PARTIE I. CHAPITRE H
mie fosse. Comme il était dans une vive inquiétude, il vit un lion, sortant de la forêt, venir lécher les pieds de la défunte et creuser avec ses pieds une fosse énorme. Zozime y. déposa le cadavre de la sainte, et s'en retourna au couvent où il raconta à ses frères le fait que nous venons de rapporter. — Sainte Marie d'Egypte mourut Tannée 421 {Des Bollandistës).
A. Tout le monde connaît la conversion de saint Ignace de Loyola. Blessé grièvement à la jambe par un boulet, au siège de Pampelune, il resta dans le château de son père jusqu'à ce qiTil fût complètement guéri. Ne sachant comment se distraire au milieu des ennuis de sa solitude, il demanda des romans à lire. La Providence voulut que, pour le moment, il ne s"en trouvât pas un seul dans le château de Loyola. On lui donna en place une Vie de Jésus-Christ et la Fleur des Saints. A force de les lire, il prit un certain goût aux choses qui y étaient écrites. Mais d'autres pensées venaient bientôt dissiper les salutaires effets de la grâce qui commençait à L'agiter. Cependant, au moment de ses lectures, la miséricorde divine ramenait des pensées différentes. En considérant la vie de Notre-Seigneur et des saints, il se dirait en lui-même : « Quoi! si je faisais ce qu'a fait saint François; quoi! si je faisais ce qu'a fait saint Dominique? »
Une nuit, se sentant pleinement résolu, il se leva pour prier, se prosterna devant une image de la sainte Vierge. Aussitôt toute la maison tremble, la chambre où est Ignace est ébranlée jusque dans ses fondements. La seule chose qu'il se proposât encore, fut daller à Jérusalem après sa guérison, et de pratiquer toutes sortes d'austérités pour faire pénitence.
Ce qui acheva de le convertir, fut la vision suivante: il veillait la nuit, lorsqu'il vit la sainte Yienre qui hii apparut avec l'enfant Jésus. Il en reçut une si grande oon?olation, et conçut un si grand dégoût de sa vie passée, qu'il lui sembla que toutes les pensées de la terre étaient sorties de son taie. Et de fait, depuis ce moment jusqu'au mois d'août 1555, où ces choses furent écrites, il ne donna plus jamais le moindre consentement à sa convoitise [Idem rt Art. SS. 31 Julii).
5. Au commencement du deuxième siècle, vivait à ITcliopolis, ville de Sicile, une personne du nom d'hudoxie, qui menait une vie scandaleuse et criminelle. Un jour, un moine nommé Germanus, passant par cette ville, alla locrer chez un de ses parents, qui, comme lui était chrétien. Le moine s'étant b minuit pour réciter matines, se mit à lire à haute voix la description des tourments de l'enfer et celle. !e la félicité dont jouissent les élus. Eudoxie, qui habitait une maison voisine et dont la chambre à coucher n'était séparée de celle du moine que par an mur, sentit naître dans son cœur un trouble salutaire eu entendant des choses si extraordinaires. Le lendemain, • use de connaître plus à fond une religion qui, malgré la sévérité de ses prescriptions, lui paraissait si digne de respect, elle s'adressa au moine qui, tout en satisfaisant ses désirs, profita de cette occasion pour lui parler des châtiments réservés aux pécheurs impénitents, et des récompenses destinées aux justes. ïl le fit avec tant d'onction, qu'elle lui demanda avec i et en tremblant de tous ses membres, s'il croyait qu'elle fut perdue à jamais? Alors le moine hu demanda quelle avait e tu jusqu alors sa croyante et sa conduite ? Ella