‹ Catéchisme historiqueChapitre 148 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE H

marquer leur amour. La foi pure leur manque, mais ils croient l'avoir aussi bien que la parfaite charité. Comment Dieu les condamnera-t-il , comment les punira-t-il au jugement dernier? C'est là un secret ignoré des hommes et connu du juge seul qui prononcera la sentence... Certainement l'ignorance mérite quelque compassion » {Idem).

40. Parmi les nombreuses conversions que Monseigneur Cheverus opéra aux Etats-Unis, celles qui donnèrent le plus de joie à son cœur furent celles de deux ministres protestants, le père et le fils. Leur retour ne fut pas seulement un passage à l'Eglise catholique, ce fut une profession solennelle de tout ce qu'elle conseille de plus parfait. Le père ayant reçu les ordres mineurs et la permission de prêcher, ne voulut point avancer plus loin dans l'état ecclésiastique dont il s'estimait indigne ; le fils entra dans la compagnie de Jésus, où il devint un prêtre édifiant et zélé. L'évèque de Boston fut curieux d'apprendre d'hommes si dignes de foi, si, pendant les longues années qu'ils avaient vécu dans la religion protestante, ils n'avaient pas eu quelque doute sur sa fausseté, s'ils seraient morts tranquilles dans cette religion, et il en reçut cette réponse bien digne de remarque : que jusqu'au jour où il les avait éclairés et instruits, leur bonne foi avait toujours été si parfaite, qu'ils ne songeaient même pas à douter, et que par lui seul la vérité leur avait apparu pour la première fois. Cet exemple et plusieurs autres consolèrent l'àme de Monseigneur Cheverus, en lui donnant lieu de penser que plusieurs protestants pouvaient être dans cette bonne foi ou erreur invincible qui excuse devant Dieu (Vie de Monseigneur Cheverus).

1 1 . Fénélon, archevêque de Cambrai, publia, en 1G97, un ouvrage intitulé : Explication des maximes des Saints, qui peu de temps après fut condamné par Innocent XII. La nouvelle de cette condamnation arriva à Cambrai le 25 mars 1699, jour de l'Annonciation, au moment où l'archevêque allait monter en chaire. Quelque affecté qu'il fût d'une décision si contraire à son attente, la religion conserva un tel empire sur cette àme vertueuse, qu'il se recueillit seulement quelques instants pour changer tout le plan du sermon qu'il avait préparé. Il le tourna sur la parfaite soumission due à l'autorité des supérieurs, et parla sur ce sujet d'une manière si touchante, qu'il arracha des larmes à tout son auditoire. Le 9 avril suivant, il publia un mandement conçu en ces termes : « Notre très-saint père le pape a condamné le livre intitulé : Explication des maximes des Saints, par unbref daté du 12 mars 1699, Nous adhérons à ce bref, mes chers frères, simplement, absolument et sans ombre de restriction. C'est de tout notre cœur que nous vous exhortons à une soumission entière et à une docilité sans réserve, de peur qu'on n'altère insensiblement la simplicité de l'obéissance due au saint Siège, dont nous voulons, moyennant la grâce de Dieu, vous donner l'exemple jusqu'au dernier soupir de notre vie. A Dieu ne plaise qu'il soit jamais parlé de nous, si ce n'est pour se souvenir qu'un pasteura cru devoir être plus docile que la dernière brebis du troupeau, et qu'il n'a mis aucune borne à sa soumission. » — De plus, pour laisser à son diocèse un monument de sa Boumissiou et <l<i son repentir, il lit faire pour l'exposition un soleil ou ostensoir porté par deux anges, dont l'un foulai* aux pieds divers mauvais

livres, sur l'un desquels on lisait : Explication des maximes des Saints (Le cardinal de Bausset, Ris t. de Fenél.j cité par GruilL).

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