PARTIE I. CHAPITRE II
lui répondit qu'elle n'était pas chrétienne et qu'elle avait passé toute sa vie dans les jouissances du monde et les voluptés de la chair, o Eh bien, reprit Germanus d'un ton consolateur, si vous faites pénitence et vous convertissez sincèrement, le Seigneur vous pardonnera comme il a pardonné à sainte Madeleine, qui, elle ans si était une grande pécheresse. Faites venir un prêtre, priez-le de vous instruire convenablement dans la religion chrétienne, et, si vous avez une foi sincère, si vous faites pénitence, vous recevrez, dans le baptême, la rémission de vos péchés. » Eudoxie fit ce que le moine lui conseilla, et devint une fidèle imitatrice de Jésus- Christ. Elle distribua toute sa fortune aux pauvres, et édifia autant par la régularité et la sainteté de sa vie, qu'elle avait donné de scandale par l'irrégularité de sa conduite. Elle mourut en 114 delà mort du martyre {Les mêmes).
6. Saint Sulpice Sévère, né en Aquitaine, dans le quatrième siècle, était un savant distingué. Il écrivit plusieurs ouvrages qui révèlent une grande connaissance des auteurs du siècle d'Auguste. Mais les louanges qui lui arrivaient de toutes parts le remplirent bientôt de vanité, et le rendirent plus avide de complaisances du monde que de faveurs du ciel. La perte soudaine de sa femme qu'il aimait tendrement lui fit prendre la résolution de quitter le monde. Il reconnut le néant et la frivolité des biens de la terre, et détacha son cceur des pensées d'orgueil et d'amour-propre qui l'avaient occupa jusqu'alors. Il employa touh ses revenus en aumônes et en d'autres bonnes œuvres, et se retira dans la solitude. Il consacra le reste de ses jours aux. pratiques de la pénitence, uniquement occupé du salut
de son âme et de la^pcnsée de l'éternité (Histoire ecclésiastique).
7. Deux fameux assassins venaient d'être condamnas an dernier supplice. On les conduisait à travers les rues delà ville; les bourreaux, avec des tenailles brûlai il es, leur arrachaient tantôt un lambeau de chair, tantôt un autre; c'était le supplice dont ils devaient périr. Ni à la prison, ni sur la route, le prêtre qui les accompagnait ne put les ramener à Dieu. Au lieu de se recommander aux prières des fidèles, ils vomissaient d'horribles blasphèmes. Ils étaient agités par les plus violents transports de rage et de désespoir. La Providence voulut que sainte Catherine de Sienne se trouvât ce jour-là chez une de ses compagnes dont la maison donnait sur le passage du funeste cortège. Alexis (c'était son nom) s'étant mise à la fenêtre, revint aussitôt à la sainte, ens'écriant : « 0 ma mère, quelle compassion! deux hommes condamnés aux tenailles passent devant chez nous! » La sainte, les ayant regardés, se mit soudain en prière. Elle avait vu autour de chacun une troupe furieuse de démons qui incendiaient leurs âmes encore plus que les bourreaux ne brûlaient leurs corps. Emue d'une double compassion, elle implora la miséricorde de son céleste époux. : « Ah! très-doux Seigneur, pourquoi des créatures formées à votre ressemblance, rachetées par votre sang précieux, pourquoi les dédaignez-vous au point que, outre leur affliction corporelle, elles soient encore si tourmentées par les esprits immondes. Ce larron qui a été crucifié avec vous, quoiqu'il reçût ce qu'il avait mérité, vous l'ave7 néanmoins éclairé de -i grandes lumières que, pen- (!;mt que les apôtres doutaient, lui vous confessait