Ï>ARTIE I. CHAPITRE II
hautement sur le gibet et mérita d'entendre ces paroles : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. » Et pourquoi cela, si ce n'est pour donner l'espérance du pardon à leurs semblables? Vous n'avez pas dédaigné Madeleine pécheresse; vous n'avez repoussé ni Matthieu ni la Cananéenne, ni Zachée; au contraire, vous les avez tous appelés. Je vous en supplie donc, par vos miséricordes, secourez promptement ces deux âmes, o
Telle était sa prière. En même temps elle suivait en esprit les deux misérables. A la porte de la ville le Sauveur leur apparut, couvert de plaies, les invitant à se convertir et leur promettant le pardon. Un rayon de lumière divine pénétra dans leurs cœurs; au Heu de blasphèmes on ne les entendit plus que louer Dieu. Les assistants ne pouvaient concevoir un si prodigieux changement; les bourreaux eux-mêmes, radoucis, n'osaient plus les tourmenter. Tous ignoraient la cause d'une conversion si soudaine. Le prêtre qui les confessa en connut une partie;' on sut l'autre d'Alexis et de sainte Catherine qui revint de son extase au moment où les deux pénitents rendaient l'esprit (Le traduct.— Histoire universelle de l'Eg. cath. Rohrbacher).
8. Au milieu du douzième siècle on vit un mémorable exemple de pénitence dans un gentilhomme de Languedoc. Il se nommait Pons, seigneur de Laraze. Il était distingué par sa noblesse, son esprit, sa valeur; mais, n'ayant pour règle de conduite que ses passions, il était incommode à plusieurs de ses voisins. Il surprenait les uns par ses discours artificieux, il forçait les autres par les armes. Jour et nuit il n'était occupé que de brigandage; c'était son vice dominant. A la fin
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touché par la grâce de Dieu, il rentra en lui-même, et, après y avoir mûrement réfléchi, il résolut de quitter le monde et de passer le reste de sa vie dans la pénitence.
Le Dimanche des Rameaux , à Lodève , après la procession et la lecture de l'Evangile, l'évéque et son clergé étant sur une estrade dressée sur la place, au milieu du peuple, Pons se présenta avec six de ses compagnons; il était en simple tunique et nu-pied?, ayant une hart au cou, par laquelle un homme le menait comme un criminel, le fustigeant continuellement avec des verges, car il l'avait ainsi ordonné. Arrivé devant l'évéque, il demanda pardon à genoux, et lui remit un papier sur lequel il avait écrit tous ses péchés, priant instamment qu'on le lût devant tout le peuple. L'évéque, voulant lui en épargner la honte, le défendit d'abord: mais Pons le pressa tellement, qu'il l'obtint. Pendant qu'on lisait sa confession, il se faisait frapper avec des verges, demandant toujours qu'on frappât plus fort, se confessant coupable de tous ses crimes, et arrosant la terre de ses larmes qui faisaient couler celles de tout le peuple. Tous l'admiraient, le respectaient et priaient Dieu de lui donner la persévérance. Sa confession fut même utile à plusieurs qui, par mauvaise honte, avaient caché leurs péchés, et qui, animés par son exemple , eurent recours à la pénitence (1).
(1) Nous citerons encore d'autres exemples sur les effets admirables que produit la grâce, lorsque nous traiterons du sacrement de pénitence en particulier, au troisième volume.