II. De la primauté dans l'église catholique
i . Nous trouvons déjà dans les anciens Pères les plus beaux témoignages en faveur de la primauté ou de la prééminence du pontife de Rome. Saint Irénée, disciple de saint Polycarpe et évèque de Lyon, s'exprime ainsi : « C'est avec cette Eglise, à cause de sa primauté, que doivent nécessairement s'unir et s'accorder toutes les églises, c'est-à-dire tous les fidèles, en quelque lieu qu'ils soient; c'est en elle et par elle que les fidèles de tous les pays ont conservé toujours la tradition des Apôtres. » Lorsque des fidèles d'autres églises venaient à Rome, ils y trouvaient, outre la même tradition, la même doctrine, les mêmes sacrements, la même discipline que dans leurs églises, mais le tout confirmé par la haute considération de Rome. Selon ce que nous dit saint Irénée, une scission ayant éclaté à Corinthe, on n'alla pas à Ephèse où l'apôtre saint Jean se trouvait encore à cette époque, mais on tourna ses regards vers Rome et l'on s'adressa au pape Clément pour vider le litige \ et ce pape, en sa qualité avouée et reconnue de chef suprême de l'Eglise, écrivit une magnifique lettre aux habitants de Corinthe. — Le pape Victor exigeait, au deuxième siècle, des évèques asiatiques, qu'ils célébrassent la solennité de Pâques de la même manière qu'elle 8e faisait à Home, et cela sous peine d'excommunication (Fusêb.j llist. eccL lib. 5. c. v2i). — Saint Cyprien écrivait au pape Etienne, dans la persuasion
intime qu'il était revêtu d'une autorité supérieure à celle des autres évèques, en le priant instamment de faire déposer par les évèques des Gaules, l'évèque d'Arles, nommé Marcien, parce qu'il avait soulevé une hérésie, et de lui substituer un autre évèque. — A cette même époque, en 260, les habitants d'Alexandrie adressèrent des plaintes à saint Cyprien contre leur évèque Denys, à cause de quelques expressions sur la personne du Fils de Dieu, qui pouvaient facilement être interprétées dans un mauvais sens. L'évèque Denys se défendit en présence de l'évèque de Rome, preuve qu'il était convaincu de sa suprématie. — Saint Jérôme écrit touchant la nécessité de la primauté . « L'un est élu entre tous, afin qu'après l'institution du chef, toute occasion de schisme soit enlevée. » Saint Cyprien s'exprime ainsi (de Ann. eccl.) : « Toute l'Eglise est fondée sur Pierre, à cause de V Unité; cet apôtre est la source et le centre de toute l'Eglise. 11 a transmis sa prééminence à l'église de Rome, d'où vient que le Si?ge épiscopal de cette église, la chaire de Pierre, l'église de Rome est la première et la plus excellente entre toutes Jes autres; tous l§s autres évèques doivent être en communion avec son évèque. » — Optât de Milève (Cont. Parmen. Donat. lib. % : « Vous ne sauriez nier que vous ne sachiez que, dans la ville de Rome, la chaire épiscopale a été donnée premièrement à Pierre le chef de tous les Apôtres, afin que tous se réunissent à lui comme étant le centre de l'unité, et que chaque apôtre ne prétendit pas avoir la sienne, mais que celuilà fût regardé comme prévaricateur et comme sehismati<[in\ qui oserait ('lever une chaire contre cette chaire unique... » — Saint Jérôme écrit [ad Huslkum) : a Tous