PARTIE I. CHAPITRE II
catholique : que si. par hasard, il apprend que, dans le cours des àges5 il s'est rencontré un ou plusieurs hommes qiù ont introduit ou glissé dans le dogme quelque chose de nouveau et d'inouï jusqu'alors, qu'il sache que cela n'appartient pas à la religion, mais à la tentation. — Dans l'Eglise catholique nous devons nous appliquer . avant tout à croire et à observer, ce qui a été cru de tout temps, par tous, et en tous lieux » (Vincent, adv. Hœres. .
4. Saint Irénée s'exprime ainsi sur le dépôt de V Unité dont l'Eglise catholique est la seule gardienne infaillible : « L'Eglise, dispersée dans le monde entier, conserve si soigneusement la doctrine et la foi qu'elle a reçues, que l'on dirait qu elle n'habite qu'une maison; elle croit comme si elle ne faisait qu'un cœur et qu'une âme. Ce qu'elle croit, elle le prêche, l'enseigne et le transmet avec un accord aussi unanime que si elle n'avait qu'une bouche ; car, quoique dans le monde on s'exprime dans différents langages, la transmission ne laisse pas d'être une et ident'que. Les églises de la Germanie ne croient pas autrement que celles de l'Irlande; non plus que celles fondées dans le pays des Celtes, ni celles de l'Orient, ni celles de l'Egypte, ni celles de Libye, ni celles qui habitent le centre du monde. Et de même qu'il n'y a qu'un seul et même soleil qui éclaire toutes les créatures de Dieu disséminées sur la surface du monde, de même aussi la même lumière, c'est-à - 6 dire la prédication de la vérité, brille partout et éclaire tous les hommes qui veulent s'illuminer au flambeau de la vérité. Si l'un des chefs de V Eglise l 'emporte par plus d'éicquence, il ne parle pas autrement que les autres; car aucun n'est au-desoiid du maitre, et celui qui est le j
moins habile pour parler, n'amoindrira et n'affaiblira néanmoins pas la tradition. Gomme la foi est une, celui qui sait parler longuement, ne l'étendra cependant pas, de même que celui qui a peu de choses à en dire ne la diminuera pas » (S. Irœn. adv. Hœr. 1. 1. c. 3).
5. Les protestants sont divisés entre eux sur les articles même les plus importants et les plus essentiels ; les luthériens reconnaissent une seule personne en Jésus-Christ ; Calvin et Bèze en admettent deux comme Nestorius. Calvin dit que Dieu est Fauteur du péché; les luthériens soutiennent que c'est une erreur abominable. Luther prétend que le Christ, selon l'humanité, est en tous lieux; Zwingle et Calvin le nient. Luther trouve dans l'Ecriture trois sacrements, le baptême, l'eucharistie et la pénitence ; Calvin admet les deux premiers, rejette la pénitence et admet l'ordre rejeté par Luther. Zwingle nie la pénitence et l'ordre, et il reconnaît le baptême et l'eucharistie. Où se trouve l'unité au milieu d'opinions aussi divergentes? Rousseau fait le portrait suivant des ministres protestants : « Us ne savent plus ce qu'ils croient ni ce qu'ils veulent, ni ce qu'ils disent. On leur demande si Jésus-Christ est Dieu, ils n'osent répondre; on leur demande quels mystères ils admettent, ils n'osent répondre encore. Leur intérêt temporel est la seule chose qui décide de leur foi. On ne sait ni ce qu'ils croient ni ce qu'ils ne i roient pas, on ne sait pas même ci; qu'ils font semblant ilf croire; leur seule manière «l'établir leur foi est d'attaquer celle des antres » (Guill.).
6. Jean, patriarche de Constantinople, s'étonnait d'entendre Innocent III appeler L'Eglise de Rome, Il glise universelle et la mère de toutes las églises, et