongés dans la chair et le sang? Alype le regarda sans rien dire et le -uivit dans le jardin où l'emporta le mouvement qui l'agitait* Augustin frémissait d'indignation et ne pouvait se résoudre à ce qui ne semblait ne dépendre que de sa volonté ; il se frappait le front. Alype ne le quittait point et attendait en silence l'issue de cette scène extraordinaire. Au milieu de ses pleurs, Augustin entendit sortir de la maison voisine une voix qui répétait souvent en chantant : « Prenez, lisez ! prenez, lisez ! » Alors, il arrêta le cours de ses larmes sans pouvoir penser autre chose sinon que Dieu lui commandait de lire les Epitres de saint Paul. Il retourna aussitôt vers Alype, prit le livre, et l'ouvrant au hasard, il lut co.s paroles : « Ne passez pas votre vie dans les festins et l'ivrognerie, ni dans la débauche et l'impureté, ni dans les querelles et la jalousie, mais revêtez- vous du Beigneur Jésus-Christ et ne cherchez point à contenter la fhair dans ses convoitises. » Rom. c. 13). 11 n'en lut pas davantage, car aussitôt tontes ses ineertitudi dissipèrent. Il vit clairement le chemin qu'il devait embrasser s'il voulait recouvrer la paix du cœur que toutes les JoieJ et tes vanités du monde n'avaient jamais pu lui donner (#. Aug. Confess.).

.'j. Nous trouvons un exemple frappant desmerveilleux effets «le la grâce, dans la conversion de sainte Marie £ Egypte. Dès r,i :e «le douze ans, elle ah donna la maison paternelle afin de pouvoir se livr r !>lu- île facilité à une vie libre et indépendante, et se rendit à Alexandrie où elle vécut dans le ernae

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et la débauche. Un jour, elle apprit que des pèlerins devaient s'embarquer pour Jérusalem, afin de s'y trouver le jour de la fête de l'Exaltation de la sainte Croix. La curiosité la détermina à partir avec eux. Arrivée à Jérusalem, elle voulut aussi, comme le reste des voyageurs, entrer dans l'église de la sainte Croix, lorsque, tout-à-coup, elle se sentit arrêtée par une' puissance invisible qui ne lui permit plus de faire un pas. Après plusieurs tentatives inutiles/ et fatiguée des efforts qu'elle venait de faire, elle s'assit dans un coin du vestibule et se mit à méditer sur les causes qui l'empêchaient d'entrer dans L'église. Au même instant, un rayon de la grâce céleste vint illuminer son àme. Elle reconnut le nombre et l'énormité de ses fautes, elle vit qu'elle était indigne de contempler la croix de celui qui a tant souffert pour les péchés des hommes, et se mit à pleurer amèrement. Après avoir versé des larmes en abondance, elle aperçut sur le mur une image de la mère de Dieu, et comme elle se souvenait d'avoir souvent entendu dire qu'elle était la mère de miséricorde, le refuge des pécheurs, elle se prosterna devant cette image, et pria avec ferveur cette divine mère d'intercéder pour elle auprès de son fils, lui promettant sincèrement que, dès cette heure même, cil.' prenait la ferme résolution de se convertir et de faire une pénitence austère. Après cette prière, elle put entrer librement dans l'église, où, prosternée devant la croix du Christ, elle se répandit en larmes brûlantes de componction. — Plu- tard , étant retournée auprès de l'image de la Mère de Dieu pour lui rendre ses actions de grâces, elle entendit une voix qui disait: a Passez le Jourdain, là vous trouverez le

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repos et le calme de votre âme. » Elle suivit cet ordre, et s'y rendit, après s'être confessée et avoir reçirla sainte communion dans une église située sur la rive citérieure du fleuve. Elle vécut pendant dix-sept ans dans un désert, pratiquant toutes les rigueurs de la pénitence, prenant pour toute nourriture des racines et des herbes, et privée de toute communication avec le reste des hommes, jusqu'à ce qu'enfin elle fut découverte par un respectable ermite nommé Zozime, auquel, après que celui-ci lui eut jeté son manteau pour couvrir sa nudité, elle raconta l'histoire de sa conversion. Lorsqu'ils furent sur le point de se quitter, Marie pria l'ermite qui vivait alors dans un couvent construit sur le Jourdain, de lui apporter la sainte communion le Jeudi-Saint de Tannée suivante. Zozime le lui promit et revint au jour indiqué. Après que Marie eut reçu la nourriture des anges, avec une piété toute céleste, elle s'écria avec saint Siméon . « Seigneur, laissez maintenant partir en paix votre servante, parce que mes yeux ont vu votre salut, » Puis, s'adressant à Zozime : « Mon père, lui dit-elle, je vous prie de m'accorder encore une faveur : revenez en ce lieu à l'époque du carême prochain, et vous m'y trouverez dans l'état qu'il plaira à Dieu. » Zozime retourna l'année suivante : elle était morte, et reposait sur le sol, les bras étendus l'un sur l'autre en forme de croix ; et il vit à côté d'elle ces paroles écrites sur le sable : « Mon père, ensevelissez, au nom de Jésus-Christ, le corps de L'infortunée Marie, martelé Vendredi-Saint, et n'oubliez pas de prier pour elle. » Zozime ne demandait pas mieux que d'exécuter ses dernières volontés, mais il n'avait pas d'instrument pour .creuser

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